Chapitre 16 :

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Narrateur : Léandre :

« Est-ce que je peux compter sur vous ? ».

La supplication met Milla mal à l'aise. Fleur nous implore à genoux de l'accompagner à... Pff... Une blague en tout point. :

« Le vieux débris t'a juste demandé de ramener deux personnes pour boucler la salle. Pas nous en particulier.

— Oui mais... Oh pitié ! Liam et Sybille ne sont pas dispos ! Eliott est en stage ! Je peux pas faire plus, là ! ».

J'en rate presque la cuisson de mon cabillaud... Nougat quémande un morceau depuis que je l'ai sorti du frigo... J'abdique. Il gagne une bouchée.

Un soupir dépasse mes narines... La dernière fois que je l'ai vu, j'ai failli le trucider. Là, on me demande d'assister à la première de son film tout pourri parce qu'il en est le réalisateur ? La blague. :

« Il m'a même fourni des cartes bancaires pour vous fournir vos vêtements.

— ... Votre père va aussi loin ?

— Tout dans les apparences, Milla. Tout dans les apparences. ».

Le commentaire fait de moi le méchant. Je gagne un regard implorant de la part de ma petite sœur toute... adorable avec ses gros yeux. Je la revois à six ou sept ans... Mimi... :

« Ahem. C'est non.

— Allez Léandre ! ».

Une dispute de sales gosses plus tard, réglée par Caroline... Oui. Passons sur les détails. Je ne sais pas par quel miracle je me retrouve à suivre une Fleur excitée de se balader dans le plus grand centre commercial de la région. Son engouement se détend à la vue de ma flemme et de... l'angoisse visible de Milla. :

« Tout va bien ?

— Je... J'ai jamais fait les magasins.

— Sérieux ? Mais c'est trop bien ! Je serai ta première fois ! Allez ! Suis-moi ! ».

Comme si je l'avais faite. Cette petite crétine profite de l'occasion pour se refaire une garde-robe. Si on ne me croit pas : Fleur ne portera pas deux jupes ; une robe de chambre ; trois foulards ; une pluie de sous-vêtements ; et sept pulls à l'avant-première. :

« Au fait... Vous... Enfin, votre père est d'accord pour acheter tout ça ?

— Pour une fois qu'il se sert de son argent pour une bonne cause. », jubile Fleur en inspectant les différents rayons du magasin en cours. :

« Mais il a les moyens ?

— Il est pété aux as, mais il nous laisse trimer. Ce grand toqué préfère utiliser sa fortune à des fins personnelles plutôt que d'aider ses enfants. ».

Rien ne changera à son égard. La seule chose pour laquelle je lui suis reconnaissant, c'est de m'avoir donné la vie. Pour le reste, il peut crever.

Mon intransigeance pose une teinte sombre à Milla. Elle ne sait plus où se mettre. Fleur lui remonte le moral quand l'évènement principal de cette sortie shopping se lance : le choix de la robe pour vendredi.

Les indications du paternel véreux sont claires : rien d'extravagant, mais un minimum habillé. Ma chemise blanche et mon pantalon de costume feront l'affaire. Une veste classe traîne dans mes placards, tout va bien.

Les filles par contre ? Par expérience... Ouais, nous ne sommes pas sortis d'affaire. Qu'on m'insulte, ce n'est pas vous qui portez les sacs. Troisième magasin fouillé de fond en comble, rien. Quatrième... Sept... Mes nerfs me titillent. :

BulanOù les histoires vivent. Découvrez maintenant