Chapitre 28 :

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Narrateur : Léandre :

Ouais. Ce soir, je me couche tôt. Entre la nuit courte et mon bras qui me lance à la première occasion... La vache, douze bâillements par seconde. C'est normal d'avoir envie de dormir à neuf heures du matin ?

Tch, la douleur se réactualise à chaque mouvement. Je gère la cuisson des œufs comme je peux, mais bon... Ah, mon téléphone personnel sonne. :

« Oui allo ?

— Léandre ! C'est vrai que t'as retrouvé Milla et Caroline ?! ».

Le téléphone est écarté afin de préserver mes tympans. Fleur hurle vingt mille questions avec un volume... Brr. La migraine m'attend déjà. Nougat s'est éloigné du boucan avec la queue froussée. :

« Désolé Fleur, je n'ai pas eu le temps de te prévenir plus tôt. Il s'est passé plein de trucs en vingt-quatre heures.

— Mais tout va bien rassure-moi. Comment vont les filles ? Et toi ?

— Ouais... J'ai tout fait pour.

— Ok... », souffle-t-elle un bon coup. : « Je préviens tes copains, ils s'inquiètent beaucoup pour toi et les filles. Surtout que tu les as plantés apparemment...

— Attends, ils ont squatté chez toi pour le nouvel an ? Sérieux ?

— Peut-être parce que Liam ne m'a pas laissé le choix ? Bref, je réveille les poivrots, et ils vous rejoignent. J'essaie de voir avec ma patronne si je peux prendre ma journée. ».

Appel terminé. Je n'ai pas eu mon mot à dire. Super... Je n'avais pas vraiment prévu d'invités en lendemain de baston. Mon frigo est vide... En plus, ma joue n'a pas encore cicatrisé. Ils vont me prendre pour un pirate. :

« Je vois déjà les commentaires de Sybille... Il ne manque plus que le chapeau de paille. ». :

« Coucou Léandre ! ».

Caroline me saute au cou, j'ai le droit à un immense câlin en guise de bonjour. Son rire résonne dans la cuisine. L'odeur du petit-déjeuner la régale d'avance, elle salive déjà.

Toutefois... Je suis étonné par son humeur du jour. Une petite de son âge n'avait pas à subir un stress pareil. La soirée a dû l'effrayer... Je m'en veux. Mon étreinte se resserre.

Pendant que je la relâche, Milla se révèle dans la salle commune avec les cheveux en pétard. Les petites moqueries de sa sœur lui tirent une tête de pas possible. J'en crache mon eau de rire. Ce boucan m'avait manqué. Ce dernier mois... Le silence devenait lourd. :

« Léandre ! T'es là ?! ».

La porte est tambourinée pendant que Milla m'aide à changer les pansements et le bandage sur le bras. Ma grimace ennuyée annonce la couleur. Une inspiration... J'ouvre pour me manger un train lancé à vive allure. :

« Bébou !

— Espèce d'imbécile !

— On te déteste ! ».

Mes amis. Aïe. J'ai le droit à une démolition complète de la part de trois gobelins en colère. Milla et Caroline m'ont laissé mourir à l'entrée, peu motivées à l'idée de me filer un coup de main. Liam m'a mordu ; Eliott et Sybille m'ont crié dessus pendant plusieurs minutes... Ouais. J'aurais dû les tenir au courant. :

« Désolé. Je ne voulais pas risquer de vous mettre en danger. ».

Leurs lèvres inférieures avancées me répondent. Les dents me lâchent le bras et les bouches s'étirent en une moue plaintive collective. Le geste qui suit me sidère. Tous les trois me serrent dans leurs bras de concert. Aucune mise en commun au préalable, leur cœur a parlé. J'abdique. Ils ont gagné. Sybille tire Milla et Caroline dans cette étreinte... pleine. Je me sens bien. Ici. Avec eux.

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