Ma tête reposant sur son torse et mes jambes entrelacées aux siennes, je regarde les traits apaisés de son visage pendant qu'il dort. Je n'ai pas eu le temps d'enfiler autre chose que ma culotte. Quand j'ai voulu partir à la recherche du reste de mes vêtements abandonnés dans le garage, il m'en a empêché, prétextant une envie soudaine d'un dernier baiser avant de se rhabiller. Au moment où je me suis penchée sur lui pour accéder à sa requête, il m'a encerclé de ses bras puissants, m'a fait basculer sur lui et m'a maintenu fermement pour me contraindre à rester. Il faut dire qu'il n'a pas eu besoin de beaucoup insister pour que j'accepte de passer encore quelques minutes dans sa douce chaleur.
Je viens de vivre les deux heures les plus magiques de mon existence et je ne regrette pas une seule seconde d'avoir précipité les choses. Il m'a littéralement montré ce que c'est que de faire l'amour avec quelqu'un que l'on aime grâce à un subtile mélange d'érotisme, de passion et de tendresse. Il a été à la fois doux et sauvage, patient et indocile, pudique et lubrique mais complètement à l'écoute de ce que mon corps réclamait. Et, le plus important, à aucun moment je n'ai éprouvé de honte face à mon inexpérience.
J'ai découvert que la zone entre mes jambes n'était pas la seule à être assez sensible pour me procurer du plaisir. La sensation de bien-être provoquée par les assauts de sa bouche sur certains endroits de mon corps m'a aidé à lâcher prise totalement. Ça a été si intense, profond et naturel que je me suis sentie pousser des ailes.
Prise de pulsions frénétiques juste après un deuxième orgasme fulgurant, j'ai pris les reines en lui grimpant dessus. Comme possédée par l'instant, j'ai commencé à lui prodiguer des caresses dont je ne me serais jamais cru capable pour une première fois. J'ai agis au gré de mes envies et obéi à mon impulsivité. J'ai d'abord commencé par faire glisser ma longue chevelure tout le long de son corps nu, de haut en bas. Malgré la fatigue due à notre première étreinte, ses yeux se sont instantanément assombris et son corps a réagi comme je l'espérais.
En remontant en sens inverse, je me suis arrêtée au dessus de la partie de son anatomie dont j'avais fait connaissance en tombant à genoux devant lui tôt ce matin. Je pensais être intimidée devant la nudité masculine alors que cette vue m'a finalement mise en confiance et émoustillé. Ensuite, j'ai levé les yeux pour observer sa réaction. J'ai pu lire dans son regard une envie presque démesurée quand il a compris ce que je m'apprêtais à faire. Cependant, il me signifiait silencieusement que je n'étais pas obligée de lui rendre la pareille. Seulement, ce qui m'animait était bien plus fort qu'une simple peur de mal m'y prendre ou d'être complètement gauche. J'éprouvais un besoin viscéral de le toucher, comme si ce contact devenait indispensable à notre fusion.
Lentement, j'ai posé ma main sur son sexe sans le quitter des yeux et j'ai commencé à imprimer les mouvements de va et vient qu'il avait l'air d'attendre désespérément. Bizarrement, j'ai su immédiatement quels autres gestes pratiquer pour le rendre fou. J'ai même été surprise de mon audace quand j'ai remplacé ma main par ma bouche. Le cerveau est une drôle de mécanique. Même complètement dans le flou, il arrive à vous faire faire des choses dont vous avez totalement oublié la pratique. C'est un peu comme ce que l'on dit du vélo. Même sans en avoir fait depuis longtemps, la maitrise de l'engin revient tout naturellement comme si vous n'aviez jamais arrêté.
Et puis j'ai été prise de panique. Je me demandais quelle allait être sa réaction devant mon appétit sexuel grandissant et ma confiance face à un acte dont je n'étais censé plus rien connaître. En retrouvant le chemin de ses yeux, j'ai découvert qu'il ne me regardait pas simplement, ni ne me jugeait comme je le pensais. En fait, il me contemplait, m'admirait, m'adulait même. L'expression avoir le cœur gonflé d'amour a pris tout son sens. J'ai comme senti ma poitrine se soulever tel un ballon de baudruche rempli d'hélium.
Nous sommes restés un moment sans bouger à nous observer, comme si le temps s'était figé. Et c'est là que j'ai compris que, quoi qu'il arrive, mon avenir était devant moi, laissant mon passé hypothétique se désintégrer en un souffle. J'aurais juré voir mon visage se refléter au fond de ses pupilles, la marque de nos deux âmes enchaînées l'une à l'autre à jamais. Quand je pense que j'ai failli passer à côté d'une telle profondeur de sentiments à cause d'un simple espoir de voir mon passé refaire surface !
