37. Le Reflet

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« Parfois, la vérité ne se lit que dans un reflet, quand tout le reste n'est que mensonge.»










Trigger Warning : Ce chapitre contient de la violence physique, je demande à toutes personnes sensibles de s'abstenir.









EMRYS






Highschool Brentwood.
Friday, April 28th
10:34 am



Le retour du lycée. Encore.

Je traverse la cour, la tête basse, le pas pressé, comme si chaque regard pouvait me percer. Je vise les toilettes, mon refuge habituel, l'endroit où je peux me cacher quelques minutes, loin du bruit et des rires.

Mes yeux, malgré moi, le cherchent. Elias.
Il est là, contre le mur, exactement où je savais qu'il serait, une clope au coin des lèvres, Sean à ses côtés. Même décor, mêmes gestes. Mais quelque chose a changé.

Cette fois, il ne me cherche pas. Il ne me regarde pas. Ses yeux glissent ailleurs, comme si je n'existais plus.

Il s'en fout de moi ?
Il ne m'aime vraiment plus ?

Ces questions tournent en boucle, sans fin, un poison qui ronge mes pensées. Hier soir, j'ai eu le courage de le supprimer. De couper. De mettre un terme. Mais au fond, je n'ai rien coupé du tout.

Je n'ai pas reçu d'excuse. Pas un appel. Pas même un message qui aurait pu sonner comme un accident, comme un «je me suis trompé de destinataire». Rien. Juste un silence écrasant. Un vide énorme.

Et moi, j'étais là, seule dans ma chambre, fixant mon téléphone comme si je pouvais l'obliger à vibrer. Attendant qu'il m'appelle, qu'il m'arrête, qu'il ose au moins me demander pourquoi je l'avais rayé de partout. Mais non. Le néant.

Alors je baisse les yeux, j'accélère. J'essaie de filer vers les toilettes sans me faire remarquer, mais chaque pas résonne dans ma tête comme si tout le monde savait. Comme si tous pouvaient voir que j'ai passé la nuit à attendre un signe de lui.

Elias rit à quelque chose que Sean lui dit. Son rire claque dans l'air, indifférent, presque cruel. Pas une seconde il ne détourne le regard vers moi. Pas même ce bref éclat d'attention qui me donnait l'impression d'exister.

Je me demande si c'est fini. Si, dans sa tête, j'ai déjà disparu.

Dans la mienne, pourtant, il est encore partout. Dans mes rêves. Dans mes silences. Dans ce poids que je traîne quand je marche seule dans la cour.

Brutalement, je la vois. Kelly, les cheveux attachés en queue de cheval, son sac à main pendant négligemment contre son bras, s'approche du groupe sans vraiment leur parler. Elias se tourne vers elle, lui murmure quelque chose en souriant. Elle rit, ce rire léger qui semble traverser tout mon corps comme une lame, puis s'arrête juste devant lui.

Mon cœur se serre, ma gorge se noue, mes jambes deviennent molles, incapables de me soutenir. Chaque pas qu'ils font l'un vers l'autre m'écrase un peu plus. Je le vois rire avec elle, alors qu'il y a quelques mois, il la critiquait.

Il disait qu'il la détestait... pourquoi ce sourire ? Pourquoi cette complicité ? Tout se brouille dans ma poitrine. La jalousie, la confusion et l'envie de disparaître se mélangent, me laissant seule dans un vertige que je ne contrôle plus. Pourquoi ? Pourquoi moi je reste là, il ne me l'a plus offert depuis des semaines ce sourire.

THE CURSED LOVEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant