Aujourd'hui.
Peter ne ferme pas l'œil de la nuit. La jeune femme semble s'être calmée peu à peu. Peut-être est-ce mauvais signe, peut être devrait-il s'inquiéter. Mais il est si épuisé, qu'il ne s'en formalise pas et s'allonge, de l'autre côté du lit. Celui qui est collé au mur. Ils sont un peu serrés, alors Peter la calle contre lui, en finissant par s'endormir. La vieille femme entre dans la chambre et le secoue doucement par l'épaule.
« Vous pouvez y aller, je vais prendre le relais.
-Merci. » Il se redresse doucement, comme pour ne pas la réveiller, et va se coucher dans son propre lit. Lorsqu'il se réveille, c'est bien plus tard, mais surtout parce qu'il a senti quelqu'un s'allonger près de lui.
« Sasha ? Qu'est-ce que tu fais là ?
-Bah... je me couche avec toi... comme d'habitude, pourquoi ? Ça te dérange ? » Peter s'empresse de secouer la tête. Elle sourit et l'embrasse avec toute la tendresse de son cœur. Mais celui du jeune homme n'y est pas. Il se sent mal-à-l'aise. Au début de la journée, il dormait avec Elizabeth, pour se retrouver dans les bras d'une autre. « Depuis combien de temps Sasha est l'autre femme ? » Se demande-t-il au bout d'un moment. Il sort du lit et se change, vaguement irrité par sa propre réflexion.
« Tu y vas déjà ? » S'étonne-t-elle, une moue accrochée au visage. Peter regarde la rousse, qui semble dépitée. Comment lui expliquer qu'il a juste envie de courir loin d'ici ? Il sort de la pièce en trombe et passe prendre des nouvelles de la brune. Il se sent mal de l'avoir laissée toute seule. Il entre, sans frapper. La gouvernante sursaute, avant de se remettre dans sa position confortable de personne aux cheveux grisonnants, le nez dans son tricot.
« Peter ! » L'Horlogère murmure son prénom frénétiquement, en secouant la tête de droite à gauche, de gauche à droite. Le jeune homme lui prend la main, ce qui a pour conséquence de la calmer un peu. Annabelle se lève, son barda plein les mains.
« Vous devriez lui parler. » Conseille-t-elle doucement avant de sortir.
« Elizabeth ? Vous m'entendez ? Elizabeth ? Lizzie ? » A ce nom, la main de la brune se serre dans la sienne.
« Si vous m'entendez, faites-moi signe. » Elle se cambre et hurle, des larmes ruissellent même le long de ses joues. Il la clame et soupire, tout en passant ses doigts rugueux sur son front tendrement :
« Je suis désolé. Il faut que tu te réveilles. Fais-le pour Marilyn, pour Charlotte... Fais-le pour moi. Je t'en prie Elizabeth. Reviens pour moi. » Il l'embrasse, comme on embrasse une poupée de verre, ou encore comme on embrasse une princesse endormie dans les contes de fées. Il prend la feuille, prise à la jeune sorcière avant de venir. Les lettres tremblent, bougent, se modifient. Il regarde son doigt. Sa bague ! C'est sa bague qui concentre son énergie. Il regarde l'Horlogère, le sourire aux lèvres. Il l'embrasse de nouveau.
« Merci. Tu es géniale. » Et il sort de la chambre précipitamment.
« Tu es géniale...
-Attends ! Peter ? » Elizabeth regarde autour d'elle.
« Peter ! » Elle passe ses doigts sur ses lèvres et redresse la tête. « Sortir d'ici... »
« Mais comment ? » Demande-t-elle à l'obscurité, qui ne répond que par son silence habituel, et impitoyable.
« PETER ! » Elle se remet à hurler, sans pouvoir sortir de la prison qu'est devenue son corps. Toute sa colère commence à se réveiller et elle sait qu'elle doit se calmer pour qu'ils puissent la sortir de là. Dire qu'elle s'est fait avoir comme une débutante... Elle serre les poings.
« Tu ne paies rien pour attendre Catherina. »
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L'Horlogère
ParanormaleDepuis longtemps, elle veille à l'équilibre du monde, guerre après guerre, horloge après horloge, sans jamais se défaire de sa bague, ni de son passé. Mais au fond, qui est réellement Elizabeth Albert? Si vous avez joué avec le temps, sachez qu'il e...