« Chaque jour se ressemble, même lorsque le jour n'existe pas. »
Trigger Warning : Ce chapitre contient de la violence physique, et mise en danger d'autrui, je demande à toutes personnes sensibles de s'abstenir.
EMRYS
Un résumé :
La rentrée après Noël et la fin d'année 2016.
Chapitre 25 la mort de Diana et Chris
Chapitre 24 la mort de Ketty
Partie 2 : l'enterrement.
High School, Middleton Hall Brentwood
Monday, january 3rd
10:20 am
La solitude est revenue, plus écrasante que dans mes souvenirs.
Je me tiens devant l'institution de Brentwood. Le bâtiment, massif et sévère, se dresse comme une forteresse, ses fenêtres sombres avalant la moindre trace de lumière. Le vent souffle faiblement, murmure : « N'entre pas encore, attends un peu. »
Je pense alors que, malgré tout, je me suis levée ce matin, que c'est déjà un effort. Mes pieds, cependant, refusent de bouger, comme si chaque pas vers l'école exigeait une force que je ne possède plus.
La pluie a cessé, mais le froid persiste, si intense que chaque respiration forme des volutes de fumée blanche. Mes lèvres, sèches et douloureuses, se fendent sous l'effet du froid. La peau craquelée, irritée jusqu'au sang, s'est durcie pendant la nuit, formant des croûtes rugueuses que je touche machinalement du bout des doigts.
« Habitue-toi au froid, sous terre, c'est pire. »
Depuis la mort de Ketty, Diana, et Chris, la vie me paraît irréelle, vidée de tout sens. Ce qui me retenait autrefois s'est éteint avec eux. Tout semble futile.
Alors j'abandonne. Je me laisse sombrer, sans plus lutter contre le courant. Tout le monde le voit, évidemment. Mais personne ne dit rien. Peut-être parce qu'ils savent qu'on ne sauve pas ce qui est déjà perdu.
Pourquoi donc ? Si nous sommes tous destinés à mourir, pourquoi se préoccuper de l'argent, d'une carrière, ou d'une maison ? À quoi bon cette course frénétique vers un avenir incertain, si nous finissons tous de la même manière, dans une boîte, six pieds sous terre ?
« Mieux mourir », peut-être. Mais pourquoi si le mot mourir reste toujours là ?
La routine effrayante de l'homme. Pourquoi continuer à jouer à ce jeu dont la fin est déjà écrite ? La philosophie, que je méprisais autrefois, prend soudain tout son sens.
Personne ne veut l'entendre, personne ne veut l'admettre, mais c'est une vérité déchirante : les gens croient davantage en la mort qu'en Dieu. Ils savent, au fond d'eux, qu'un jour ils seront poussière, dévorés par la terre qu'ils foulent, écrasés par les fourmis qu'ils piétinaient autrefois sans réfléchir.
La dernière fois que mes parents m'ont reproché de ne pas penser à mon avenir, une brûlure s'est installée sur ma langue. L'envie irrésistible de leur hurler cette vérité : « La vie n'est qu'un prélude à la mort. » Ils le savent, tout comme moi, mais ils continuent de courir après une vie qu'ils ne peuvent saisir.
C'est aussi pourquoi ils refusent de divorcer. Ils s'accrochent à l'idée que la vie est encore longue, qu'ils auront tout le temps de se quitter, de se reconstruire, même d'avoir d'autres enfants après moi.
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THE CURSED LOVE
Teen Fiction"𝘊'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳... 𝘰𝘶 𝘯𝘰𝘯, 𝘶𝘯𝘦 𝘯𝘶𝘪𝘵 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳, 𝘦𝘵 𝘤'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘢𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘤𝘦́.„ Lors d'une nuit perpétuelle, le déni était présent, tout autant que le deuil. Le cim...
