chapitre 18

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Paradise était absolument craquante. Elle était toute mignonne, surtout quand elle s'engueulait avec Timoty en lui reprochant d'être immature. Elle agissait avec Raise et Nym comme s'ils étaient ses frères et soeurs. Ils étaient donc très proches. 

Mais malgré ce petit rayon de soleil, l'ambiance au repère était sombre, tendue. Ça faisait déjà trois semaines que l'équipe d'Aïdric était partie en mission et ils n'étaient toujours pas revenus. N'aidant en rien à l'inquiétude des membres du repère, ils avaient perdu toute communication avec Aïdric. 

Raise s'inquiétait pour Nash. Il avait déjà perdu sa mère, elle ne savait pas comment il réagirait s'il perdait son père en plus. De plus, elle avait promis à ce dernier de prendre soin du jeune homme. Ce soir-là, elle décida donc d'aller cogner à sa porte. Elle attendit un moment sans réponse avant de recogner. Lorsque son poing s'abattit de nouveau sur la porte, elle entendit un lourd soupir et un grognement.

- Ouais... entrez.

La voix de Nash retourna les entrailles de la jeune femme. Ça faisait si longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu. Elle avait presque oublié à quel point elle était magnifique, même quand il se contentait de parler. Elle resta donc ainsi, plantée devant la porte, paralysée par cette voix. Après quelques secondes, elle se reprit en main et ouvrit la porte. Elle vit Nash, effondré sur son lit. Il ne la regardait même pas, les yeux fermés, un de ses horribles joints au bec. D'ailleurs Raise remarqua que le cendrier sur la table de chevet débordait, et encore c'était peu dire. L'unique fenêtre de la chambre était ouverte, permettant d'évacuer toute la fumée qu'il libérait avec ces «cigarettes». Raise resta debout, ne sachant trop que faire. Elle décida de lui faire remarquer sa présence en s'approchant de lui.

Nash était persuadé que c'était sa tante qui venait encore le déranger. Mais lorsque la personne s'approcha de lui, son coeur s'arrêta, sa respiration se coupe et son entrailles se retourne. Il en a presque la nausée. Ce parfum naturelle si enivrant, cette aura si pleine de chaleur, si pleine de bonté... Il voulait ouvrir les yeux pour la regarder, voir ses magnifiques cheveux roux tomber en vagues sur ses épaules, sa peau pâle et ses yeux si magnifiquement vert. Mais il avait peur d'ouvrir les yeux et de se rendre compte que ce n'était qu'un rêve. 

Raise restait donc planté là tandis que le jeune homme ne savait quoi faire. Il fini par ouvrir les yeux et découvrir le regard vert qu'il espérait tant voir. Mais ce regard était horrifié. 

- Raise...

La jeune femme était figée. Nash n'était plus que l'ombre de lui même. Il avait les yeux cernés et injectés de sang, son teint était presque gris et il était maigre, beaucoup trop maigre. Cette vision horrifia profondément la jeune femme, même si, malgré ça, il gardait une certaine part de sa beauté. 

- Oh mon Dieu, Nash, mais qu'est-ce que tu te fais?

Le jeune homme baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de Raise. Il savait qu'il y lirait de la déception fasse à sa faiblesse, à comment il dérapait. C'était toujours ça. Et il ne pouvait pas l'affronter une fois de plus, pas venant d'elle. Venant de son père ou de sa tante, il pouvait, mais pas elle. 

- Regarde-moi... S'il-te-plait... murmura Raise.

Il releva les yeux vers la jeune femme et ce qu'il vit dans son regard le désarçonna. Il n'y avait pas de déception, non, il y avait une grande tristesse. Pas de pitié, de la volonté d'aider. Cette fille le surprendra toujours. Elle était si pure, si bonne... sa présence était, pour lui, plus addictive que ses drogues. Il avait vainement tenté de combler le manque en augmentant ses doses, mais ça n'avait fait qu'empirer la situation.

Dreamers (Premier Jet)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant