En classe de première, un incident vint troubler le quotidien d'Irina et de Leila. Cela avait commencé par des regards moqueurs. Des chuchotements qui s'interrompaient lorsque Leila s'approchait d'Irina. Progressivement, des rires et des remarques ouvertement faites à son encontre, en l'absence de témoins ou adultes détenant l'autorité. Ils provenaient d'un petit groupe de 4 lycéennes : Tara, Alice, Jéhanne et Mélie.
Vinrent les bousculades, les tacles soi-disant accidentels. La peinture rouge recouvrant l'intérieur de son casier, maculant ses affaires.
Irina était une cible facile pour elles. Sa seule amie était Leila, qui elle avait plusieurs groupes d'amis, et n'était donc pas en permanence collée à elle. Un jour, Leila les surprit à se moquer d'Irina et à se féliciter de la dernière crasse qu'elles lui avaient faites. Le groupe suivait l'impulsion de Mélie, la meneuse.
Les autres lycéens savaient. La majorité était mature et bienveillante, mais ne trouvait pas le courage pour s'interposer. Qu'avaient-ils à y gagner ? A part s'attirer les foudres de Mélie et attirer l'attention sur eux, rien. Alors ils laissaient couler.
Tandis qu'elle cherchait Mélie pour discuter avec elle, Leila se rappela la colonie qu'elle avait faite l'été entre sa CM2 et son entrée en 6e. A l'époque, la situation était inversée. Il y avait une minorité de personnes sympas, parmi une majorité d'immatures.
Elle était bien décidée à les confronter, elle et ses toutous.
Elle la trouva assise à une table du foyer, entourée de son groupe. Elle ne prit pas la peine de leur demander de sortir les voir à part pour éviter un esclandre. Au contraire, elle voulait qu'un public soit témoin de ce qui allait se dérouler. La colère avait eu le temps de monter. Elle explosa comme une cocotte-minute :
– Mélie, toi et tes potes vous allez arrêter votre cirque tout de suite.
Mélie feignit l' innocence.
– De quoi tu parles ? Je vois pas ce que tu veux-
Leila la coupa, son ton se haussa :
– J'ai pas le temps pour tes bêtises. Écoute, c'est dégueulasse ce que tu fais à Irina.
Mélie, agacée, lui répondit d'un ton véhément :
– Pourquoi tu défends une mocheté pareille ? C'est ton amie qui est hideuse, avec sa sale tête.Jamais vu des cheveux aussi affreux, on dirait une carotte. Elle devrait apprendre à se coiffer, et se teindre pour avoir une couleur normale. Je sais pas moi, en brun ou en blond. Le coiffeur, elle connait pas ?
– Tu t'es vue ? T'as qu'à fermer les yeux si ça te gêne et passer ton chemin. Ma copine, elle est très bien comme elle. T'as seize ans et t'es d'une puérilité... il faut grandir un peu, la primaire c'est fini depuis un moment.
– Non mais, tu te prends pour qui ? Tu vas vite te calmer. Tu sais à qui tu parles ? Hein ? Hein ?
Leila la toisa sans répondre, les bras croisés. Mélie prit quelques instants pour se calmer, avant d'ajouter :
- En plus, ta copine, elle est grosse. Faut arrêter de s'empiffrer comme une truie et de se plaindre d'être traitée de grosse après.
Ce fut la goutte d'eau qui mit le feu aux poudres. Leila perdit son sang-froid et se rua sur Mélie. Elle écopa d'une sévère sanction : des TIG et une semaine d'exclusion, tandis que Mélie fut congédiée pour 2 jours et reçut une heure de colle à son retour.
Leila se sentait mal. Les mots de Mélie avaient trouvé une résonance particulière en elle. Le soir, en rentrant, elle mangea un bout de cheesecake qui datait de la veille. Et se mit à nettoyer le bazar de sa chambre pour se défouler.
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La lumière dans l'ombre
Mistério / SuspenseFLASH INFO : Incendie criminel à Sâvres. Le cadavre d'un père de famille et de son enfant ont été retrouvés dans les décombres de leur demeure. Un autre membre de la famille et l'employée de maison sont suspectés. Contactez le numéro suivant si info...