« Continue, et tu te brûleras en continu »
EMRYS
High School Brentwood Middleton Hall
Friday, January 12th
10:10 am
Je reste immobile, les yeux rivés sur Elias, sans vraiment comprendre pourquoi. Peut-être que j'espère capter un signe, une réaction, quelque chose qui prouverait qu'il m'accorde encore un fragment de son attention. Mais il semble s'être enfermé dans une bulle, un globe de fumée qui l'isole de tout. Adossé au mur délabré, il tire longuement sur son joint, la tête légèrement penchée en arrière. La fumée s'échappe de ses lèvres avec une lenteur sensuelle, presque surjouée.
Face à lui, Jarrel est planté, les bras croisés, arborant son éternel sourire narquois. À ses côtés, Sean, absorbé par l'écran de son téléphone, complètement détaché de la récréation. Leur conversation, si elle existe, est étouffée par la distance qui nous sépare.
Autour d'eux, la cour a des airs de territoire déserté, figée dans une étrange torpeur. Pas de Kelly pour monopoliser l'attention d'Elias, ni d'Amaris pour me transpercer de ses regards acérés. Tout semble interrompu, presque faux.
Je resserre mon écharpe autour de mon cou, à la fois pour me réchauffer et pour occuper mes mains tremblantes. Une question me traverse : devrais-je m'approcher ? Ou rester ici, dans l'ombre, à observer Elias de loin, comme si cela suffisait à me rapprocher de lui ?
Il reste immobile, dans sa fumée et son silence. Je sais que j'ai fait l'erreur de simplement le rejeter alors qu'il m'aime bien plus que personne ne pourrait. Mais s'il découvre que mon père a tué sa mère, que l'homme qu'il devrait détester est mon père...
On n'assène que ceux qui le méritent.
Je suis assise sur le banc, un peu avachie, écoutant distraitement Shaye. Elle parle vite, comme toujours, mais ses mots peinent à pénétrer la barrière de mes pensées.
— C'est parce qu'il a pris le seum, tu vois ? conclut-elle avec un haussement d'épaules nonchalant, comme si c'était une évidence.
— Ouais, le seum, dis-je d'un ton ennuyé en regardant mes ongles devenus rouges de froid.
— Donc tu t'en fous, arrête de le regarder déjà, oublie-le.
— J'ai la flemme de l'oublier, lui chuchoté-je en laissant ma tête tomber en arrière sur le banc de la cour.
— Laisse-le, t'oublier alors ?
Je hoche la tête, mais je sais bien que ce n'est pas aussi simple. Elias n'est pas du genre à abandonner, encore moins sans une raison qui le ronge de l'intérieur. Il est obstiné, parfois même acharné, surtout quand il s'agit de moi. Ce n'est pas juste une histoire de fierté blessée. Ce n'est pas que ça.
Conne. Conne. Conne.
Mon cœur, lui, se contracte douloureusement depuis hier. Depuis ce moment où j'ai vu son regard brisé alors que je partais, laissant derrière moi non seulement ses mots, mais aussi ce dahlia qu'il avait tant tenu à m'offrir. Cette fleur, c'était un effort sincère, une envie de me voir sourire, et elle était tombée au sol.
À cause de moi.
Ma faute. Ma faute.
Je regarde en direction de la cour où Elias est toujours appuyé contre le mur, entouré de son silence et de ses volutes de fumée. Sa carrure, si familière, m'oppresse autant qu'elle me rassure. Il ne me tourne pas seulement le dos physiquement, il me repousse, moi et tout ce que je représente.
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THE CURSED LOVE
Teen Fiction"𝘊'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳... 𝘰𝘶 𝘯𝘰𝘯, 𝘶𝘯𝘦 𝘯𝘶𝘪𝘵 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳, 𝘦𝘵 𝘤'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘢𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘤𝘦́.„ Lors d'une nuit perpétuelle, le déni était présent, tout autant que le deuil. Le cim...
