- Quoi maman ?!
- Babbu est décédé Louis... Viens me rejoindre à l'hôtel.
Sans même raconter ce qu'il se passe, Luc comprend que la situation est grave et prépare déjà les clés de voiture dans sa main.
- Luc, tu peux me conduire à l'hôtel de mes parents s'il te plaît ?
- On y go !
Sur la courte route, personne ne daigne me poser une quelconque question. Sûrement mon visage exprime-t-il la gravité de la situation.
Au loin, j'aperçois des gyrophares de toute part. L'atmosphère se refroidit encore plus dans la voiture, les autres comprenant peu à peu la funeste nouvelle, surtout en voyant le véhicule des pompes funèbres.
Je suis accueilli par ma mère, un peu larmoyante, qui me serre très fort contre elle. Je lui réponds d'un baiser sur le front. Puis elle s'adresse à moi, le regard fort :
- Louis, je suis désolée de t'annoncer ça, ce n'est peut-être pas le bon moment, mais c'était la volonté de ton père de te le dire si vite. Son souhait était qu'à sa mort, tu apprennes le plus tôt possible qu'il t'a tout légué. Le meilleur, comme le pire.
Je souffle fort, serre la mâchoire, puis gesticule la tête, en comprenant doucement ce que tout cela signifie. Ça veut surtout dire que j'hérite de l'affaire familiale...
- Où est-il ?
- Sur son lit, mais je te conseille d'attendre qu'il soit préparé pour aller le voir, plutôt demain.
Sans répondre, je me dirige vers la chambre. Sans trop de soucis, je parviens à reconstituer le chemin en suivant tous les pompiers, ambulanciers du SAMU et personnels des pompes funèbres que je croise. J'arrive enfin à la chambre où tout le monde se bouscule. Un homme vient à ma rencontre. Il est un peu perdu, très nonchalant. Il me serre la main.
- Monsieur Martinez ?
- Lui-même.
- Enchanté, Monsieur Bartould, je suis médecin légiste.
- Médecin légiste ?
- Oui, la mort de votre père étant considérée comme suspecte, j'ai été saisi. Vous voulez peut-être jeter un oeil ?
- S'il vous plaît.
J'ai déjà vu de nombreux macchabées, et même très récemment, avec l'assaillant de l'Armée de la Rose Bleue, mais jamais rien de semblable. Je suis pris d'un immense dégoût, déjà parce que c'est mon paternel, mais surtout parce qu'il est tout bleu, comme si on l'avait étranglé. Je m'adresse alors au médecin légiste :
- Quelqu'un l'a étouffé ?
- C'est également ce que je pensais, mais il n'y a aucune trace d'étouffement, encore moins de strangulation. Dès lors, comprenez-vous que je vais devoir procéder à une autopsie ?
- Naturellement, vous ne faites que votre boulot Monsieur Bartould.
Je pars alors rejoindre mes amis qui m'attendent en bas. Je les vois aux petits soins avec ma mère. Je pense qu'ils sont déjà au courant donc. J'aperçois du coin de l'oeil Petru. Il est là, sans vraiment l'être, le regard vide. Petru est bien plus qu'un simple chef de la sécurité pour nous, il est de la famille. D'ailleurs, je l'ai toujours connu depuis que je suis né. Il ne m'adresse pas un mot, simplement un regard, qui veut tout dire. J'y perçois une profonde tristesse.
- Maman, les amis, Petru, venez.
Ils se regroupent tous devant moi.
- Laissons les experts faire leur travail, retournons à l'appartement et restons tous ensemble pour cette nuit.
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Mienne
General FictionLouis est en apparence un avocat novice, à la vie monotone et inintéressante. D'abord au service des avocats plus expérimentés, un dossier très important va lui être confié. Sa première cliente, Louisa, va bouleverser sa façon de vivre en lui faisa...
