Il est temps de le dire, de le verbaliser et de le faire comprendre : je vais mourir. Pas partir. Pas m'éteindre. Pas m'envoler. Je laisse ces euphémismes à ceux qui veulent déroger à la triste réalité. I go to die. Voy a morir. Watashi wa shinde shimaimasu. Sie werden... Euh Ich werde sterben.
J'ai tenu pendant quelques années une espèce de rantbook où je ne racontais pas toute ma vie ni toute la maladie mais où je notais des impressions des faits notables, des réflexions... et j'ai réfléchi sur le sujet de la mort un peu comme précédemment sur la peur que nous en avons et si cette peur est légitime. C'est une réflexion personnelle qui me rassure pour "l'après" si tant est qu'il y en ait un. Donc je vous demande votre avis, à vous, lecteurs muets ou bavards (hein Ma Patate... Oui je parle de toi sale gosse dis moi ce que tu en penses fais marcher tes méninges pour l'année prochaine x))
Je vous laisse avec cette chose :
Date inconnue ~2014
On fait de la mort une réalité. Mais pour moi elle n est qu un concept. Une idée. Une allégorie en somme de la fin de l'existence. Et sous un état conceptuel, existe-t-elle réellement ?
Qui nous dit qu un au-delà n'est pas une résurrection. Ou simplement notre véritable naissance ? L'Homme connait la douleur au paroxysme de son innocence, là où aucun châtiment ne devrait être prononcé car l'être est alors lavé de tout péché. Dès ses premières secondes sur terre la souffrance de la vie s'abat sur lui. Qu'y a t-il de providentiel et de vivifiant en cela ? A l accouchement les premières bouffées d'air sont autant de coups de couteau qu'il en faut ^pour tuer mille hommes. La poussée des dents, les muscles qui s'allongent douloureusement les organes comme des rouages qui parfois interagissent mal... L'Humain dans sa construction est déjà bancal.
La mort quant a elle fait cesser tout ce mécanisme parfois défectueux, affaiblis par des maux tels que la maladie. Elle est Délivrance.
L'affliction des personnes qui restent est sans doute une petite forme de jalousie. Pourquoi lui a t il droit au repos éternel tandis que nous trimons et survivons avec son absence ?
Je ne veux pas mourir. J ai peur de mourir. Je viens juste de véritablement réaliser que cette pathologie peut me réduire a néant. Me faire disparaître. Et que le monde continuera de tourner rond. Sans moi et avec d'autres. Cette peur n est au final pas si éloignée de la xénophobie. Peur de l'étranger . De l'inconnu. Ma culture judéo-chrétienne d'une part m'a toujours appris à reculer devant la Faucheuse. D'autre part l'animisme m'a inculqué la sérénité, l'acceptation et le bénéfice de la mort dans toute sa splendeur dramatique.
Pourquoi craindre de fouler l'herbe du jardin d Éden plus que les sols arides et peuplés de serpents de notre terre ?
Le corps meurt c'est un fait. Et quelle mort... douce. On passe de la sensation à du vide. On cesse de souffrir. Même lorsque l'agonie est dure elle se solde d'une libération sans égal. Mais notre âme, elle, naît enfin et déchire ses poumons d un nouvel air de quiétude magistrale.
And then" we're all gonna die ". No ?
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Au Nom de ma Mère
PoetryOn se cabre, on s'insurge et on crache. Jusqu'au jour où ses yeux remplis de larmes coupables se ferment et que nos voix se taisent. La douleur de notre premier souffle surgit alors du plus profond de nos entrailles, lancinante et cruelle. Et nous...
