Chapitre 30 Fiançailles

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L'héritier du clan du Tigre Blanc se tenait allonger sur son lit, les bras attachés par une cravate au-dessus de sa tête, les chevilles nouées par une ceinture l'empêchaient totalement de bouger. Bien que les liens mordissent doucement sa chair, le blond ne bougea pas. Il observa le dos de l'homme qui se trouvait devant le miroir de la salle de bain. La chemise abandonnée à l'entrée de celle-ci, le riche s'efforçait de nettoyer le sang qui avait coulé de son nez et tâché ses habits. Il s'attarda ensuite sur sa lèvre fendue et douloureuse. De manière délicate, Lucas frotta la blessure en essayant de ne pas la rouvrir, mais de mieux la voir pour savoir s'il faudrait des points de suture. Peu habitué à la violence et à être blessé, malgré le nombre impressionnant de cicatrice sur son corps, l'homme d'affaire se tournait habituellement vers un médecin pour se soigner.

Les yeux rubis se permirent d'observer la salle de bain une fois une bande de suture posée sur la fente de sa lèvre. Le style japonais ou chinois, le riche ne connaissait pas la différence, prédominait en imposant son charme. Seul quelques bouteilles d'alcool abandonnée près de la baignoire et de la cuvette dénotaient. La question vient donc naturellement à l'esprit de l'amnésique qui craint de s'être entiché d'un ivrogne. Il prit l'un des cadavres en verre et le présenta à son prisonnier bien trop sage depuis quelques minutes.

Ashaï s'efforçait, en bon otage, de défaire ses liens. Le fait que son amant ne le regardait pas rendit la tâche plus amusante. Expert dans l'art de l'évasion, il n'eut aucun mal à défaire le nœud qui le bloquait les mains. Il parvient même à libérer ses pieds et à se glisser sous son lit avant que le riche ne revienne dans la chambre.

Les draps chiffonnés firent froncer les sourcils de l'homme d'affaire. Ce que son compagnon prenait pour un jeu ne l'était en rien à ses yeux. Son absence pendant cette interminable semaine qui suivit son amnésie le rendait impatient et colérique. Lucas lâcha la bouteille qui tomba lourdement sans se briser au sol. Le caché ne vit que l'atterrissage de celle-ci et sursauta. Il observa ensuite les chaussures en cuirs blancs piqués d'irrégularités se diriger vers la fenêtre.

Puis, la tête du président de l'entreprise de textile Caelius apparu devant le visage du voyou. Ce dernier étira un sourire avant de se rouler de l'autre côté du lit dans l'espoir de rester hors de porté de main. Ce fut sans compter sur le fait que le riche n'hésiterait pas à grimper sur le matelas pour attraper le fuyard.

- Tu es une anguille tout le temps comme ça ? Gronda Lucanus.

- Tout le temps, non... enfin si un peu.

- Je ne pense pas que le jeu du chat et de la souris me plaise. Informa le milliardaire.

L'héritier se figea alors que la main qui tenait son épaule le tira contre les draps. Le blond se retrouva rapidement sur le dos avec l'ébène assis sur sa taille. De toute évidence, il n'était pas joueur pour le coup. Ce qui semblait parfaitement logique, même si Ashaï ne l'avouerait pas.

- Je préfère être au-dessus.

- Ashaï. Avertit le riche avec un regard dur.

- J'ai du mal à ne pas plaisanter quand tu es aussi sérieux.

- Ha !

La réponse arracha un sourire au rebelle. L'homme d'affaire se détendit un peu en soupirant. Il attrapa les mains du fuyard pour arracher la cravate et les nouer à nouveau. Ce côté bondage possédait un charme, mais les yeux rubis semblaient toujours trop peu joueurs.

- Je ne quitterai pas la chambre, mais tu n'as pas besoin de m'attacher.

- J'aimerai dire que tu as raison...

- Mais tu ne te souviens pas de moi et de mon caractère rebelle pour être rassuré.

Le hochement de tête approbateur blessa le blond. Il connaissait assez le riche pour se mettre facilement à sa place, mais accepter que lui ne se souvenait pas de son compagnon, cela faisait mal. Le mafieux ne s'efforça plus de se libérer les mains, cela risquait de mettre de bien mauvaise humeur le président qui n'hésiterait pas à lui faire payer. Délicieusement payer. Un regard espiègle glissa dans les yeux azur qui en un mouvement, libéra ses mains.

LucAshaïDes histoires addictives. Découvrez maintenant