Chapitre 2

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Cet échange est léger, seulement une dizaine de kilos. Les Russes veulent tester notre marchandise. Entre eux et nous, la situation est tendue. Nous n'avons signé aucune alliance mais ne sommes pas non plus ennemis. Seulement, nous préférons resté prudent, surtout avec ce que les Serbes préparent dans notre dos.

Seuls Jimmy et Caleb m'accompagnent en plus du gamin qui ne servira à rien. Mes deux hommes conduisent la fourgonnette qui contient les paquets de poudre blanche. Antonio conduit mon 4X4 et ne cesse de me jeter des regards en coin. Je n'y prête pas attention jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche.

— C'est vrai ce qu'on dit sur toi?

— Surement, je rétorque sans savoir de quoi il parle.

— Qu'est ce qu'il va se passer si je fais une erreur?

Ses mains tremblent autour du volant et sa respiration est irrégulière.

— Tu restes dans cette voiture et tu ne bouges pas. Fais ce qu'on te dit et tu rentreras sur tes deux jambes.

Il trésaille ce qui m'amuse beaucoup. Antonio est le neveu du parrain de la Cosa Nostra et il pense quand même que je pourrais l'éliminer s'il faisait un pas de travers. Je tiens tout de même à ma vie!! On arrive devant l'entrepôt des Russes. Caleb et Jimmy sortent du fourgon et en un coup d'œil nous nous comprenons.

— Restes là, j'ordonne à Antonio. Ne sors sous aucun prétexte et tiens toi prêt à démarrer.

Je sors et rejoints mes hommes. Caleb est encore plus stoïque que d'habitude, son arme à la main, observant les alentours avec attention. Jimmy se tourne vers moi, le nez retroussé.

— J'aime pas ça, murmure t il.

— Tenez vous prêt, je ne le sens pas non plus.

Les lieux sont déserts et silencieux, bien trop silencieux. Ils devraient déjà être là. Je fais signe à mes acolytes de me suivre et avance vers le bâtiment. Les portes s'ouvrent dans un grincement assourdissant. On avance à tâtons, l'entrepôt est plongé dans le noir et je ne distingue rien d'autres que les ombres des palettes, tonneaux et cartons qui s'amoncellent ça et là.

Un crissement dans les graviers qui entourent l'endroit m'interpelle. Je demande en silence à Jimmy et Caleb de se déployer avec des gestes de la main. Chacun d'eux couvrent un côté tandis que je continue d'avancer vers la porte arrière. Elle s'ouvre lentement et je me prépare à accueillir nos invités, mon arme en avant. Des bruits de pas dans mon dos me font faire volte face, je m'apprête à tirer quand je reconnais la silhouette d'Antonio.

— Qu'est ce que tu fous là putain, je râle dans un murmure.

— Je venais te prévenir qu'une douzaine de gars sont arrivés par l'arrière et ...

Je pose ma main sur sa bouche pour le faire taire.

— J'avais remarqué, merci! Ne bouge pas de là abruti, je gronde.

Tout s'enchaîne très vite, les premiers échangent de tirs commencent. Caleb réplique avec précision et dégomme 3 hommes en quelques secondes. Je me lance dans la fusillade, Jimmy me couvre et j'élimine une demi douzaine d'hommes. J'entends des gémissements de douleurs et vois Caleb finir le travail. Jimmy fait le tour et revient en annonçant que tout est clean. Pourtant j'entends encore gémir et découvre ce qui va me valoir une sacrée correction.

— Putain, Antonio est blessé, lâche Jimmy.

— Fais chier, je râle avant de l'aider à le porter jusqu'à mon 4X4. Ramène la marchandise et retrouve nous chez le Dr Cohen, je demande à Caleb qui acquiesce avant de s'exécuter.

— Le Dr Cohen, il est encore vivant celui là?

— Il me doit un service et j'aimerais autant qu'il tienne debout quand je le ramène à Cyriak, je rétorque en désignant le gamin qui pleurniche comme une fillette en tenant sa cuisse.

Jimmy prend le volant pendant que je comprime la plaie d'Antonio.

— Je préférerais que ce soit lui qui appuie, hurle t il alors que j'enfonce un peu plus mes doigts dans sa plaie.

— Ferme là!

— Il est où Doc? demande le gamin.

— Dans sa famille, sa grand mère est morte, il aide sa mère à gérer les obsèques, explique Jimmy.

— Je vais mourir, hein, c'est ça? geint Antonio.

— Si tu la fermes pas, il y a toutes les chances, je grogne.

Le chemin jusqu'au cabinet du vieux médecin est plus long que dans mes souvenirs. Ses locaux se trouvent de l'autre côté de la ville, à l'opposé de nos business. Antonio est de plus en plus pâle et ma banquette arrière est foutue. Quand Jimmy se gare enfin à l'arrière de la maison, Caleb nous attend déjà, appuyé contre la façade avec nonchalance. Il me fait signe d'approcher et je le rejoints avant de lire l'écriteau qu'il me désigne du doigt. "Livia Doven - Sage Femme".

— C'est pas vrai, je m'énerve en frappant le mur avec mon poing.

— Drake, le gamin est pas bien là, m'interpelle Jimmy.

— Je m'occupe de la sage femme.

Je déverrouille la porte avec agilité. La pièce à gauche, qui autrefois faisait office de salle de consultation, est désormais repeinte avec des couleurs pastels, des ballons énormes trônes fièrement au milieu d'un espace cocooning avec des pouffes, fauteuils et plantes vertes. J'ai envie de gerber rien quand regardant les photos de morveux à peine sortis du ventre de leur mère. Quelle idée de se reproduire! A droite, une salle avec une table d'examen et un échographe. Voilà ce que je cherchais!

En entrant dans la salle d'examen, je suis surpris de voir qu'elle est encore là à une heure si tardive. J'avance en silence dans son dos. Ce qui me fait horreur avec les nanas, c'est qu'elles sont fragiles. Il suffit de dire "bouh" et elles se pissent dessus et vu le gabarit particulièrement minuscule de celle là, il y a toutes les chances pour qu'elle s'évanouisse avec un simple claquement de doigt. Elle s'affaire sur son plan de travail. Quand je m'apprête à poser la main sur son bras, elle se retourne et me fait face, un scalpel à la main. 

La Cerise du DiableOù les histoires vivent. Découvrez maintenant