[Marco XR] Run

7.3K 316 61
                                        

(Correction réalisée par HikariAlpha, merci beaucoup à toi! <3)

Vous étiez nouvelle sur le navire de l'empereur, qui, même s'il paraissait intimidant la première fois qu'on le voyait, était en fait l'homme le plus gentil que vous ayez jamais rencontré. Et pour cause: il vous avait offert une famille. A vous, petite mendiante affamée, vagabondant dans les rues mal fréquentées de votre île natale, rejetée de la société.

Vous étiez donc là, sur le pont du bateau le plus grand que vous ayez jamais vu, avec son capitaine, qui était à l'échelle de son navire: gigantesque. Comme certains -pour ne pas dire la plupart- des autres membres d'équipage.

Vous peiniez à contenir votre euphorie. Vous ne teniez plus en place, voulant explorer chaque recoin de votre nouvelle maison, et rencontrer chaque membre de votre nouvelle famille. Sautillant dans tous les sens, vous accostiez chaque personne passant un peu trop près de vous, en leur criant votre nom et à quel point vous étiez heureuse de faire leur connaissance. Si certains se demandaient si vous aviez encore toute votre santé mentale, la plupart répondaient joyeusement à votre introduction pour la moins.... énergique.

Ainsi, vous aviez rencontré la quasi-totalité des commandants de flottes. Ne manquait à l'appel que le plus important: celui de la première division, Marco, à ce que vous aviez compris. On vous avait dit qu'il était occupé sur un autre navire, mais qu'il reviendrait sûrement pour la fête organisée le soir même pour la nouvelle recrue: vous-même.

Vous attendiez donc patiemment -ou non- la tombée de la nuit, votre jambe sautant nerveusement. Si nerveusement que vous faisiez trembler la table sur laquelle vous étiez en train de manger votre premier vrai repas depuis.... vous n'arriviez même plus à vous rappeler.

Évidemment, tout le monde n'était pas très heureux quant au fait que leur boisson ne reste pas sagement au fond de leur verre. Et il en était de même pour leur nourriture.

-Oi! La nouvelle! Tu peux arrêter de t'agiter cinq minutes, juste le temps qu'on finisse de manger? J'aimerais bien pouvoir finir mon assiette sans devoir manger sur la table, râla un de vos collègues.

Vous arrêtiez alors de balancer votre jambe, seulement pour taper le même rythme avec vos doigts sur la surface en bois. Impossible de vous arrêter, vous étiez beaucoup trop excitée.

Le même gars qui vous avait fait la remarque précédente sembla vouloir dire autre chose, clairement en train d'essayer de calmer ses nerfs et de trouver comment vous dire GENTIMENT d'arrêter, tandis que les autres autour essayaient, quant à eux, de se retenir de rire.

Il ouvrit la bouche, semblant avoir réfléchit à ce qu'il pourrait bien vous dire, mais sa voix se perdit dans celle beaucoup plus forte qui criait à s'en déchirer les cordes vocales: "TOUS SUR LE PONT! PARTY TIME!!"

Et avec ça, tous ceux présents dans le réfectoire se précipitèrent vers la sortie, hurlant et se bousculant afin d'atteindre la porte au plus vite. Vous, évidement, étiez dans les premiers. Et vous aviez oublié depuis longtemps l'incident survenu il y a quelques secondes à peine. Le pauvre homme poussa un long soupir. L'on entendait vaguement un cuisinier hystérique crier au loin, dans le boucan qu'était devenu la cantine.

Dehors, il faisait déjà nuit noire. Mais le pont était illuminé par des centaines de lanternes qui envoyaient une clarté chaleureuse sur les formes qui dansaient déjà, un verre à la main.

Quelqu'un vint vous attraper par le bras, vous entraînant sur la "piste de danse" improvisée, vous mettant d'office une chope de bière entre les doigts. Vous dansiez volontiers, gagnée par la fièvre du moment. Jamais vous n'aviez autant ri de votre vie.

