Ma lame s'enfonce dans les muscles de son torse. Le sang coule à flot et ses hurlements tarissent petit à petit. Caleb applaudit quand je termine la dernière tentacule.
— Pas mal ma pieuvre, non?, je ricane en admirant mon œuvre. Maintenant, tu te promèneras avec la marque des traîtres de la Cosa Nostra, j'ajoute en tapotant le visage de ma victime.
Je débouche une bouteille d'alcool pure que je vide sur son torse. Sa voix, éraillée d'avoir trop criée, s'épuise dans une dernière tentative. Ses yeux humides se révulsent et il s'évanouie. Satisfait de mon travail, je laisse Caleb prendre le relai. Il détache l'imbécile qui a tenté de nous voler. Il le déposera sur son territoire pour que tout le monde puisse voir ce qu'on fait aux traîtres. Son corps gisant sur une bâche à l'arrière d'un pick-up, il s'occupe de nettoyer le sol pendant que j'essuie mes lames.
Même cette séance ne m'a pas permis de penser à autre chose. Je ne cesse de m'inquiéter pour Livia. Et si Derek avait agit juste après notre départ? Caleb semble suivre le cours des mes pensées puisqu'il secoue la tête en levant son pouce.
— Tu crois?, je demande alors qu'il hoche la tête.
J'aurais dû l'appeler et la prévenir, lui dire de rester vigilante, mais à quoi bon. Elle ne m'écoutera surement pas et va vriller ce soir en nous voyant débarquer. On termine notre nettoyage avant de rejoindre les autres. Antonio a craqué son système informatique pour voir à quelle heure elle termine ses consultations. Ce mec est un génie, je vous l'avais déjà dit?
A 21h on débarque dans son cabinet. Je la découvre en train de se déhancher, sa sonde d'échographe à la main, elle chante à tue tête. Je pince les lèvres pour ne pas rire.
— Elvis, vraiment? Tu me déçois, je ricane.
Elle sursaute en m'entendant et plaque ses mains sur sa bouche pour étouffer son cri de surprise.
— Ca va pas de faire peur aux gens comme ça?, hurle t elle sa main sur son cœur.
Les gars la saluent brièvement avant de se mettre au travail. Elle me pousse pour les regarder faire dans le couloir.
— Mais enfin, qu'est ce que vous faites?
— On pose un système de vidéosurveillance avec détection de mouvements.
Ses yeux cendrés se posent sur moi et me dévisage une seconde.
— Je croyais que tu n'aidais personne?, demande t elle suspicieuse.
— Je ne t'aide pas, je rétorque en haussant les épaules. Ta vie ne m'intéresse pas, j'ai un lapin à attraper, c'est tout.
— Et qu'est ce qu'il se passera quand le "lapin" va se pointer?
— Je m'occupe de la cuisine Belladone, t'inquiètes pas.
Un frisson d'horreur la parcourt et cette expression de dégoût lorsqu'elle me fixe de cette façon, je ne suis pas prêt de l'oublier. Ca a au moins l'avantage de me remettre les idées en place. Je rejoints les gars pour les aider à terminer les installations. Antonio met en route l'application sur mon téléphone. A chaque fois que l'un d'entre nous bouge, la vidéo apparaît sur l'écran nous montrant sous tous les angles. Son parfum fleuri me chatouille les narines quand elle vient se pencher au dessus de mon épaule. Ma tête se tourne vers elle, la faisant instantanément reculer en se rendant compte de notre proximité.
— Mais ça va se déclencher dès que je serai au rez de chaussé, râle t elle.
— Il va falloir éviter les démonstrations de danse sur Elvis, Belladone, je me moque.
— Au contraire, si tu n'aimes pas autant que je me fasse plaisir, tu as le son au moins?, me provoque t elle.
Les gars pouffent avant de regrouper leurs affaires pour s'éclipser. Livia panique quand elle les voit sortir et s'éloigne autant que possible de moi.
— Pourquoi ils partent?, murmure t elle en observant chacun de mes gestes.
— Parce que je cuisine toujours seul, je me marre.
Je la vois déglutir avec difficulté et décide de mettre fin à cette torture.
— Tu crois que je me ferais chier à installer ce matériel si je voulais te tuer?!
— Peut être que tu es un genre de fétichiste qui adore regarder les vidéos de ses meurtres, propose t elle avec une moue beaucoup trop adorable pour mon cœur qui ne cesse de battre de façon anarchique depuis une heure.
— Ce n'est pas vraiment ce genre de vidéos qui m'excite, je ricane la faisant rougir jusqu'à la racine. J'ai besoin de voir comment tu as aménagé les lieux.
— Tu vas me faire croire que tu ne connais pas cette maison?, s'indigne t elle en croisant ses bras.
— Je la connaissais, tu as tout modifié, je lui rappelle. J'ai besoin de connaître l'emplacement de chaque meuble et l'organisation de chaque pièce pour agir vite.
— Je n'ai pas bougé les portes, s'énerve Livia.
— Tu sais quoi? J'en ai marre de parler! Jamais vu un poison pareil, je marmonne en visitant les lieux.
Elle trottine derrière moi mais me laisse faire tant qu'il s'agit de son espace de travail. J'imprime mentalement chaque pièces, chaque cachettes, chaque recoins. Quand j'ai finit, je grimpe les escaliers. Elle pose sa main sur mon bras qu'elle sert de toutes ses forces pour m'arrêter. Je lui fais face et lève un sourcil.
— Je ne veux pas que tu ailles là haut. C'est chez moi, tu n'as rien à y faire.
— Je te l'ai dit, je fais et prends ce que je veux, quand je le veux. Alors enlève ta main de mon bras, tu n'as pas envie de me mettre en colère, je peux te l'assurer.
Ma menace ne la laisse pas indifférente, son bras retombe mollement le long de son corps et son visage décomposé abdique. Elle ne me suit pas et je pénètre son logement. J'en ai fait le tour en quelques secondes. Quand je redescends elle est en train de pleurer, son visage caché derrière ses genoux remontés contre sa poitrine.
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La Cerise du Diable
RomanceQue se passe t il lorsque l'exécuteur principal de la Costa Nostra rencontre la seule personne sur Terre capable de lui tenir tête? Drake va découvrir les eaux tumultueuses de la vie réelle. Tout les oppose, elle aide à donner la vie, il adore donn...
