Narrateur : Léandre :
Son dernier commentaire destiné à me faire réagir me passe par-dessus. Je ne me laisserais plus atteindre par ses mots, ni par ses manigances. Mon esprit reste frais. :
« Vous ne vous rendez pas compte de la pression qu'elles ont vécu par votre faute. Vous transmettez des responsabilités qui n'ont pas lieu d'être à vos filles.
— Baissez votre index et votre ton moralisateurs, je vous prie. », écrase-t-il son mégot. : « Les enfants sont amenés à reprendre le flambeau des parents. C'est dans l'ordre des choses.
— Mais pas les femmes ? Vous me traitez de ridicule, mais vous n'êtes pas bien mieux. ».
Pas de rire. Il se rapproche, l'air quelque peu frustré. Nouvelle goutte de sueur sur la tempe pour ma part. Purée... Le temps commence à jouer sur mon mental. Je tiens à mettre les choses au clair, mais la discussion s'envenime d'émotions. Le sujet traité nous touche tous les deux. :
« Vous ne connaissez rien au fonctionnement de mon organisation, inspecteur. Gardez vos pensées inutiles pour vous.
— Et pourtant, vous vous retrouvez dans une position plus que précaire, je me trompe ? ».
Ma répartie lui coupe son claque-merde. Je m'étire et me craque les cervicales. Cet écervelé sociopathe attend que j'argumente mon point, les bras croisés. Une grande inspiration me calme un tantinet... Si je m'y prends à chaud, une diarrhée verbale se déversera sur lui. Je prends un pas pour la symbolique et me lance. :
« Vous prétendez être à la tête d'une organisation continentale. Vous jouez le dur devant moi, intouchable et invincible. Mais au fond, vous avez peur.
— Première nouvelle. », pouffe-t-il de rire. :
« C'est ça, joue au plus malin. ».
Va savoir si c'est la fatigue qui joue, mais ma patience a rencontré ses limites. Assez d'attente et de retenue. J'en ai marre. Cet imbécile doublé d'un insensible doit entendre. Je vais le réduire à néant sans bouger le petit doigt.
Toutefois... Mon cœur bat la chamade. Je donne le maximum pour ne pas flancher ; pour garder le contrôle. Si je m'écoute, sa tête finit au bout d'une pique dans la seconde. Quand je repense à tout ce que taré a fait... Tout le mal qu'il nous a infligés...
Milla et Caroline... Ma famille entière... Mes amis... Moi...
Toutes ces vies touchées de près ou de loin par ses activités criminelles... Dans quel but ? L'argent ? La renommée ? Le pouvoir ?
Ouais, jouons cartes sur table. Je n'en ai plus grand-chose à faire, de ce gain de temps. Je veux juste lui arracher cette sale expression de son visage soigné. Celle qui affiche une confiance irrévocable en soi... Stop. :
« Riez autant que vous le voulez, Démétrius. Je vois clair à travers votre façade. Vous n'avez jamais été aussi vulnérable qu'aujourd'hui. ».
Ah ? Silence total. Mon avance audacieuse provoque un tic nerveux sympathique. Son pouce a frotté son coude... Grillé. Je poursuis avant qu'il ne change de sujet. :
« Sans Milla ou Caroline, vous perdez la chance de trouver un successeur direct à votre organisation. Et d'après vos cheveux gris et les trous dans votre crinière, j'imagine que la petite dernière est un cadeau du ciel pour vous, n'est-ce pas ? ».
Insulter le patron d'une organisation criminelle à son visage ? Check. Mon Dieu que ça fait du bien. Son silence... De l'or. :
« Je me demande bien pourquoi vous la voulez autant... Oh. On tient quelque chose, pas vrai ?
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Bulan
RomanceDeux âmes en peine. Deux âmes perdues. Deux âmes rencontrées par hasard. Deux âmes opposées. Léandre et Milla ont toutes les raisons de se détester. Pourtant... Leurs aventures et leurs démons personnels les poussent à s'appuyer l'un sur l'autre...