Puis, soudainement, une forme traversa le ciel, brillante de mille feux. Les acclamations s'intensifièrent, tandis que ce qui ressemblait à un gros oiseau volait dans la nuit étoilée. Les yeux fixés sur l'apparition, vous étiez sans voix, et bouche bée. C'était la chose la plus magnifique que vous ayez jamais vue. De longues ailes bleutées, comme le reste de son corps qui semblait être fait de flammes. Mais pas n'importe quelles flammes: de magnifiques flammes bleues et jaunes, une vraie merveille! Vous n'arriviez pas à trouver les mots, il ressemblait à....

Un coup dans vos côtes vous ramena à la réalité. Vous tourniez votre tête pour tomber sur un torse, puis sur une autre tête tandis que vous leviez la vôtre. Un homme aux cheveux couleur corbeau vous souriait de toutes ses dents, faisant ressortir les taches de rousseur sur son visage. Ace, si votre mémoire était bonne.

-Alors la nouvelle? T'as vu ça? Il est pas super classe?

Vous, de votre côté, n'aviez toujours pas récupéré l'usage de votre voix, mais hochiez la tête de haut en bas, des étoiles dans les yeux. Ace rigola encore plus fort face à votre air ahuri, et vous poussa vers l'oiseau géant qui venait de se poser sur la rambarde du navire, la foule pressée autour de lui.

Vous avanciez d'un pas peu assuré, toujours concentrée sur le volatile. Tant de prestance se dégageait de lui. Vous arriviez à sa hauteur, la bouche et les yeux grands ouverts. Ace, qui vous avait suivi, pris la parole:

-Voilà la petite nouvelle! Et voilà Mar-

-UN POULET! UN POULET GÉANT!!

Votre cri strident fit s'arrêter toutes les conversations autour de vous, et leurs têtes se tournèrent vers l'origine du bruit. Tous paraissaient choqués.

Vous aviez toujours vos étoiles dans les yeux, votre bouche grande ouverte et.... de la bave...?

L'oiseau paraissait méfiant tout d'un coup, et se décala d'un pas sur la rambarde, l'air aux aguets.

Puis, de nulle part, vous sortiez un petit couteau et commenciez à avancer lentement vers lui. Jusqu'à ce que vous vous élanciez dans sa direction d'un seul coup en hurlant "A table!", ce qui le fit écarquiller les yeux avant de s'enfuir sur le bateau, vous le poursuivant avec votre couteau, le brandissant de façon menaçante (assez menaçante du point de vue du pauvre "poulet", en tout cas).

Ainsi, pour le restant de la soirée, vous l'avez passée à courir après votre futur repas, en lui criant de revenir et de se laisser manger pacifiquement, que vous ne lui feriez aucun mal.

Autant vous dire qu'il ne s'est jamais arrêté.

             

----------------------------------

                  

Le lendemain, vous arriviez dans le réfectoire, pleurant toujours la fuite de votre repas de la veille. Vous vous asseyiez à table, à côté d'une personne que vous n'aviez encore jamais vue: il avait des cheveux blonds coiffés en ce qui ressemblait à un ananas, si l'on demandait votre avis sur la question. Ainsi qu'une chemise violette ouverte. Plutôt mignon, vous deviez le reconnaître.

-Bonjour! Enchantée de te rencontrer, je suis la nouvelle!

L'homme arrêta de boire et tourna son visage vers vous, l'air ennuyé. Quand ses yeux se posèrent sur vous cependant, il eut une réaction que vous n'aviez pas prévue: il recracha tout le contenu de son verre sur celui qui était en face de lui, provoquant un "hé!" indigné de ce dernier.

Puis l'homme à la coiffure ananas se leva en vitesse, et se dirigea en courant vers la sortie, comme s'il avait le diable en personne à ses trousses. Vous laissant là, confuse, vous demandant si vous aviez fait quelque chose qui aurait pu lui faire peur. Et, sans que vous ne compreniez pourquoi là aussi, tous ceux présents, et surtout Ace qui semblait sur le point d'étouffer, se mirent à rire, de plus en plus fort...

One Piece x Reader // One -Shots (Volume I)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant