Afraid - The NBH
The Line - Twenty pilots (Arcane season 2)
Il serait si simple de connaître la fin dès le départ, de connaître toute l'histoire et ses secrets. Du moins, quand on sait qu'il y en a. Certains sont si focalisés sur un point récit qu'ils se laissent emporter sans réfléchir. Ils passent à côté d'indices et oublient certains faits, sans oublier les personnages incompris ou jugés à tort. Ce qu'il est facile de distraire autrui si on parvient à trouver la bonne distraction. À le manipuler, à lui faire croire qu'un personnage est coupable alors qu'il s'agit de celui que l'on ne soupçonnait pas.
C'est la raison pour laquelle seul le lecteur qui saura obtenir une vue d'ensemble et qui a gardé sa réflexion tout au long du récit sera en capacité de voir la fin de l'histoire avant même de savoir où se trouve le point final. Et ce simple don de clairvoyance, à première vue insignifiant, lui évitera l'erreur et la perte.
C'est simple. Il suffit de lire entre les lignes.
Sous les pas ignorants des passants, de ceux qui foulaient les pavés de la rue comme ils le faisaient hier et le feraient sans doute le lendemain, avait lieu le théâtre cauchemardesque d'un futur comédien maudit, forcé de performer la justice d'une face et le mensonge de l'autre. D'incarner le rôle du héros et du monstre. Mais ces gens-là n'en sauraient rien avant le baisser de rideau. Pas avant le dénouement de la performance. Les coulisses se trouvaient quelques sous-sols plus bas, au quatrième. Entre des murs blancs pourtant témoins de sombres représentations.
Dans l'une des salles du Laboratoire, s'échappaient les cris de douleur insurmontables. Mais il n'y avait pas de quoi s'affoler. Sans doute devaient-ils provenir du futur comédien qui devait s'entraîner à performer.
— L'adrénaline sert de catalyseur au sérum. Pour cela, on doit te faire souffrir.
Kyle peinait à entendre la voix du Docteur Krugman. Les électrocutions que les scientifiques lui infligeaient perturbaient tous ses sens.
— Avec un peu de chance, ta nouvelle force spectaculaire se manifestera très vite.
Chacune se faisant plus douloureuse que la précédente, tel un supplice sans fin.
— Sinon, on devra continuer à te faire mal, de maintes façons, chacune plus douloureuse. Et ce, jusqu'à ce que l'on obtienne des résultats.
— Ça ne me fait pas peur, dit Kyle.
— C'est ce qu'on verra.
Il en était venu à détester ce satané siège noir. Peut-être même plus qu'il ne détestait ces murs blancs. Probablement même plus qu'il ne détestait le Docteur Krugman. Il lui collait à la peau, était inconfortable et son cuir s'agrippait sous ses ongles lorsqu'il le griffait. Quant aux liens qui l'immobilisaient, ils lui brûlaient la peau. Mais tout cela n'était rien comparé à ce que ces électrochocs lui faisaient subir. C'était comme mourir toutes les cinq secondes. Au bout d'un certain temps, il souhaitait que ce soit bien le cas. Mais on ne lui accordait jamais cette faveur.
À la place, deux infirmiers le prenaient sous les bras et le faisaient traîner jusqu'à sa chambre. Puis, après l'avoir jeté à l'intérieur, ils refermaient la porte et le laissaient ici jusqu'à demain matin, à 8 heures, avant de venir le rechercher pour des analyses. Puis, à 9 heures trente, on le ramènerait sur le siège noir. Les expériences ainsi que les analyses étaient ses seules interactions avec les humains tout au long de la journée. Sinon, Kyle devait rester dans sa pièce attitrée, dans le noir. Son matelas, rongé par l'humidité de la pièce et du sol froid, était son seul réconfort. Dormir n'était pas chose aisée, mais il essayait tout de même, sans grands résultats. Il n'y avait pas non plus de fenêtre dans ce Laboratoire. Kyle ignorait alors depuis combien de temps il était ici. Au départ, il parvenait à tenir le compte, mais avait fini par le perdre. Il faisait drôlement froid dans cette pièce. Pour autant, aucune couverture ne lui avait été mise à disposition. Un radiateur se trouvait au coin d'un mur, mais lui aussi était froid.
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PILLAR | T1
Science FictionDans un monde sombre, un pays dont le peuple était divisé en deux y subsistait. L'un s'appelait Dives. Aussi cupides qu'hypocrites, ils sont les favoris du président Varnahm. Le second s'appelait Fames. Misère et mort les guettaient jusqu'à ce que l...