La lueur que j'ai pu observer dans le vert de ses prunelles m'a conforté dans l'idée que cette connexion immense que je ressentais n'était pas qu'à sens unique. Cette prise de conscience a remis en marche le cortex moteur de mon cerveau. Il fallait que j'agisse, et vite, pour ne pas perdre la magie de cet instant. Rassemblant mes forces décuplées, j'ai avancé de manière à m'aligner parfaitement sur lui mais il m'a surprise en s'asseyant dans le même élan. Passant ses bras sous mes cuisses, il m'a soulevé pour installer mes jambes autour de sa taille et, en un geste, a pris possession de tout mon être.
Si notre première étreinte s'était passée tout en douceur et en découverte de l'autre, celle-ci a été habitée de fougue et de passion. Nous n'étions plus dans la retenue mais dans l'abandon de soi, mettant un point final à toute tentative de retour en arrière. D'ailleurs, rien que le fait de penser à nos échanges verbaux me fais rougir.
Certes, lui non plus n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour exprimer son contentement mais les mots qui sont sortis de ma bouche m'abasourdissent encore. Je ne me souviens plus de tous mes propos mais je me rappelle très bien lui avoir demandé de me posséder au plus profond et de l'avoir supplié de m'en donner plus. Pour ça, j'ai eu recours à de petites phrases que l'on entend souvent dans les films pornos comme plus fort, je te sens ou encore montre-moi comme je t'appartiens. Tu parles d'une novice, une vraie dévergondée oui !
Après nos ébats, je n'ai plus pu bouger pendant un moment. Nous nous sommes effondrés l'un sur l'autre sur le canapé et, lui, s'est endormi presque instantanément après m'avoir laissé le temps d'enfiler ma culotte. Ce n'est pas pour me déplaire parce que j'avais vraiment besoin de faire retomber la pression. Croiser son regard trop longtemps tout de suite après m'aurait mise mal à l'aise. Je ne sais pas si c'est l'intensité du moment qui m'a donné cet aplomb mais, maintenant, je redoute de me trouver face à lui. J'ai tellement peu confiance en moi que j'en ai le cœur qui bat à force de stresser. Je me demande quel jugement il va porter sur moi maintenant que nous nous sommes donnés l'un à l'autre.
Être dans ses bras pendant qu'il dort a un côté très rassurant, comme si j'avais fait ça toute ma vie. Mais je n'arrive pas à m'empêcher d'angoisser sur ce que lui a ressenti. Il a une grande expérience des rapports amoureux et je crains qu'il ait fait semblant d'apprécier pour ne pas montrer son ennui. Alors je profite de son sommeil pour l'admirer et m'imprégner de son odeur si envoûtante comme si c'était la dernière fois que je pouvais le faire.
Du bout des doigts, je parcours les bosses irrégulières de ses abdominaux jusqu'à atteindre son torse. Je suis l'arrondi du sigle alpha de l'index, puis j'examine les chiffres romains apposés tout autour. Ce sont surement des dates. S'il les a gravé sur son cœur, il est évident qu'elles ont une importance capitale à ses yeux. À moins de lui en faire la demande, je n'ai aucun moyen d'en connaître la signification.
Celle qui se trouve au dessus ne me parle absolument pas mais celle placée près de son sternum à côté du sigle m'interpelle. XXVIII III MMXI, vingt huit mars deux mille onze. C'est, bien entendu, une coïncidence mais je reste perplexe devant la date de mon vingt-et-unième anniversaire tatoué sur sa peau. Si, pour lui, elle marque un évènement important dans sa vie, moi, je ne sais même pas ce que j'ai fait ce jour là. La seule chose qui est concrète pour moi est le fait que je vivais ici même, dans cette maison.
La curiosité l'emportant, je me penche un peu plus sur lui pour tenter de lire la troisième qui se trouve sur la gauche. Ce n'est pas évident mais j'arrive tout de même à l'apercevoir à travers le pansement transparent qui la recouvre. XX I ... . La sonnerie de mon téléphone me sort de ma rêverie mais je suis bien trop confortablement installée dans ses bras pour avoir envie de me lever pour décrocher. Cependant, le bruit l'a dérangé dans son sommeil et l'a fait bouger. Il vient de poser son bras au travers de son torse, ce qui m'empêche de finir ma lecture. Évidemment !
Comme je n'ai pas l'intention d'en rester là, j'attrape doucement son poignet et tente de soulever son bras sans le réveiller. Soudain, la sonnerie de mon téléphone retentit à nouveau et le même phénomène se produit. Tout en gardant les yeux fermés, il se met à grogner et essaye de se tourner face à moi. Je n'ai d'autre choix que de le lâcher quand il tire sur son bras pour plaquer le dos de sa main sous sa joue. Résignée, j'abandonne mon enquête et me place face à lui pour contempler son beau visage.
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Rewound Love ~ Une Empreinte Au Coeur ( Tome 1 )
RomansaOn dit de deux âmes sœurs qu'elles sont la moitié de l'autre et qu'un fil rouge les relie, les destinant à se rencontrer. Si, par malheur, elles ont été séparées, chacune aspire à retrouver la part manquante dont elle a gardé la marque dans sa chair...
