8 heures plus tard.
« Bonjour, je suis ici de la part d'Elizabeth Albert. » Les trois personnes se lèvent rapidement. L'apparition de la jeune noiraude semble surprendre, surtout lorsque toutes les portes sont verrouillées.
« Vous devez être Peter. » Elle sort de sa poche une bague avec un saphir.
« Si vous arrivez à me dire si c'est une vraie, je vous emmène. » Il la prend, ferme les yeux. Mais rapidement, il les rouvre, profondément inquiet.
« Il faut lui rendre, si sa sœur l'attaque...
-Ça, c'est déjà fait et elle l'a mis dans un sale état, vous pouvez me croire. » Le visage de Peter blanchit.
« Venez avec moi. » En quelques minutes, elle le conduit chez elle. Ils trouvent la brune de dos, face au mur, des aiguilles d'horloge à la main, aiguisées comme des lames. Elle les lance une par une, sur une cible pour fléchettes. Un hématome sur son omoplate droite camoufle presque l'encre de son tatouage, à peine visible sous son t-shirt noir à bretelles croisées dans le dos.
« Elizabeth ? » Elle se retourne à demi. Sa lèvre fendue et son arcade ouverte semblent moins sauter aux yeux que son bleu sur la joue. Il panique :
« Qu'est ce qu'il s'est passé ?
-Catherina est en ville. Elle nous envoie des fleurs. Ah, et elle est ravie de me revoir. » Chaque fin de phrase est marquée par un lancer d'aiguilles brutal, qui apparaissent une à une dans ses mains. Il lui tend sa bague, qu'elle envoie valser de rage contre le mur. Elle grimace de douleur et soupire, devant l'effarement des deux jeunes personnes.
« On fait quoi maintenant ?
-Vous êtes la seule personne à pouvoir la tuer.
-Ouais, ben, pour l'instant, je suis plutôt bien amochée. Je ne pense pas qu'elle reviendra tout de suite. Je lui ai bien prit vingt ans. » Elle lève le bras et lance une nouvelle flèche.
« Comment ça ?
-Je lui ai volé, sous le coup de la colère, je... » Elle débite ses mots et s'arrête, face à la jeune fille dans l'incompréhension. Elizabeth se passe la main sur le visage, l'air profondément lasse, ramasse sa bague inerte au sol et se redresse avec douleur.
« Il faut que j'aille chercher des affaires chez Harry. D'ici, on est à combien de temps du Canada ?
-Je ne sais pas. Je vais me renseigner.
-Merci Peter. » Puis, se souvenant de quelque chose, elle le retient :
« Attendez. » Elle va chercher quelque chose et revient, un bijou en main. L'Horlogère lui glisse l'anneau en argent au doigt.
« Elle est connectée à la mienne et enduite d'un sort de protection. Ne la retirez sous aucun prétexte. Compris ? » Il hoche la tête avant sortir à la hâte.
« Les saignements ont repris. » Marmonne-t-elle en soulevant le bas de son maillot.
« Que signifie-t-il ? » Demande Marilyn en pointant le symbole chinois à moitié caché par la ceinture de son jean. Elle n'avait pas put poser la question précédemment puisque la principale concernée ne lui aurait dit pour rien au monde dans l'état où elle était arrivée.
« Il signifie : « guerrier libre ». Je l'ai depuis mes seize ans.
-C'était il y a longtemps ?
-T'as pas idée. » Elle marque une courte pause.
« Je ne vais pas t'apprendre la magie des livres que tu as ici.
-Pourquoi ?
-Parce qu'elle est mauvaise. » Réplique l'Horlogère. Elle remet un pansement neuf et poursuit :
« A mon époque, on découvrait les sorts tels que vous les utilisez aujourd'hui. C'était en gros de la magie pour les nuls. Donc pour le coup, ils sont très médiocres. C'est comme utiliser de l'encre pour stylo plume au lieu d'utiliser de l'ancre de chine, l'encre du stylo finit par s'effacer parce qu'il est... Comment tu disais hier soir ? Bas-de-gamme. Non, sais-tu pourquoi on a arrêté d'apprendre la magie ancestrale aux sorciers en herbe comme toi ? » La jeune sorcière secoue la tête.
« On dit qu'elle était dangereuse maintenant. En fait, elle était si puissante et les gens si ambitieux que ça les détruisait. Ils s'entre-tuaient, ou voulaient dominer le monde. Mais bien apprise, elle ne résiste à rien. Je ne t'apprendrais que la magie ancestrale parce qu'elle seule peut te sortir de n'importe quelle situation. Et en plus, si un jour tu as un apprenti, la magie ancestrale perdurera. » Marilyn sourit.
« On commence quand ? »
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L'Horlogère
ParanormalDepuis longtemps, elle veille à l'équilibre du monde, guerre après guerre, horloge après horloge, sans jamais se défaire de sa bague, ni de son passé. Mais au fond, qui est réellement Elizabeth Albert? Si vous avez joué avec le temps, sachez qu'il e...