Chapitre 18 :

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Narratrice : Milla :

« Qu'est-ce qui m'a pris ?! ».

Durant ce film moyen, j'ai remarqué que Léandre et Fleur n'allaient pas bien. Elle m'a assuré qu'elle saura gérer ce torchon affiché à l'écran avec un sourire, mais lui... Lui fulminait. Ma main s'est liée à la sienne comme un mécanisme à jamais appris et inscrit en moi. Pour lui faire savoir que je le soutenais dans cette épreuve.

Le film me passe par-dessus par la suite. Les battements de mon cœur ont pris la relève. Forts... Intenses... Sa chaude main a accaparé toute mon attention. J'ai passé le restant de mon temps à l'observer somnoler.

Ce garçon... Il m'a jeté un sort. Jamais de ma vie je n'ai agi de la sorte. Jamais je ne me suis imaginé réaliser le quart des gestes que je lui partage. Le pire, c'est que j'agis avec plaisir. S'il s'agit de lui apporter mon soutien, retourner la Terre entière ou chercher une aiguille dans une botte de foin ne me gênerait pas. :

« Tu ne regardes pas le film ?

— Si si. ».

Oh purée... À deux doigts d'être grillée. Je rassure Fleur et me réinstalle. Les images défilent devant mes yeux, mais mon esprit se concentre sur la main de l'homme à mes côtés. Sa respiration lente me réconforte. Il alloue une énergie folle à son travail... Enfin... Non, ses multiples casquettes maintenant. :

« ... C'est pas bien. ».

Léandre Toscane... Léandre Wilson de son vrai nom... Mon ennemi. L'homme que ma famille cherche à tout prix à abattre pour sa dangerosité...

Tu as gagné. Tu as accompli un miracle qu'aucun autre mâle répugnant n'a espéré atteindre. Tu as réussi à atteindre mon cœur équipé de nombreuses barrières. Tu as réussi à me faire ressentir une profonde affection pour toi.

Je ne pensais pas la compagnie possible pour quelqu'un comme moi. Incapable... Destructrice... Maudite... Mais tu as réussi. Tu as trouvé comment atteindre mon cœur et le comprendre. Je devrais te féliciter... Mais... :

« Je risque encore de tout détruire... Pas vrai ? ».

Dès que je m'attache... Les catastrophes s'en mêlent. S'il se considère comme une malédiction, je suis la sorcière qui les incante.

Des applaudissements nous éclatent les oreilles à la fin du film. Léandre grogne au boucan et ose demander à sa sœur si elle a suivi le film. :

« Bien sûr, espèce de ronfleur. », s'essuie-t-elle la bave du coin des lèvres.

Leur commérage se poursuit tout le long de l'applause. Le silence s'impose quand leur père se poste devant le public, tout pimpant pour son évènement. Il accueille les acteurs du film, de tout âge. :

« Mouais, j'ai pas trop suivi le film non plus. ». :

« Je vous remercie pour votre venue. », se lance leur paternel. : « J'espère sincèrement que le fruit de mon travail a pu trouver en vous une raison de dire ''je t'aime'' à votre famille. À ceux qui comptent vraiment pour vous et qui vous soutiennent, quelle que soit la situation.

— Il se fiche de qui, lui ? », commente Léandre.

Attends... Houlà, je crois voir la tuile. Son grognement me rappelle ses ressentiments. Tout pour les apparences... Pitié, ne me dites pas qu'il nous pond une prestation pareille pour jouer le rôle du père parfait. Pas en face de ses enfants traumatisés. :

« Pour tout vous dire... Ce film a été particulièrement éprouvant à réaliser. En premier lieu... parce que je n'ai pas forcément été un mari idéal. Ni un parent idéal.

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