Dimanche 20 mai, 7 heures du matin, le réveil sonne.
Je me réveille, presque naturellement et bien loin d'être épuisé. J'avais en effet calculé mon coup pour que mon temps de sommeil soit pile de quatre cycles d'1 heure et 30 minutes, j'ai lu que ça avait des effets positifs contre la fatigue.
L'objectif d'aujourd'hui est de tout faire pour ne pas penser au procès de demain : vivre comme un épicurien. Au programme une course d'au moins 2 heures, un peu de vélo, gainage, étirements, un bon bain relaxant, la préparation du repas et cet après-midi je regarderai sûrement un bon film.
J'enfile ma tenue de course, mon sac rempli d'eau, lace mes chaussures et gorge mes poches de barres de céréales. Enfin, j'allume ma montre connectée et lance une course. Aujourd'hui, pas de pression spécifique, mais j'espère bien faire au moins une quinzaine de kilomètres.
En démarrant, je ressens que mes foulées sont lourdes et courtes. Soit j'ai pris du poids, soit mon laxisme au niveau de l'entraînement m'a fait perdre du rythme. Quoiqu'il en soit je ne vais pas forcer, je vais courir sans me soucier du chronomètre et aller le plus loin possible. Plongé dans ma musique et focalisé sur ma respiration, j'aperçois seulement du coin de l'oeil les paysages qui se succèdent mais ne ressens pas la distance s'accumuler. Malgré tout, en marge de cette incroyable concentration se trament des pensées persistantes. Je ne peux m'empêcher de penser à Louisa. Mais surtout, comment ne pas le faire ? Ça serait surhumain et honnêtement ça me dépasse totalement.
Plus le jour se lève, plus les rayons du soleil chauffent le bitume et rendent les rues insupportables, je n'ai pas la force de repartir pour une boucle supplémentaire et je m'arrête alors à quelques pâtés de maisons de mon appartement.
Je prête un oeil attentif à ma montre qui me détaille ma performance : 25 kilomètres parcourus en 2 heures et 26 minutes. Grosse distance avec un assez bon rythme, je ne suis pas déçu.
En bas de ma bâtisse, je ne monte pas directement, je préfère m'étirer avant de gravir les escaliers sans fin et de directement m'affaler sur mon lit ou dans le canapé. Une fois les crampes évitées, je me décide enfin à grimper jusqu'au huitième.
Sur le palier je croise Luc. Comme d'habitude nous nous saluons par une poignée de main qui nous est propre et nous faisons la bise.
- Alors mec, tu t'es remis à la course ?
- C'est vite dit, mais oui j'en reviens.
- Aaaah, c'est pour ta nana ça ?
- Mais non, rien à voir.
Il se met à rire à gorge déployée, je pense même qu'il se paye ma tête. Mais honnêtement depuis sa plus jeune enfance, son rire est tellement communicatif que je ne peux m'empêcher de me marrer à mon tour.
- Et toi dis moi, tu m'as l'air de bien bonne humeur aujourd'hui !
- Ah ouais, mais ça c'est parce que j'ai rencontré une meuf avant-hier. D'ailleurs je sors avec elle et une de ses potes cet après-midi, ça te dit de venir ?
Je fais mine de réfléchir, comme si j'avais quelque chose de mieux à faire, mais bien sûr que non.
- Mh... Quelle heure ?
- 14 heures ici ?
- Ça marche.
Nous retournons tous deux à nos appartements respectifs. Il n'est que 10 heures 30, alors ça va, j'ai le temps de faire tout ce que j'avais prévu, et même de faire durer le bain.
À l'issue de tout mon programme, je me prépare à manger et me mets à table. Comme d'ordinaire, je prends mon téléphone, il est vrai que je déteste manger dans le silence. Je m'aperçois que Louisa m'a répondu durant la matinée.
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Mienne
Ficción GeneralLouis est en apparence un avocat novice, à la vie monotone et inintéressante. D'abord au service des avocats plus expérimentés, un dossier très important va lui être confié. Sa première cliente, Louisa, va bouleverser sa façon de vivre en lui faisa...
