34. La Justice

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« La justice est si injuste. »








EMRYS










Essex center, Brentwood.
Monday, February 25th
05:43 pm





La justice est si injuste.

— Madame Ilyn Lowery Emrys, avez-vous autre chose à dire ?

Je fixe le vide, les mains moites, le souffle court. Je sens mon corps trembler, incapable de rester en place. Assise, j'ai l'impression d'étouffer. Debout, mes jambes menacent de céder sous moi. Je ne veux plus passer par cette étape. Je ne veux rien.

Les regards sont partout, lourds, pesants. Chaque témoin, chaque avocat, chaque personne présente attend quelque chose. Un mot. Une réaction. Un aveu. Mais je ne fais que regarder, encore, encore.

Conne. Conne. Conne.

Je serre les poings sur mes genoux. Mon cœur bat trop vite, ma tête tourne. J'aimerais parler, cracher la vérité, mais ma gorge est serrée, comme si les mots refusaient de sortir. Pourquoi. Pourquoi.

Ils veulent une réponse. Ils veulent que je dise ce qu'ils attendent d'entendre.

Mais est-ce que ça changerait vraiment quelque chose ?

Est-ce que ça effacerait la douleur ? Est-ce que ça réparerait ce qu'il m'a pris ?

Je déglutis difficilement. L'air est trop lourd. Lourd. Lourd.

Depuis le début, je n'avais rien pu faire d'autre que respirer trop fort, laissant mon souffle s'écraser dans les oreilles de celui qui me défendait. Les mots restaient coincés, bloqués quelque part entre ma gorge serrée et ma poitrine qui se soulevait trop vite.

Je levai les yeux et je les vis.

Elias. Shaye.

Les deux seuls témoins venus pour moi.

Mon regard s'accroche à celui d'Elias. Ses yeux verts me fixent de loin, froids, vides, sans la moindre émotion apparente. Mais je le connais trop bien pour ne pas voir ce qui bouillonne derrière. Il est en colère. Pas à cause de ce procès, non... Pour autre chose. Et ça me stresse autant que la réaction de Dylan.

Tout le monde s'impatiente.

Derrière moi, les parents de Dylan ruminent, soufflant fort comme s'ils allaient exploser. Je peux sentir leur mépris sans même les regarder.

Et puis il y a Amaris et Kelly.

Leurs regards accusateurs me transpercent, me frappent, me fouettent d'un seul mouvement. Elles n'ont pas besoin de parler pour que je comprenne ce qu'elles pensent. Pour elles, je suis coupable, je suis une honte, je suis celle qui gâche tout.

Je serre les poings, mes ongles s'enfoncent dans ma peau. L'air devient de plus en plus lourd, comme si chaque personne dans cette salle voulait m'écraser sous le poids de son jugement.

Je me lève, sentant mes jambes trembler sous mon propre poids.

— Les accusations portées contre Dylan sont toutes vraies. Et les miennes aussi.

Ma voix résonne dans la salle, claire et tranchante, avant que le silence ne retombe brutalement.

Puis, aussi vite que mes mots ont glissé de ma bouche, je me rassois.

Mon cœur bat trop fort, mes mains moites serrent le tissu de mon pantalon. Je baisse la tête, évitant les regards qui me brûlent.

Le juge chuchote avec les personnes de la cour criminelle et le procureur, murmurant des mots que je ne peux pas entendre, discutant de la dernière sentence. Et j'avais peur.

THE CURSED LOVEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant