« Ma chaire, a-t-il sangloté, le charme tendre et amère, d'une chaire éperdu. Ne pleure jamais de remords, pour cette beauté morte. »
Trigger Warning : Ce chapitre contient de la violence physique, je demande à toute personne sensible de s'abstenir.
EMRYS
1 month past.
House. Middleton Hall, Brentwood.
Sunday, February 12th
08:21 pm
Mon père attrape son manteau, suspendu à quelques centimètres de moi, mais ne m'adresse pas un seul regard. Pas une parole. Pas un murmure. Juste ce silence glacial qui s'infiltre entre nous. Il ouvre la porte de la cuisine d'un geste brusque et la referme derrière lui sans un mot.
Qu'est-ce qui se passe encore ?
Je fixe un instant cette porte close, le bruit de ses pas s'éloignant résonne faiblement dans mes oreilles. Mais ce qui résonne encore plus fort, c'est l'absence. Papa ne me regarde plus. Papa ne m'a même pas dit bonjour. Papa m'a frappée. Comme maman, finalement.
Un mois.
Un mois que je suis devenue une ombre, inexistante sous ce toit. Un mois que je ne vis plus vraiment ici. Je passe mes nuits dans des maisons abandonnées au fin fond de Brentwood, esquivant ma mère, allongée sur des sols poussiéreux, avec pour seuls compagnons le froid et le silence.
Pendant ce temps, mes parents continuent à se déchirer, chaque jour un peu plus violemment. Toujours pour la même raison. La réputation.
Ils sont à deux doigts du divorce, pourtant aucun d'eux n'ose faire le pas, et moi, je ne veux pas qu'ils le fassent.
Je ne veux pas me retrouver seule avec ma mère.
Ils se disputent sans relâche à propos du regard des autres, des rumeurs qui circulent sur eux. Ils ont transformé notre maison en un champ de guerre, et moi, en paria.
Un mois.
Un mois sans voir Elias.
Un mois sans franchir les portes du lycée.
Un mois qu'ils font comme si je n'existais plus.
Et pourtant, chaque jour de ce mois maudit, le nom Lowery est sur toutes les lèvres dans cette ville.
Les murmures me traquent jusque dans mes refuges. Je les entends résonner dans ma tête : Lowery par-ci, Lowery par-là. La fille Lowery, ses scandales, ses drames, ses mensonges.
Lowery. Lowery. Lowery. Emrys. Emrys. Emrys. Morte ? Morte ? Morte ?
Même dans ces ruines où je me cache, il m'est impossible d'y échapper. Je suis piégée dans cette ville qui souffle mon nom à chaque recoin et qui détruit ma famille morceau par morceau.
Quand je me retourne, mes yeux rencontrent ceux de ma mère. Elle est là, adossée contre la rampe de l'escalier, les bras croisés, son regard sévère me transperçant comme une lame. Une tension glaciale émane d'elle, et une boule d'appréhension se forme dans ma poitrine.
Elle ne dit rien, mais son silence est plus assourdissant que tous les cris qui résonnent dans la maison. Elle s'avance vers moi d'un pas mesuré, chacun de ses mouvements précis, presque mécaniques. Sa longue robe noire traîne derrière elle.
Avant que je ne puisse reculer, elle m'attrape violemment par le bras, ses doigts se refermant sur ma peau avec une fermeté implacable.
— Monte !
Sa voix claque comme un ordre auquel il est impossible d'échapper.
Je sursaute, mes instincts de défense se déclenchant aussitôt. Mes mains se lèvent pour protéger mon visage, comme si j'attendais un coup qui ne vient pas. Mais la douleur est ailleurs. Ses ongles, parfaitement manucurés d'un rouge sang, s'enfoncent dans ma chair, traçant des sillons brûlants sur ma peau.
VOUS LISEZ
THE CURSED LOVE
Dla nastolatków"𝘊'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳... 𝘰𝘶 𝘯𝘰𝘯, 𝘶𝘯𝘦 𝘯𝘶𝘪𝘵 𝘥'𝘩𝘪𝘷𝘦𝘳, 𝘦𝘵 𝘤'𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘭𝘢̀ 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘢𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘤𝘦́.„ Lors d'une nuit perpétuelle, le déni était présent, tout autant que le deuil. Le cim...
