Chapitre 27

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Robert s’essuie la bouche avec une serviette et Catherine ne sachant plus quoi faire dit :

-Chérie, c’est une grande impolitesse de se lever de la table, tu sais...

-Catherine a raison. Lance Papa. Attend que je termine de manger, d’accord?

Toujours lui, qui essaie de contenter sa femme. J’observe ma belle-mère avec un regard qui veut dire « Tu as eu ce que tu voulais, contente?» et je tourne mes yeux verts émeraudes vers la vision de mon père. J’insiste du regard, mais j’abandonne et me remet à manger. Je déteste cette sorcière! Mais, pourquoi veut-elle du mal à  ma famille? Qu’es qu’on lui a fait?

Sur les mots de mon père, Catherine lui sourit en bougeant ses cheveux bouclés de gauche à droite. Le repas fini, ma belle-mère insupportable ouvre sa bouche.

-Sarah, j’aimerais te montrer quelques affaires que j’ai achetées l’autre jour pour toi. Dit-elle en se levant et en me faisant signe de la rejoindre.

Au début je la dévisage, mais son regard m’immobilise et mes pieds la suivent jusqu’à sa chambre où elle ferme la porte délicatement, comme si elle veut que personne sache qu’elle avait fermé la porte. Elle me pousse brusquement sur le mur en collant ses deux mains sur celui-ci près de mon épaule. Elle me regarde avec ses yeux menaçant et moi, qui l’observe terrorisé. Que fais-je? Je cris?

-Que sais-tu? Brise le silence la sorcière. Qu’à tu entendu? Je sais que tu caches quelque chose!

-Vous aussi d’ailleurs! Vous avez voulu tuer mon père. Ai-je lâché en la regardant droit dans les yeux, essayant de soutenir mes larmes, je veux lui montrer que je n’ai pas peur d’elle, que je suis plus forte qu’elle. Il faut que je l’affronte, que j’affronte l’assassin de ma mère.

-Écoute bien petite. Elle prend mes poignés en les serrant de toutes ses forces. Robert n’était pas le père parfait et non plus, le père que toutes petites filles rêvent d’avoir. Il a ses défauts... des grands, même. Dit-elle en me lâchant. Et c’est pour ça que j’ai fait ce que j’ai fait.

Je l’observe avec dégout. Je veux la tuer de mes propres mains, la voir souffrir, la voir me supplier de ne pas la tuer.

-Vous n’êtes qu’une pauvre salope. Et je lui crache sur son visage.

Elle me plaque au mur en essayant de m’étrangler.

-Tu refais ça et je te jure que tu n’as plus de figure! Ton père a fait beaucoup de chose qui m’a poussé à tuer ta mère.

J’avale ma salive plusieurs fois. Je vais pleurer, je sens mes yeux se remplirent d’eau, mais je respire profondément et je ne les sens plus.

-Qu’es que ma mère vous avait fait? Pourquoi vous avez détruit ma vie? Pourquoi? Dis-je en me plaquant sur la porte et en tombant par terre.

-Si tu parles de ça à ton père, je le tue et toi aussi, tu sais que j’en suis capable. Alors, silence... Répond-t-elle en collant son doigt sur ma bouche. Elle a l’air à s’amuser quand elle se retire de la pièce et moi qui explose en sanglot, des larmes qui perlent sur ma joue.

 Ma mère a été tuée par une femme qui vit dans sa maison pendant un an. Une femme qui a un cerveau pourri, malade. Pourquoi, je n’ai pas crié au début? Pourquoi je n’ai pas ouvert la porte et m’échapperait des bras de la sorcière? Allait-elle tué aussi mon père? Je vais me taire... Cette folle est capable de tout! Je sèche mes larmes et me refuge directement vers ma chambre.

Je lance un coup d’œil sur une photo où ma mère et moi apparaissons. Je souris une bonne minute et je pleure encore une fois. Tu serais encore ici avec moi, maman, à me flatter les cheveux, à me raconter des histoires, à me sourire... Tu ne sais pas à quel point je regrette quand je te défiais du regard et que je disais que tu m’énervais.  Quand je pense que j’ai partagé  un an ma maison avec la tueuse de ma mère. Mais, pourquoi l’avoir tuée? Pour rester avec mon père? Mais, alors pourquoi elle voulait le tuer aussi? Catherine Anderson, je te jure que je me vengerais de toi.

Je me sens si dégouté, si inutile, couché dans mon lit à ne rien faire. Il faut que je fasse justice. Fais-le pour Isabel. Fais-le pour ta mère. Me dis-je à moi-même. Et je ferme mes yeux...

Je sens dans mon dos qu’on me flatte et un baiser se dépose tranquillement sur mon front. J’ouvre délicatement mes yeux et voit mon père devant moi.

-Je suis au courant. Dit-il les larmes aux yeux.

Je le regarde droit dans les yeux et je m’assis à toute vitesse.

-Tu sais tout? Tu sais que Catherine a tué maman? Dis-je d’une voix étranglé.

-Oui. Il faut faire quelque chose!

Et c’est à ce moment où la porte s’ouvre violemment et on voit une silhouette qui rentre dans la pièce. C’est celle de Catherine qui nous pointe avec un pistolet.

-Pas pour longtemps. Dit-elle.

-NON! Je cris de toute mes forces et laisse mon poids tomber sur celui de mon père.

J’ouvre à moitié mes yeux. Du sang! Je vois du sang autour de moi! Oh mon dieu, Catherine l’a vraiment fait, elle nous a tué.

Je me réveille en sursaut et je tombe sur le regard de mon père. C’était un cauchemar. Simplement un cauchemar. Mes vêtements sont mouillés. On peut dire que j’ai eu une de ses trouilles et j’observe Robert terrifié.

-Ça va, chérie?

-Oui, un mauvais rêve, c’est tout.

Il place mes cheveux derrière mon oreille et dit :

-Tu voulais me dire quelque chose tout à l’heure?

J’observe de loin Catherine me faire signe de me taire avec un air amusé. Ma respiration soulève ma poitrine, effrayée, je secoue ma tête et ne la revoit plus. Je la cherche du regard.  Mon imagination qui me joue des tours.  

-Non... J’allais rien te dire...

-Alors, pourquoi m’avoir dit ça? Dis-moi pas que t’a recommencé à  «détesté Catherine»?

-Papa... Dis-je en m’approchant de lui. Il faut que je te dise quelque chose. Catherine n’est pas celle que tu crois.

-Sarah! J’ai eu un an à écouter ses plaintes de bébé et à un moment donné, il faut que ça cesse, compris?

-Elle voulait te tuer. C’est elle qui a conduit cette auto.

Il me regarde l’air déçu en avançant quelques pas vers la sortie.

-Pourquoi détestes-tu autant Catherine? Elle cherche juste à être heureuse avec moi.

-Il faut que tu me croies! Papa... ne dit rien à Catherine. Elle est capable de tout!

Il soupire et il disparaît.

Maudit destinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant