CHAPITRE 11 ~ Jalousies ( Pharell ) 1/2

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Étant donné l'état dans lequel se trouve Chrissy, je préfère garder mes distances. Elle passe la porte de chez elle mais ne la referme pas derrière parce qu'elle sait que je la suis. J'ai besoin de comprendre ce qu'il s'est passé et dans quelle mesure j'en suis la cause. À peine arrivé, je me suis pris en pleine face que tout était de ma faute. Je veux bien qu'on m'accuse quand j'ai tort ou quand je fais quelque chose que je n'aurais pas dû mais là, je ne sais absolument pas de quoi elle parle. Je me demande vraiment ce que j'ai fait, à moins que ce ne soit ce que j'ai dit. C'est dingue cette manie qu'ont les femmes d'avoir besoin d'un coupable masculin ! J'entre, referme derrière moi et me retourne pour m'adosser à la porte. Il vaut mieux que je ne m'approche pas plus, au cas où elle s'emporte.

— Bon alors, tu m'expliques ?

— C'est de ta faute, si seulement tu n'étais pas revenu dans sa vie !

— D'accord ! ... Waouh ! Ok !

Je me pince l'arrête du nez et me mets à rire du ton le plus amer qui soit. Je regrette presque de l'avoir suivi tellement ses propos sont mesquins.

— D'abord, c'est elle qui est revenue dans la mienne. Je ne savais pas qu'elle travaillait au bar avant qu'elle n'intègre l'équipe de nuit. Et même si elle ne se souvient pas de moi, je ferai tout pour qu'elle y reste cette fois, que ça te plaise ou non, je lui affirme avec plus de vigueur que je ne le voulais

— Excuse-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire

Elle pousse un long soupire puis me tend la main, m'invitant à la rejoindre dans le salon. Je m'avance doucement et me cale contre le mur à côté d'elle. Je vois bien que quelque chose la travaille alors je n'ouvre pas la bouche et la laisse prendre le temps de la réflexion.

— Parfois, j'ai tellement envie de tout lui raconter ! Ça arrangerait beaucoup de choses, tu sais

— Ouais ! Mais tu sais aussi bien que moi que ça nous soulagerait nous, mais pas elle !

— Je suppose que ça doit être compliqué de s'imaginer dans une vie racontée par d'autres, ne pas savoir si ce qu'ils disent est la vérité. Mais, en même temps, ça répondrait à toutes ses questions

— C'est sûr, mais tu m'imagines me pointer vers elle et lui dire ʺ tu sais le mec que tu vois dans tes rêves, celui avec qui tu penses avoir vécu et que tu crois être le père de ton fils, ne cherche plus tu l'as devant toi. Sinon, ça va toi ? "

Elle se met à rire en secouant la tête, barrant ses yeux de sa main. Puis ses épaules commencent à trembler et son sourire disparait pour laisser place à une moue mélancolique. Elle sanglote, laissant échapper de petits gémissements plaintifs.

— Je lui ai dit des horreurs mais elle ne m'a pas ménagé non plus

— Raconte-moi ce qu'elle t'a dit pour te mettre dans cet état

— Elle a enfin mis des mots sur ce qu'elle ressent pour toi alors je lui ai conseillé de foncer avant qu'il ne soit trop tard. Pour imager, j'ai insinué que si nous n'étions pas amies, j'aurais tenté ma chance avec toi. Et là, elle m'a balancé sa jalousie à la figure en me traitant d'handicapée de l'amour parce que je n'arrive pas à faire complètement le deuil de mon mari. Après tout ce que j'ai fait pour elle, c'est comme ça qu'elle me remercie !

— Je suis sûr qu'elle ne le pensait pas, Chrissy ! Elle tient à toi, elle reviendra

— Sauf que je ne sais pas si j'ai envie de lui pardonner si facilement. En plus, sans le vouloir, je lui ai laissé entendre que toi et moi on se voyait. Comment je vais lui expliquer que ça fait des mois que tu viens chez moi ?

Merde ! Si je m'attendais à ça ! En effet, trouver une explication risque d'être sportif. Sans compter qu'elle va me demander des comptes à moi aussi. Il va falloir que nous accordions nos violons mais pour l'heure, je dois me concentrer sur Chrissy dont les pleurs viennent de redoubler d'intensité.

— Viens là !

Je la fais basculer vers moi, enlace mes bras autour de son cou et pose ma joue sur sa tête. Elle me serre fort mais je la laisse faire, lui signifiant mon envie de la réconforter par un baiser dans ses cheveux. Elle s'écarte un peu et je regrette immédiatement ce que je viens de faire. Ancrant ses yeux aux miens, je comprends qu'elle a mal interprété cette marque d'affection. Elle se hisse lentement sur la pointe des pieds mais j'y mets un terme en basculant la tête en arrière, puis je la lâche. Elle recule d'un pas et fixe le sol.

— J'ai tellement besoin de l'amour d'un homme ! Tu vas surement ne pas comprendre et me trouver égoïste mais si tu savais à quel point j'envie sa vie ! C'est ma meilleure amie mais parfois je la déteste

Je n'en reviens pas de ce que je viens d'entendre. Nous les mecs, quand ça ne va pas entre nous, un bon coup de poing dans la figure suivi d'une explication et tout rentre dans l'ordre, nous passons à autre chose. Les femmes, elles, sont vicieuses et pleines de rancœur entre elles.

— C'est plutôt fort comme mot, surtout quand tu parles d'une personne que tu es censée aimer ! En effet, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce que tu lui envies. Si je fais un petit résumé de sa vie, elle s'est retrouvée seule à seize ans, orpheline d'une mère qui l'était aussi et d'un père brouillé avec toute sa famille. Elle s'est fait passer à tabac en pleine rue, la rendant amnésique. Elle a oublié toute la vie qu'elle commençait à se construite avec moi et se retrouve seule avec un petit garçon à charge sans savoir qui est le père ! Il n'y a franchement pas de quoi être jalouse !

— Des fois, j'aimerais être amnésique pour oublier la douleur de la perte de Connor. Elle a aussi la possibilité de revivre ce qu'elle a oublié parce que tu es là, tapis dans l'ombre. Et puis il y a ce petit garçon, preuve irréfutable de l'amour que vous vous portiez. Alors oui, c'est peut-être déplacé d'être jalouse mais elle a tout ce que j'ai toujours rêvé, l'amour de sa vie à côté d'elle et l'enfant que je ne pourrai jamais avoir

— Ta vie n'est pas fini. Tu n'as que vingt-huit ans. Tu peux encore retrouver l'amour et songer à l'adoption. Et puis tu sais, ça ne la rend pas plus heureuse pour autant. Elle a tout ce que tu veux et pourtant elle le vit seule. Elle n'a pas conscience de la deuxième chance qui s'offre à elle. Je n'aime pas ce que tu dis ! Vraiment ! Mais je peux comprendre, rien qu'un peu, parce que moi aussi parfois j'aimerais oublier que je suis tout près et pourtant si éloigné. En plus, si ça se trouve, nous ne retrouverons peut-être jamais ce que nous avions

— Justement, elle n'en veut pas de ce que tu lui proposes. Alors pourquoi tu ne passes pas à autre chose ? Je suis là moi, on s'entend bien tous les deux, non ? Argumente-t-elle en s'approchant de moi, posant ses mains sur mon torse. Moi je ne te repousserai pas !

Sans hésiter, je lui prends les mains et les mêle aux miennes en les posant sur ma poitrine. J'ai bien compris que ce qu'elle veut, ce n'est pas moi précisément. Elle recherche simplement un moment de tendresse masculine, chose qu'elle n'a pas reçu depuis des années. Malheureusement, je ne peux pas être la personne qui la satisfera et elle le sait très bien. Mais je peux lui accorder un geste, une seconde de laisser aller parce qu'elle en a besoin pour sentir que tout n'est pas perdu pour elle. Lentement, je me penche sur elle et pose mes lèvres sur les siennes, sans approfondir ni même bouger. Puis je me recule et lui souris.

— Nous savons tous les deux que ça ne peut pas marcher entre nous. Essayer quelque chose ensemble alors que l'objet de toutes mes pensées se trouve à seulement quelques mètres, ce serait juste une torture, pour toi comme pour moi

— Tu as raison mais ça me bouffe tellement de vous voir vous chercher sans jamais vous trouver ! Ce n'est pas facile d'être aux premières loges de ce gâchis. Bon, vas la rejoindre, je crois que c'est le moment de passer à l'offensive. Elle n'est pas loin de céder

— Après ce que tu lui as révélé, je n'en suis plus trop sûr ! Je vais lui dire que je viens te voir en tout bien tout honneur depuis l'anniversaire de Cameron, le jour où nous sommes censés s'être rencontrés pour la première fois, et que nous avons sympathisé

— Et quelle est l'excuse pour avoir gardé le silence jusque là ?

— Disons que, ces derniers temps, elle n'avait pas vraiment envie d'entendre parler de moi !

— Ça peut être crédible. Aller, file !

Rewound Love ~ Une Empreinte Au Coeur ( Tome 1 ) Des histoires addictives. Découvrez maintenant