Chapitre 4

84 13 37
                                        

*Kimiko*

« Cause the players gonna play..., And the haters gonna hate..., Baby, I'm just gonna shake ..., I shake it off, I shake it off »

Dans un grognement, je saisis mon téléphone et décroche.

— Bordel, t'es où ? crie Jess.

C'est une bonne question. Je me tourne sur le dos puis observe mon environnement. Mur blanc, rideau bleu roi de la même couleur que le tapis. Une table basse où jonchent des cadavres de bières ainsi que deux cartons de pizzas. Et... un mec affreusement sexy à l'autre bout du canapé qui n'est franchement pas ravi d'être réveillé par Taylor Swift.

Mes joues s'échauffent instantanément à l'idée de mettre endormie à côté d'un homme que je ne connais pas.

— Chez un ami.

Matt, souris sans toutefois ouvrir les paupières. Il est encore plus canon qu'hier. Est-ce possible ?

— Un ami ? aboie-t-elle. Tu n'as pas d'ami, Kim !

— Va te faire foutre, Jess. J'en ai trois, c'est largement suffisant. Baisse d'un ton si tu ne veux pas que le quota descende à deux !

— Ton frère ne compte pas ! peste-t-elle. Et si tu n'arrives pas à l'heure ce matin, tu peux postuler à pôle emploi.

Je ricane. Jessica est à la frontière entre ma sœur et une version trop jeune de ma mère. Elle m'aime trop pour mettre en application ses menaces.

— Je ne rigole pas, Kimiko. Le rendez-vous avec notre client est très important. Ne me fais pas faux bond sur ce coup-là !

Je décolle mon portable de mon oreille puis jette un coup d'œil à l'écran. Huit heures. Je suis définitivement en retard, je dois y être pour neuf heures. Jessica va me tuer.

— Je te laisse, m'étranglé-je en lui raccrochant au nez.

Je saute du canapé, et cours dans la salle de bain. Une fois devant le miroir j'analyse la situation : je suis à la bourre, je n'ai pas d'habits propres, mon haleine doit puer la pizza marinée dans de la bière et j'ai dormi avec un homme ! C'est alors que je réalise que Lucas doit être mort d'inquiétude. Je retourne vers le salon, récupère mon téléphone et appel Lucas pour le rassurer.

— Je suis toujours vivante !

— Kimiko Young, tu es privée de sortie jusqu'à nouvel ordre ! J'étais à deux doigts de déclarer ta disparition au flic, peste-t-il.

— Qu'est-ce qui t'en a empêché ? pouffé-je.

— Pas envie que le frangin nous saoule toute la journée parce que tu batifoles avec Sexy-tatoo.

— Je me rattraperais en faisant le ménage cette semaine.

— Et celle d'après et c'est non négociable.

— Vous êtes dur en affaire, monsieur Lucas Sanchez, ricané-je. Bon, je te laisse, je suis à la bourre.

Nous raccrochons et j'ose enfin affronter le regard inquisiteur de Matt qui s'est rapproché de moi.

— Café ? me propose-t-il en se dirigeant dans la cuisine.

— Volontiers. Tu pourrais me prêter des fringues et une brosse à dents ?

— Fouille dans les placards de la salle de bain, tu trouveras ton bonheur, m'informe Matt. Je t'apporte un haut.

Sa salle de bain est plus approvisionnée qu'un magasin, je déniche tout ce qui m'est nécessaire : une brosse à dents neuve, de la crème de jour et du déodorant. Cependant, je vais devoir demander à Jessica de me prendre des vêtements, car ceux de Matt vont m'aller trop grands.

Falcon-Ink TherapyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant