Drawn To The Blood - Sufjan Stevens
Je sais qu'il est temps de te dire au-revoir
Bien que ton souvenir me hante et me brise comme au premier jour
Est-ce là tout ce que tu as su me faire ?
Dès le jour où nous nous sommes connus,
Mes sourires omniprésents avaient des sanglots l'allure déchirante
La douceur de tes traits et la fragilité de ton être,
N'étaient après tout que des balles
Dont mon cœur a fini criblé.
J'aurais voulu t'embrasser, jusqu'à ce que tu te sentes libre
De parler
De pleurer
De hurler
Le mal qui te ronge.
J'aurais voulu te serrer dans mes bras jusqu'à en étouffer la douleur
Te regarder droit dans les yeux, jusqu'à ce que tu comprennes
Que tu peux être aimé à en décrocher les nuages,
À en crever de froid des nuits entières,
Dans le simple espoir de t'apercevoir.
Mais quel intérêt de tenter de t'extraire de ta douleur,
Lorsque la mienne en devenait insupportable.
Quel intérêt de chercher à t'offrir un peu de désir de vivre,
Lorsque quelques semaines plus tard,
Je tentais de m'endormir à tout jamais.
Je ne t'en veux pas pourtant
Je ne t'en veux pas, tu sais
Tu aurais pu faire tellement mieux, mais tu n'en étais pas capable
J'aurais dû l'accepter dès le départ.
Ne pas espérer de toi ce que tu voyais comme de la faiblesse
Ne pas croire trouver en toi un jour,
L'amour en lequel tu as cessé de croire.
Mais il n'est pas dans ma nature d'abandonner
Mais il n'était pas dans ma nature de laisser partir les gens comme toi.
J'ai cette foutue habitude croire,
Qu'il m'est possible d'amener à vivre
Ceux pour qui je finirai par mourir.
J'aurais fait tous les sacrifices pour toi
J'ai d'ailleurs fait le plus immense d'entre tous,
J'ai sacrifié celle que j'étais
Je me suis offerte à toi, tout en sachant que tu ne souhaitais rien de moi
J'ai cédé au désespoir,
À l'amour aussi peut-être
J'ai cédé aux rêves dans lesquels tu hantais mes nuits
J'ai bu à en oublier que tu me rejetais
J'ai bu à en danser au creux de tes bras,
À épouser tes lèvres
Tout en t'implorant
De ne jamais me laisser.
Au-revoir, mon amour
Je suis libre de le prononcer à présent
Libre de pleurer les rares images qui me restent de toi,
Avant que tout ne s'évapore
Au-revoir,
Je ne cessais de te répéter que je serai toujours là
Je voudrais maintenant que tu oublies
Chaque syllabe
Chaque son
Chaque écho de cette promesse.
À T.
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Silhouettes
PoesiaInformes et vaporeuses, elles rassemblent en elles les personnes que nous étions, celles que nous nous apprêtons à devenir. Elles ont de l'enfance la lueur presque irréelle, de la mélancolie le bleu profond. De l'espoir, la beauté et l'inatteignable...
