Je ne comprends plus rien. Dans ma tête tourne des mots en boucles, des mots sans sens, des mots sans sons. Des formes qui n'existent pas. Des couleurs qui n'en sont pas. Un sifflement constant dans mes oreilles.
Je perds la tête.
J'ai envie de courir, d'hurler, de taper contre les murs, m'arracher les paupières à coups de griffes. Je pense, je pense sans cesse, je pleure, je cris en silence.
Je ne vais pas bien.
Je vais bien.
Plus rien n'a de sens.
Tout a un sens.Comme dédoublée en deux pensées inverses et distinctes. Tout s'embrouille, s'emmêle, se démène. Je bouge dans le lit, sous les draps, instable, les pieds qui remuent, les muscles qui tirent.
Ça fait mal.
Ça fait du bien.
J'ai envie de pleurer.
J'ai envie de rire.
Je veux vomir.
J'ai faim.
Je m'agrippe les cheveux, mes yeux pleurent d'épuisement tous seuls. Il me faudrait un cliquetis, un claquement, un bruit régulier et qui me bercerait. Je veux un lien régulier au réel.
Ne plus être dans cette bulle de noir. Je ne vois rien, je n'entends rien sauf ce sifflement. Plus rien n'existe autour de moi, sauf moi, seulement moi. Je n'aime pas ça.
Sortez-moi d'ici, où est passé la vie ? Où sont les bruits, où sont les couleurs ?
J'ai peur. Si seulement les monstres sous le lit existaient j'aurais au moins quelqu'un à qui parler. Un monstre à moi, un monstre que j'aimerai. Je lui montrerai à quel point son existence est précieuse, il serait mon monde dans ce noir absolu.
Alors je m'accroche à mon portable, à ses mots, à ses lumières, dans ma bulle de néant, et j'écris.
Je respire doucement, je sens mon chat contre moi, la chaleur de mon homme à mes côtés. Les mots reprennent leur sens. Les couleurs revêtent leurs plus beaux atours. J'ai envie de chanter, de danser. Quand reviendront les oiseaux? J'ai besoin d'eux. Chantez pour moi, je vous en prie.
La nuit est interminable.Où est donc passé la vie ?
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Divagations d'une louve
PoetryDes maux traversent mon âme. Ils m'ont fait ouvrir une page facebook pour partager ma peine et mes pensées, sachant pertinemment que personne ne les lirait, mais désormais, j'ai besoin d'un public, même infime, alors je viens les inscrire ici, espér...