« Dieu t'amassera, et dans ton sang infligera tout le venin mensonger et la mort que tu as causés autrefois. »
Trigger Warning : Ce chapitre contient de la violence physique, je demande à toutes personnes sensibles de s'abstenir.
EMRYS
House. Brentwood, Middleton Hall
Saturday, January 8th
07:56 am
Mon père, assis là, tasse de café à la main, est absorbé par son journal, comme si de rien n'était. Il boit, lit une ligne ou deux, lève les yeux vers moi, puis retourne à sa lecture. Sa routine bien ordonnée, comme si tout allait bien. Mais moi, je ne vois plus rien de la même manière. Je le regarde comme un étranger, quelqu'un que je ne reconnais plus.
Mon père, c'est l'allégorie du monstre.
Ma mère, elle, c'est le monstre. Et ce n'est pas juste une comparaison.
Il a tué. Mon propre père a pris la vie de quelqu'un, et je ne comprends toujours pas comment on peut simplement continuer après ça, reprendre le fil de sa vie comme si de rien n'était. Deux ans de prison. Deux ans qui, pour le reste du monde, ne sont qu'un chiffre, une condamnation parmi tant d'autres, mais que moi, je porte dans chaque regard que je lui lance.
Je ressens un mélange d'indignation, de dégoût, et, quelque part, une pensée me hante : Comment a-t-il pu vivre avec ça ? Comment peut-il boire son café, plonger dans son journal, sans qu'aucun remords ne traverse son visage ? Elias avait raison, finalement, même si j'avais refusé de l'écouter. Mon père est un menteur, et tout ce que j'ai cru comprendre de lui s'effondre. Encore et encore, encore et encore. Encore et encore. Encore et encore. Encore et encore. Encore et encore. Encore et encore.
L'infini des "encore".
Ma mère sait, elle aussi. Elle a peur pour sa réputation. Elle m'a dit que si nous faisions l'erreur d'en parler, elle mourrait des rumeurs. Elle mourrait. Et lui, il boit son café en paix pendant que je me noie dans cette révélation. Le voir là, si ordinaire, alors que je le vois comme un étranger, un étranger capable d'une violence inimaginable.
Il a peur, lui aussi. Pas de ce qu'il a fait, mais de la mort qu'il a autrefois donnée.
Je ne suis pas prête à oublier. Encore moins à lui pardonner.
Mon géniteur, toujours impeccable dans son costume soigneusement ajusté, avec son chapeau négligemment jeté sur le plan de travail. C'est un geste qu'il fait machinalement, sans y penser, mais qui semble à sa manière raconter un morceau de lui. Sa présence, toujours imposante, occupe toute la pièce, et malgré le silence qui nous enserre, il paraît absorbé par des pensées auxquelles je n'aurai jamais accès.
Je termine d'ajuster mon uniforme, debout en retrait. Pourtant, je me penche légèrement, comme si cela pouvait capter un instant de son regard, cette attention qui, encore une fois, m'échappe. Il m'a habituée à ce silence glacé, à cette distance qui n'a cessé de grandir. J'ai grandi dans cette absence, dans ces longs silences. Avec un père qui m'ignore. Une mère qui m'esquive. Et la solitude du noir.
Mais aujourd'hui, un feu brûle en moi, une envie violente de tout briser.
— Père ? je murmure, espérant percer l'épaisseur de ce mur invisible.
Il ne lève même pas les yeux. Mon mot reste suspendu dans l'air, comme une intrusion qu'il n'est pas prêt à accueillir. Parler, c'est transgresser. Et lui, figé dans son monde, ne semble pas vouloir entendre. Ce n'est pas la première fois qu'il m'ignore ainsi.
VOUS LISEZ
THE CURSED LOVE
Roman pour Adolescents"𝘊'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳... 𝘰𝘶 𝘯𝘰𝘯, 𝘶𝘯𝘦 𝘯𝘶𝘪𝘵 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳, 𝘦𝘵 𝘤'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘢𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘤𝘦́.„ Lors d'une nuit perpétuelle, le déni était présent, tout autant que le deuil. Le cim...
