Chapitre 13

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*Kimiko*

Durant le trajet jusque chez sa sœur, je reste concentrée sur la route. Je ressens encore ses mains sur moi et, pour la toute première fois depuis des années, ma peau ne m'a pas brûlé. J'essaie de chasser de mon esprit qu'il m'attire plus que je ne le voudrais. Cependant, Matt est trop silencieux, je le soupçonne de me cacher quelque chose. En arrivant sur le parking, je l'observe une seconde ronger la pulpe de son pouce.

— Kim, faut que je te parle de Sunny, lâche-t-il en fixant la porte de la maison.

Un rictus étire le coin de mes lèvres, je sais exactement ce qu'il va me dire. Les couples sont tantôt trop enthousiastes ou trop stricts sur leur demande.

— Sunny peut être étrange, excessive, elle n'a pas vraiment de filtre. Alors, ne te formalise pas sur les conneries qu'elle pourrait débiter.

— Matt, ce n'est pas la première future mariée hystérique à qui j'ai affaire.

Je coupe le moteur et me tourne vers lui. Il est livide. Je ne peux m'empêcher de rire.

— Détends-toi, Matt. Tout va bien se passer.

— Elle pense que tu es la déesse du plan lunaire, de je ne sais quoi, venu pour me délivrer. Bordel, Kim, elle croit qu'on sort ensemble.

Je manque de m'étouffer quand, par réflexe, je nous imagine le faire. J'ai beau être ce que je suis, je ne reste pas insensible à son charme. Depuis combien de temps n'ai-je pas eu de relation ? Bien trop d'années. Ma vie est un enfer.

— Tu as parlé de moi à ta sœur ? demandé-je surprise.

— Bien sûr non, elle a juste un sixième sens.

— Matt.

— Oui, Kimiko.

— Sois tranquille : On n'est pas ensemble, on ne couchera pas ensemble et tu n'es pas mon tatoueur. Je suis uniquement la nana que tu paies une fortune pour organiser le mariage de rêve de ta petite sœur d'amour. Détends-toi.

Il souffle par le nez avant de braquer ses yeux sur moi.

— Pourquoi tu m'as embrassé en boîte ?

Mes joues s'échauffent. J'étais jalouse, j'avais bu, je me sentais terriblement seule et mal dans ma peau. Aucun de ces arguments n'est recevable. Pour une raison simple, est-ce vraiment la vérité ?

Dis plutôt que tu as juste envie de marquer ton territoire, susurre la petite voix.

La ferme !

Où tu pourrais lui dire la vérité et...

— Il fallait que je te sauve des griffes d'une mineure en chaleur. C'est ce que font les amis, non ?

— Je suppose.

— Alors, que ta sœur se détende, on ne couche pas avec ses potes.

Je sors du véhicule, le laissant mijoter sur son siège. Quand je passe devant lui, je l'entends ricaner.

— Bravo, tu m'as eu. Je retire ce que j'ai dit Kim. On n'est pas amis.

— Matt..., soufflé-je, avant d'être coupé dans mon monologue que j'avais préparé pour le repousser.

— Je sais que j'ai merdé hier.

Il glisse ses mains autour de mon cou. Un frisson parcourt mon échine et la chaleur de sa peau m'apaise.

Je décide néanmoins de faire abstraction des réactions de mon corps.

— Effectivement.

— Ce matin aussi, avoue-t-il avec un sourire à tomber par terre.

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