Chapitre 28

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Étrangler par la peur, je me cache dans ma couverture. Mon père ne me croit pas. Il va surement le dire à Catherine et elle va nous tuer. Pourquoi j’ai ouvert ma bouche? Si seulement j’aurais pu réaliser que Robert aurait réagis de cette façon, je n’aurais rien dit. Je me ronge les ongles et j’entends la porte de ma chambre s’ouvrir. J’échappe un gémissement de peur. C’est surement elle! Elle a déjà tué mon père et maintenant elle vient pour moi! Ça va se passer comme mon rêve.

-Lève-toi. Chuchote une voix. Celle de Catherine. J’espère que tu as rien dit à ton père...

Je fais un non de la tête, le menton levé et les yeux vers elle.

-Je t’ai vu l’autre jour avec le voisin, au parc. Vous aviez l’air de chercher quelqu’un. Bizarre, non? Dit-elle d’un ton divertissant en tournant autour de moi.

C’était le jour où Joshua et moi avions suivi Catherine au parc, mais elle n’était pas là. Elle nous avait vus avec l’inconnu! C’est pour ça, tout s’explique!

-Il fallait que je me rencontre avec quelqu’un et tu le savais. Et la question est : Comment?

Elle sait déjà la réponse, elle me le dit avec son regard.

- Je vous écouté parler avec une personne au téléphone. Je prends une pause. Je ne suis pas sûr de lui dire ce que j’ai en tête, mais sans me contrôler, j’ouvre ma bouche qui ne peut pas se contrôler dans les moments comme ceux-ci. Qui est cette personne? Est-ce que c’est Brad, le père de Joshua?

Elle s’arrête et flatte mes cheveux en riant.

-La curiosité est un vilain défaut, tu savais?

Je secoue ma tête et je ne sens plus ses doigts gravé sur ma chevelure.

-C’est moi qui est mise ses fameuses photos que tu ne savais pas d’où apparaissait. Ajoute-t-elle. La première, je me suis précipité subtilement dans ta chambre pendant que tu déjeunais avec ton fameux voisin, la deuxième, pendant qu’on regardait le film, je l’ai glissé sur ta poche sans faire de bruit.

J’ouvre ma bouche, surprise.

-Mais, ça vous ramène à quoi tout ça? C’est quoi votre lien avec Carol Smith?

-Ton père pourrait répondre à ta question. Mais, chuuuuut... Dit-elle en s’effaçant de plus en plus de ma chambre.

Mais que gagne-t-elle en déposant ses photos dans mon mur et dans ma poche? Une suspense qui va bientôt s’effacer quand j’aurais assez de courage pour l’affronter. Mais Catherine revient sur ses pas et me dit :

-J’avais oublié de te dire bonne nuit. Et m’embrasse la joue de ses lèvres humides et sales.

Je m’essuie ma joue  avec un geste de dégout.

- Tu sais, ton père c’était le destin qui nous a unis. Et elle se laisse emporter par un rire que je ne comprends pas. Non, mais sérieux, qui croirait ça? Ajoute-t-elle en reprenant son calme. Je l’ai suivi plusieurs fois, au bar, à la pièce de théâtre où je t’ai vu pour la première fois, au parc, etc...

Choquée, je ne bouge plus. Ce n’était pas le maudit destin que je croyais qui avait croisé le chemin de mon père avec celui de Catherine, c'est comme une raye de train : Elle va tout droit sans regarder derrière et tout à coup une autre raye se mélange avec son chemin.

-Vous aviez fait expert pour détruire ma famille. Mais, qu’es qu’on vous a fait?

Les yeux de Catherine se remplisse d’eau et me fait un bisou sur la joue et quitte la pièce. Je la suis du regard, intriguée  par tout ce qu’elle vient de me dire. Elle est venue ici pour une vengeance, ça c’est clair.

C’est le lendemain, Samedi, France a préparé le déjeuner, joyeuse comme toujours et moi tout le contraire. Avoir su que ma mère n’est plus avec moi à cause d’un monstre, d’une sorcière et tous les mots cruels qu’existent sur Terre m’a complètement immobilisé. C’est comme si je n’arrête pas de penser à ça. «Catherine est la tueuse de ta mère» Pense à chaque seconde mes pensées.

Je suis à table. Mon père et Catherine me rejoint par la suite, souriants. Comment cette madame-là peut sourire après tout ce qu’elle a fait à une pauvre famille sans défense? Comment elle peut embrasser un homme qu’elle voulait tuer hier matin? Elle a le cerveau pourri, cette sorcière.

Après le déjeuner, je sors à l’extérieur, j’ai besoin d’air, besoin de respirer. En quittant la maison, Catherine me fait son regard de tueuse, j’avale ma salive et pars dehors. Joshua est avec son cellulaire en train de taper dessus, assis dans ses escaliers. Il m’aperçoit enfin et dit :

-Allô, Sarah. T’as découvert d’autre chose sur l’inconnu? Il arrête de parler. Ça va? Tu es pâle comme une feuille.

-Oui. Pourquoi ça devrait aller mal? Dis-je avec un sourire forcé.

-Sarah. Dit-il en levant mon menton doucement, pour lui faire face à lui. Je sais quand quelque chose te tracasse. Tu peux me faire confiance, tu sais...

Je l’observe d’un air pas convaincant. Catherine va finir par le savoir et elle me tuera, comme elle la fait avec ma mère...

-Non, je n’ai rien.

Je veux tout lui raconter. Après que ma mère soit décédée, j'ai juré que je n'allais plus confier à personne, mais ce matin-là, quand j'ai vu ce garçon aux cheveux châtains en train de tapper sur son cellulaire, j'ai regretté ma promesse.

-Sarah! Cri une voix. Celle de Catherine. AH! C’est ma belle-mère, il faut que j’y aille.

-À plus...

Maudit destinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant