Chapitre 28

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*Matys*

Quand je reviens m'asseoir à la table du bar de Strip-tease, j'ai l'estomac en vrac. Depuis ce matin, je veux juste me retrouver seul avec Kim. Je n'ai rien à faire dans ce genre d'endroit. Aucune de ces filles ne m'attire comme elle. Mon rythme cardiaque bat beaucoup trop fort. Au moment où je pose ma main sur le fauteuil, Quentin, me demande :

— Tu es au courant que cette nana est un nid à emmerdes ?

Oui, je le sais, mais je n'ai pas la patience de répliquer. Je n'ai pas bu une goutte d'alcool, pour pouvoir partir quand je le désire et surtout au plus tôt. Je n'aime aucun de ces mecs, je reste uniquement parce que Sunny m'a supplié de participer.

— De toute façon, il ne se passera rien entre vous, s'esclaffe Éric. Kim ne se laissera jamais approcher. Je la connais par cœur. Sans compter qu'elle est toujours amoureuse de moi.

Serait-ce possible ? J'ai beau me dire que non, le nœud dans mon estomac est bien présent. Après tout, ils sont restés des années ensemble. Même si c'est un connard fini, il y a peut-être une infime partie d'elle qui doit l'être encore.

— Nous nous échangeons de longs mails depuis des mois. Elle ne t'en a pas parlé ?

— Pardon ? grogné-je en me tournant vers Éric.

Il porte un énième verre à ses lèvres. Il avale une gorgée puis se penche pour les coller contre mon oreille.

— Kim m'appartient, souffle-t-il. Elle me l'a avoué lors de nos échanges.

Sans pouvoir me retenir, mon poing s'écrase contre sa mâchoire et dévie sur son nez.

— Ne t'avise plus à parler d'elle comme ça ! Je te signale que tu vas épouser ma sœur !

Je sens deux bras puissants m'encercler. Un autre videur en fait de même avec Éric. Nous sommes éjectés manu militari du club. La colère monte et j'ai du mal à contrôler le tremblement de mes mains aussi rapides que les battements de mon cœur.

Éric titube et se vautre à mes pieds. Je secoue la tête, exaspéré, puis reviens sur mes pas pour récupérer mon pull et les clefs de mon véhicule. Cependant, je suis stoppé par les videurs qui refusent que je rentre. Glissant mes doigts dans ma tignasse indisciplinée, je tente de me calmer.

Voyant Éric, assis dans la poussière, les mains et la chemise ensanglantées, je me tâte à lui en foutre une seconde. Au lieu de ça, je fouille dans mon répertoire pour qu'on vienne me chercher. Je ne peux pas contacter ma sœur ni Laura qui est partie chez sa famille durant le week-end. Je me résigne à appeler Kim.

— Matt ? chantonne-t-elle.

Paupière close, je me sens mal. Je ne sais pas si je dois lui faire confiance, si elle me ment ou me manipule depuis tout ce temps. Cependant, son timbre enjoué m'apaise malgré moi.

— Je crois que j'ai fait une connerie, soufflé-je en ouvrant les yeux sur Éric qui me foudroie du regard.

— Oh... euh...Tu n'as pas à te justifier, Matt, lâche-t-elle d'une voix triste.

— Quoi ?! m'étranglé-je. Non, Kim. Bordel, ôte-toi cette idée de la tête. J'ai juste frappé Éric, il est possible que je lui aie pété le nez.

— Tu as fait quoi ? s'écrit-elle.

J'entends du bruit à travers le téléphone comme un clignotant. La dernière fois que nous nous sommes parlé, elle n'était clairement pas en état de conduire.

— Ne me dis pas que tu as pris le volant ?

— Bien sûr que non, j'avais... tu me manquais, alors j'ai demandé à Nathalie de m'emmener jusqu'au club, pour te voir, pouffe-t-elle.

Falcon-Ink TherapyOù les histoires vivent. Découvrez maintenant