Chapitre 19 :

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Narrateur : Léandre :

« Tout va bien Léandre ?

— Mh ?

— Et bah... Même là t'es dans la lune. ».

Qu'il me laisse tranquille, lui. Je ne suis pas d'humeur. Tout le week-end, Milla n'a pas cessé de sortir Dieu sait où, ou de s'isoler. De moi. Caroline pouvait lui parler, même passer du temps avec... Moi ? Elle m'a évité comme la peste. Je ne comprends pas pourquoi.

Bon... Pour le moment, je dois me concentrer sur l'enquête en cours. Un origami a été trouvé sur la scène du crime en sous-sol, à l'autre bout de la ville. Je vais allouer mon attention sur ce crétin qui se prend pour un détective. Il flambe avec son insigne et adore le montrer aux forces de l'ordre pour prouver sa position...

Bref. Servons-nous de cette occasion pour le tester. S'il ne se montre pas à la hauteur, j'ai un cours de boxe à rattraper. :

« Quoi, tu me laisses faire tout le boulot ?

— Je ne sais pas ce que tu vaux, Phileas. Si on doit s'associer, je tiens à voir de quoi tu es capable. Active-toi, je n'ai pas ton temps. ».

Non sans rechigner, monsieur bouclette se met au travail. Les policiers lèvent un sourcil à mon choix. Non, ce n'est pas de la flemme... Lâchez-moi la grappe, vous aussi. :

« Pourquoi tu m'as ignoré tout d'un coup ? ».

Ma mise à l'épreuve est un prétexte pour qu'on me laisse tranquille. Je dois réfléchir aux raisons qui l'ont poussée à agir de la sorte. Notre rapprochement de vendredi... l'a froissée ?

Phileas s'aventure dans le mystère de la pièce enfermée et vérifie les alentours. Première erreur, la porte fermée à notre arrivée aurait dû être inspectée en priorité. Les mouvements peuvent influencer une possible quantité de poussière dans la serrure... :

« Si c'est parce que je suais des mains, je m'insulte jusqu'à la fin de mes jours. ».

Ce pas doué se dirige ensuite vers notre victime. Un grand artiste... Un couteau ensanglanté est logé dans sa main, malgré ses multiples entailles dispersées sur tout le corps. Il remarque bien les traces de lutte dispersées dans l'entièreté de l'atelier d'art, mais... bâcle la conclusion sur les raisons de sa mort... Même d'ici je vois le liquide bizarre sur ses lèvres, quoi...

« Je devrais me concentrer sur le plus important. ».

À savoir un nouvel origami à ajouter à ma collection. Tch, Bulan a encore frappé à cette porte... Le tueur a accompli une sacrée prouesse. Sortir en laissant la seule clé de l'atelier à l'intérieur... On l'a retrouvée sous le cadavre... Oui, sous. Étrange. :

« Ah. Notre tueur a oublié de nettoyer sa scène... ».

Des cheveux longs et châtains, hein ? Un frisson peu agréable s'ajoute à ma pose d'hypothèse. Le seul homme que je connaisse avec cette longueur et cette couleur... Potentiellement à Bulan... :

« On se calme... ».

Rien ne me dit que l'autre édenté appartient à l'organisation en réalité... La constriction du torse s'éloigne à ma grande inspiration. Je préfère écourter notre temps ici et prends la relève. Les plaintes de Phileas ? Elles sortent par l'autre oreille.

On a une fenêtre qui donne sur l'extérieur... Pas assez d'espace pour qu'un homme puisse passer par contre. Des bobines de fil dispersées çà et là... Bon. Les photos du macchabée sont prises. Je peux manipuler. Son tablier et ses manches longues dissimulaient des traces au niveau des poignets... Une au cou m'interpelle. Plus profonde, comme une strangulation extrême. Je ne relève pas les chairs meurtries alors que l'artiste était déjà mort. Sauvage. :

BulanOù les histoires vivent. Découvrez maintenant