Narrateur : Léandre :
Dire que des gens fêtent le nouvel an en cette date. Les verres d'alcool en main ; les musiques commerciales ; les jeux débiles... Tch. Chacun ses priorités.
Voilà donc le QG de Bulan. Enfin. Une épave de bateau au fond d'une casse, hein ? Tu m'en diras tant... Ils ne cachent même pas leur vie ici... Je vois du linge étendu sur certains hublots et de la lumière allumée dans quelques pièces. :
« On aurait pu les trouver plus tôt si on ne se cantonnait pas aux procédures polies et trop longues. ».
Ah. Un message de Sylvain qui me demande où j'ai disparu... Ouais... Il m'en voudra plus tard. Malgré toute l'aide apportée par lui et les trois zigotos, il était hors de question d'impliquer davantage de citoyens dans cette affaire. C'est mon enquête.
Pour éloigner mes remords, je vérifie mon arsenal une dernière fois. Un taser. Une paire de menottes. Voilà. Fin de l'arsenal. Pas besoin de plus, je ne suis pas là pour entrer en guerre.
Juste trouver des réponses.
Bon... Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Je me suis donné carte blanche pour mener à bien cette enquête, autant en profiter. Les crétins qui gardaient l'entrée en attestent. Quelques bleus n'ont jamais tué personne...
Pas de mouvement en extérieur... Un silence de mort... J'imagine que je peux m'avancer. Le ponton est gravi en toute discrétion et la porte d'entrée métallique atteinte. Je colle mon oreille... Rien. Rassurant et terrifiant.
Wow. La porte n'est pas fermée... Ils n'ont pas peur. En même temps, la plupart des gens vident leur bouteille de bière et attendant la nouvelle année. J'imagine que c'est aussi leur cas... Trêve de mondanité. Allons-y.
L'intérieur sombre de l'épave s'ouvre sur une grande salle de réunion reliée à un espace cuisine. Une large table ovale, ouverte en son centre, sillonne son passage et encombre la pièce. De nombreux meubles destinés à la bureautique et au stockage d'informations sont dispersés contre les murs. :
« Reste concentré, Léandre. ».
Plus tard pour l'architecture. Je dois me dépêcher, des gens traînent encore ici. Combien ? Pas beaucoup. Mon petit tour du propriétaire en extérieur m'a appris qu'aucune voiture en état de marche n'est rattachée ici. Je devrais m'occuper d'une poignée de mafieux, tout au plus. :
« Rien d'insurmontable. ».
Pas de Milla, ni de Caroline pour l'instant. Je dois prendre une décision à partir d'ici... Un seul couloir mène à plusieurs pièces. Celles du fond sont allumées... Est-ce que je prends le risque de les espionner pour espérer les retrouver ? Si je reste ici... Non, j'ai peut-être une chance de surprendre si je reste aux aguets dans cette pièce.
Je me positionne au coin de l'entrée du couloir, prêt à bondir sur la première personne qui entre dans mon champ de vision. L'appréhension est neutralisée par l'adrénaline, je sens mon cœur battre à travers mes doigts frais... :
« On a laissé entrouvert ? Mince alors. ».
Cœur qui rate un battement. L'ampoule s'allume au-dessus de la table ovale, j'ai à peine le temps de dissimuler ma présence en glissant dessous. Une femme a pénétré dans l'enceinte de l'épave, chargée de deux sacs. Elle les dépose sur ma cachette et se dirige vers l'évier pour se laver les mains.
Aucune arme équipée... Super. J'attends le bon moment pour la neutraliser. Ses mains séchées, elle se lance dans une chansonnette en dandinant les hanches. Pas le temps d'arriver jusqu'au refrain, je l'immobilise contre moi et lui plaque mon taser-maison sur le ventre découvert. Son hurlement étouffé par ma main ne la sauvera pas, elle se ramollit lorsque l'inconscience l'emporte.
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Bulan
RomanceDeux âmes en peine. Deux âmes perdues. Deux âmes rencontrées par hasard. Deux âmes opposées. Léandre et Milla ont toutes les raisons de se détester. Pourtant... Leurs aventures et leurs démons personnels les poussent à s'appuyer l'un sur l'autre...
