Ça faisait deux semaines que j'étais à l'hôpital et en sortir me faisait peur. J'avais peur qu'il me retrouve, j'avais peur qu'en fermant la lumière pour dormir, je sente son souffle chaud sur ma nuque. J'avais peur que, quand je partirai à l'école, tout le monde me montre du doigt en chuchotant que je suis une dévergondée ou même complètement une pute!
Il m'avait complètement et irrécupérablement démolie. Je craignais tous les hommes, même James, même mon père. Je n'ai pas vue le visage de mon kidnappeur, mais je savais qu'il était en liberté, je savais qu'il me cherchait, mais je ne savais pas qui il était, s'il était blanc ou noir, mais je savais une chose, il était mince, grand et ses mains étroites était munies de longs doigts fins, mais solides.
Je pris une grande respiration et regardai les lieux pour la dernière fois. C'est ce que j'aurais voulu croire.
Durant mon séjour ici, j'ai découvert qu'il m'a rendu vulnérable. Il m'avait détruite au point d'en perdre la raison. Je craignais maintenant le noir et je craignais les hommes. J'avais honte de mon dos et de mon corps qui était devenu mince. Je savais que quatre jours ne suffisaient pas pour devenir un squelette, mais j'avais déjà la peau sur les os.
Mon père prit mes valises et les apportèrent dans l'ascenseur. Il portait son veston-cravate habituel, c'était comme si rien ne s'était arrivé, mais c'est arrivé, malheureusement.
Je n'avais pas dit un mot depuis que je suis arrivé ici. Je n'avais confiance en personne, même plus en moi. Les gens croyaient me comprendre, mais personne ne pourra jamais comprendre, jamais. Il y avait la chanson de Lady Gaga qui me trottait dans l'esprit à chaque fois;
" Til it happens to you, you don't know
How it feels
How it feels
Til it happens to you, you won't know
It won't be real
No it won't be real
Won't know how it feels"
(Jusqu'à ce que ça ne t'arrive, tu ne peux pas savoir
Ce que ça fait
Ce que ça fait
Jusqu'à ce que ça ne t'arrives, tu ne sais pas
Tu ne l'as pas vécu
Non, tu ne l'as pas vécu,
Tu ne sais pas ce que ça fait)
Soudainement, cette chanson avait prit un autre sans dans ma tête. Je ne faisais pas juste comprendre les paroles, mais je les approuvaient, je les ressentaient et je les vivaient.
La porte de l'ascenseur s'ouvre devant nous et nous étions les trois à la réception. Maman. Papa. Moi. Quand je marchais, je ne voulais pas que les gens me regardent, j'avais tellement l'impression d'être nue, j'avais l'impression que tout le monde savait qui j'étais et ce qui m'était arrivée, mais j'avais d'avantage l'impression que tout le monde pouvait voir mon dos démoli.
Mon corps était devenu tellement lourd, comme si mon esprit était emprisonné à l'intérieur. Je voulais m'arracher la peau pour me sentir mieux, mais je ne pouvais pas.
Dans la rue, il y avait des photographes et des journalistes qui voulaient m'interroger sur les événements, mais j'y ressentais que du dégoût. Les journalistes ne sont que des vermines sans filtre.
Ma mère me poussa dans le dos pour m'embarquer dans la voiture. Je me retournai et lui lança une gifle. Je n'ai pas été capable de me retenir. Je la regardai avec des yeux désolé et elle me regardait en me disant qu'elle comprenait. Notre chauffeur démarra et les flashs des photographe s'arrêtèrent enfin.
Si mon père n'était pas Jack Maxwell, rien de tout ça serait arrivé. Il est multimilliardaire et il était respecté partout dans le monde pour ses exploits incroyables dans le domaine de la finance. Il avait sauvé de la pauvreté des milliers de familles et sa compagnie, qui est en héritage depuis quatre générations, n'a jamais perdu son titre, mais je savais bien que c'est à James qui allait hérité de cette compagnie, jamais une femme s'est retrouvée sur le siège de papa.
J'étais sur le côté de la fenêtre et je regardai dehors. Maman était assise à côté de moi et papa vers l'autre fenêtre. Pas un mots étaient partagés. Hugo, le chauffeur, avait mit la radio.
Je pouvais maintenant voir la maison de ma fenêtre et mon coeur oublia soudainement de battre. J'attendais se moment depuis tellement longtemps. Ici, personne ne pourra me déranger, personne ne pourra me toucher et si j'en ai envie, je ne sortirai plus jamais de ma chambre, c'est d'ailleurs ce que j'ai fait. Je n'ai même pas pris mes valises et je me suis précipitée dans ma chambre, j'ai barré la porte et j'ai ouvert tous mes rideaux pour laisser toute la lumière possible, pareil pour la salle de bain. Je me couchai dans mon lit et regardai le plafond. Ma chambre ne sentais pas le soufre comme dans le sous-sol, mais elle sentais la lavande. Cette odeur m'avait manqué. Mon lit m'avait manqué, mais j'avais pas faim et mon dos me faisait atrocement mal.
Je regardai mon réveille-matin et il était 8h. Je voyais bien que la lumière était partit, mais j'avais fermé tous mes rideaux et allumer toutes mes lumières.
Une personne cogna à ma porte? Je fis le saut, mais j'ai immédiatement remarqué que c'était une petite main faible qui avait cogner, c'était probablement ma petite soeur Gaby qui venait pour me voir ou peut-être James.
«-Alice... maman voulait que je t'apporte quelque chose à manger, tient, le souper.»
Je me concentra pour articuler un son, mais elle finit par dire qu'elle allait mettre l'assiette sur le sol et allait empêcher Rupert (son chat) d'aller manger dedans.
Je l'entendis s'éloigner et je sortis de mon lit pour aller chercher l'assiette. Il y avait un passé mexicain, probablement cuisinier par Madeleine ou Johanne. Je préférais la cuisine de Madeleine, c'était meilleure et plus raffinée. Il y avait également une salade césar qui ornait le tout. Mon ventre réclamait l'assiette d'une manière que j'aurais qualifier de violente.
Ça faisait maintenant une semaine que c'était comme ça, quelqu'un cognait à ma porte pour m'annoncer que mon dîner était prêt et le déposait sur une petite table que James avait installée, mais aujourd'hui, il y avait quelques choses de spécial, une lettre clairement écrite par papa.
" Ma chérie, je t'écris cette lettre car il n'y a aucun moyen que tu nous entendes. J'ai commencé à te chercher un garde du corps et j'ai fini par en trouver un, le plus jeune de tous, mais qualifié et très réputé.
Il est en-bas.
Papa"
Un garde du corps? Un homme? Qui dit que c'est pas lui qui m'a kidnappé? Je suis persuadé que « jeune », pour lui, c'est 30 ans. Mon coeur battait supper vite. Je ne pouvais pas. Je ne voulais pas. Je n'avais pas le choix. J'étais habitué qu'il y ai des garde en permanence dans la maison, mais de là à dire qu'il en aura un juste pour moi m'a donné la nausée.
À suivre...
VOUS LISEZ
My bodyguard
Romance«-Tu m'aimais? -Je croyais que tu l'avais deviné... dis-je en versant une larme. -Tu m'aimais? -Oui, je t'aimais. -Comment as-tu fait pour tomber amoureuse d'une personne qui n'avait rien à t'offrir? -Comment as-tu fait pour tomber amoureux d'une...
