Nice baie des Anges... 2/2

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Edmée

Du bruit dans la cuisine, des casseroles qui s'entrechoquent, me sortent définitivement de ma nuit.

Le temps d'attraper mon téléphone pour regarder l'heure qu'il est, et en profiter pour vérifier si Mat m'a envoyé un message. Comme c'est le cas mon sourire s'agrandit. Je lui réponds rapidement avant de me lever, pour rejoindre mon père qui est déterminé à ne pas vouloir me laisser dormir.

Je m'arrête, devant le spectacle que m'offre la cuisine.
Un champ de bataille.

— Tu cherches à te reconvertir ?

À ma question, mon père se retourne, un large sourire nait sur son visage fatigué. Cela ne fait que quatre mois que je ne l'ai pas vu, mais je trouve qu'il a vieilli, de nouvelles rides ont fait leur apparition sur son front quand il le plisse, et il me semble que sa crinière si brune se parsème de plus en plus de fils d'argent. Mais malgré tout ça mon père est un très bel homme.

— Bonjour ma chérie, désolé pour le bruit, me dit-il tout en s'avançant les bras tendus.
Je me blottis contre mon père, en me disant que cela m'avait manqué.
— Bonjour papa. Ce n'est pas grave t'inquiète, mais j'espère que le bruit est à la hauteur des saveurs...

Son rire éclate, alors qu'il me donne un baiser sur mon crâne, et j'en profite pour me serrer un peu plus contre lui et respirer son odeur si familière. C'est bon de se retrouver dans ses bras, même si depuis la disparition de maman, nous nous sommes un peu éloignés, et puis j'avais Mathias, l'amour de ma vie, mais mon père reste un roc sur qui je peux compter. Pour autant, je n'en oublie pas ma mission, celle d'en savoir un peu plus sur notre déménagement précipité, mais pour l'instant je profite de ce moment.

— Tu as besoin d'aide ? demandé-je en évaluant les dégâts.
— Non, c'est bon, je veux te préparer un petit déjeuner digne de ce nom ! Je te dois bien ça pour me faire pardonner mon absence d'hier. Je suis désolé ma chérie, mais Louis tenait absolument à m'entretenir d'un nouveau projet...
— ... Louis Weber ? Il est ici ? Dis-je étonné.
— Oui Louis Weber... Tu en connais un autre avec qui je suis associé ? ironise-t-il. Et non il n'est pas à Nice.Tu es toute bizarre, ça va ?
— Hum !

Je me défends contre mes pensées qui veulent y voir une coïncidence, mais pas moi. Depuis que Mathias lui a tenu tête lors de ce dîner en présence de Milane et de son père, je ne peux pas m'empêcher de croire qu'il va tout faire pour nous séparer. Il n'a sûrement pas apprécié que Mathias lui tienne tête. Ce qui me conforte dans l'idée, qu'il va falloir que je tire un maximum d'informations à mon père.

— Edmée ? Tu m'écoutes ?
— Pardon, tu disais ?
— Si tu veux après le repas, on file passer la journée dans l'arrière pays, comme tu aimes tant !
— Ça marche.

Et sans plus attendre, nous passons à table, mon estomac criant famine, ce qui fait sourire mon père.

— C'est plutôt bon ! affirmé-je la bouche pleine.
— Tu es trop bien élevée ma chérie.
— Ce soir tu as prévu quoi pour le réveillon ?
— J'ai tout commandé chez le traiteur, c'est plus sûr.
— Tu sais, j'aurais pu cuisiner !
— Non, tu es là que pour quelques jours. Tu repars quand d'ailleurs ?
— Le trente, il faut que j'aide Salomé à préparer la soirée du nouvel an ! Et puis je reprends le travail le deux.
— Tu sais que tu n'es pas obligée de bosser...
— Stop papa, on ne va pas recommencer avec cette discussion !

Mon père soupire, mais ne cherche pas à argumenter. Il connaît mon point de vue et mon entêtement.

— Comment vont les enfants Weber ?
— Vous n'avez aucun contact professionnel ?
— Très rarement... Je suppose que tu as revu Mathias ? Même si il ne vit pas avec vous...

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