Les vacances de Noël étaient enfin là. Pendant deux semaines il y avait eu un froid entre Jace et moi. Logan, lui, avait contredit la rumeur.
Il y avait ce vide en moi, ce vide je ne souhaitais que remplir. L'enquête sur mon kidnappeur avait avancé, nous étions à deux doigts de lui mettre la main dessus. Nous savions qui il était, mais nous ne savions pas où il était.
J'étais dans mon bain et je regardais l'eau bouger en harmonie avec mon corps. Le bruit de l'eau avait toujours su me calmer. Mon téléphone sonne et je réponds.
«-Allo.
-Allo, te souviens-tu de moi? Alice?
-Qui êtes-vous?
-Comme je suis triste que tu m'ailles oublié. Je ne t'ai jamais oublié, moi.
-Bon sang!
-J'ai envie de toi, as-tu envie de moi? As-tu aussi faim que moi?»
J'étains mon téléphone en l'échappement dans l'eau. Folle de rage, je le prend, je le dépose sur le bord du bain, je me lève en enroulant ma serviette autour de ma taille et je le lance de toute mes forces. Je savais qui il était. C'était encore lui. Il ne voulait pas que je l'oublie, comment oublier ce monstre?
Je cris toutes les choses qui me passaient à l'esprit quand je pensais à mon kidnappeur. Les larmes coulaient sur mes joues et je m'effondre sur le sol froid de ma salle de bain.
Des pas se firent entendre dans ma chambre et la porte de la salle de bain s'ouvre. Jace m'aide à me lever et entreprend de ramasser mon téléphone brisé sur le sol.
«-Pourquoi as-tu fait ça, Alice?
-Il m'a appelé.
-Qui ça, il? demanda-t-il confus.
-Devine, génie.»
Une seconde ses yeux me regardaient avec colère, l'autre avec surprise.
«-C'est lui? il t'appelle souvent? sais-tu où il est? que sais-tu?
-Oui, c'est lui. Non, c'est la première fois que je lui parle.»
J'étais sous le choc. Sa voix qui disait mon nom. Alice. Alice. Alice.
Je ne pouvais plus sentir mon coeur battre dans ma poitrine. Il avait probablement réussi à me tuer via le téléphone, une partie de moi voulait que ce soit le cas.
Il prend une serviette et met tous les résidus du téléphone à l'intérieur. Il ne voulait rien brisé d'avantage. Il met le sac de côté et me regarde. J'ai compris que c'était la première fois qu'il me voyait aussi dénudé, mais j'étais un morceau de viande, mon prédateur a bien le droit de me dévorer, le boucher m'a déjà tout enlevé.
Il était sérieux comme jamais, comme s'il était concentré. Il ne regardait nul part ailleurs que mes yeux.
J'avais les cheveux complètement mouillés, le visage rongé par les larmes et uniquement vêtu d'une serviette. Il s'avance vers moi et me demande de prendre des grandes respirations, mais mes grandes respirations ressemblaient plus à de l'hyperventilation.
J'étais de dos au miroir, et lui était face à moi. Il regarde dans le miroir et je vois sa mâchoire se crisper. Je savais maintenant que je serais à tout jamais un monstre à cause de lui, mais malgré ma panique, je pouvais constater que ce n'était pas du dégoût que Jace avait, mais de la tristesse et de la colère.
-C'est lui?
Il m'avait demandé ça et sa voix semblait plus grave que jamais.
Sa mâchoire se contracte et me demande de me tourner, ce que je n'ai pas fait. Il devait partir et me laisser seule, mais j'avais l'impression que, s'il me laissait seule, il allait arriver dans la salle de bain, venu de nulle part, et me prendre de nouveau.
Il finit par aller de lui-même en arrière de moi. Il passe son doigt sur ma cicatrice la plus large, elle qui me touche l'épaule. Mon coeur battait si vite que je ne savais même plus si tout ça était réel. Il devait partir. Vite.
Sa tête se colle à mon cou et ses cheveux me piquaient. Pars! Pars! Pars!
Il dépose ses mains sur mes épaules, traçant des cercles invisibles sur celle-ci. Je baisse ma tête par en avant d'une infinie lenteur. Je garde les yeux fermés.
-Je ne peux pas arrêter de penser à toi...
Il dépose un doux baiser sur ma nuque. Ses lèvres étaient si douces, mais j'avais les images de mon kidnappeur qui jouaient en boucles dans ma tête. Je me rappelle encore du bruit du fouet qui flagelle mon dos. Alice... Alice... Alice...
Je voulais tellement qu'il parte, mais mon corps disait le contraire. J'avais chaud, si chaud. Je voulais tellement l'oublier. Je m'y suis abandonnée.
Je me tourne vers lui et je regarde son si beau visage. Je ne voulais pas l'oublier. Je voulais penser à Jace, pas à lui. Sans faire de mouvements brusques. Je me met sur la pointe des pieds et dépose mes lèvres sur les siennes.
Depuis deux semaines, mon unique but est d'éviter Jace et de m'informer sur les recherches. Betty est au courant de tout et elle me disait que j'avais raison. La meilleure chose que je ne puisse jamais faire à Jace est de l'éviter. Une fois que mon kidnappeur sera en prison, Jace devra se trouver un nouveau poste et ce n'est pas avec une relation beaucoup trop étroite avec son premier sujet qui va l'aider.
D'une façon bien que trop théâtral et gênante, la serviette a glissé sur le sol. Je tente cacher ma nudité, mais j'ai vite fait de me cacher un minimum avec la serviette.
Son visage était tellement rayonnant que je ne savais pas quoi faire. La situation avait déjà trop dégénéré.
-Tu m'évite depuis deux semaines, j'ai donc droit à des excuses...
Tendit qu'il regardait mon corps comme s'il ne voulait pas oublier les détails, je me suis excusé.
-Je mérite plus que ça.
Il regarde ma serviette comme si celle-ci était la pire des choses que la Terre a connu. Il la glisse entre ses doigts et l'apporte à lui.
-Je ne te toucherais pas, ce n'est pas professionnel, mais je prend seulement compte de tes blessures, donc retournes-toi.
Je me tourne et j'ai senti son regard de feux sur mon dos, mes fesses et mes cuisses. Comme il se foutait de mes cicatrices. Il me demande de me retourner pour me redonner ma serviette, mais il me regarde attentivement avant. Aucune seconde ne s'est écoulé après qu'il m'a redonné ma serviette et que je me cache derrière.
-Merci.
Il part de la salle de bain super tendue, mais heureux comme un enfant. J'étais encore persuadé que tout ça était un rêve et que j'allais me réveiller, mais j'étais contente d'avoir rêvé à ça. Ça faisait différent car mes rêves étaient toujours dans cette cave sentant le soufre.
Je décroche à ma plus grande surprise un sourire. Comme je voudrais toujours faire ce genre de rêve...
À suivre...
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My bodyguard
Romance«-Tu m'aimais? -Je croyais que tu l'avais deviné... dis-je en versant une larme. -Tu m'aimais? -Oui, je t'aimais. -Comment as-tu fait pour tomber amoureuse d'une personne qui n'avait rien à t'offrir? -Comment as-tu fait pour tomber amoureux d'une...
