Je réalise
Que je ne suis pas seule à poser les yeux sur ce paysage, bière à la main
Cigarette non loin des lèvres
Sans souhaiter oublier,
Mais plutôt se souvenir.
Il y a quelques chose de beau aux âmes ivres,
De vie, d'alcool, et parfois des deux
Il y a quelque chose que les autres ne peuvent pas comprendre,
Et qu'on aime garder secret
Dans notre cœur désarticulé
Un quelque chose que les heures ne connaissent pas, si bien qu'elles disparaissent
Le temps que la ville s'assombrisse au loin
Le temps que les pensées scintillent,
De poésie et d'absurdités
Que seule les âme perforées
Savent exprimer.
Un homme assis à quelques mètres de moi,
A méticuleusement aligné ses bouteilles
Les yeux égarés dans son univers,
Il contemple à présent ce dont lui seul connait la signification.
Alors j'ai la sensation,
Que les arbres agitent leurs branches
Et que le ciel s'incline
Rien que pour nous
Rien que pour l'existence qui s'enivre lentement,
Rien que pour les bouteilles et les canettes à moitié remplies
Rien que pour le liquide chaud qui imbibe peu à peu mes veines
La poésie ne sait pas se taire,
Lorsqu'il reste encore quelque chose
À écrire.
Chaque silhouette sur mon chemin me semble être
Une lointaine connaissance
Si bien que je pourrais discuter des heures durant, de la ligne ténue
Qui nous sépare et nous rassemble.
Certaines personnes savent écouter,
La poésie bavarde
Qui mange le cœur de ceux qui me ressemblent
Et je crois que le monde change de couleur,
Lorsque nous la partageons
Et je crois qu'à travers mes yeux saouls,
Quelque chose s'éclaire
Dès l'instant où vous apprenez
Qui je suis.
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Silhouettes
PoetryInformes et vaporeuses, elles rassemblent en elles les personnes que nous étions, celles que nous nous apprêtons à devenir. Elles ont de l'enfance la lueur presque irréelle, de la mélancolie le bleu profond. De l'espoir, la beauté et l'inatteignable...
