12. Le code

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Le vent frais claquait contre les antennes TV des toits. Silencieusement perchés sous l'une d'elle, quatre silhouettes observaient les quaies encombrés de la Mott Haven. Des hommes chargeaient et déchargeaient d'énormes caisses qu'ils tiraient d'un bateau marchand. Ses lumières étant éteintes, il était impossible d'identifier l'embarcation; les travailleurs, eux, étaient reconnaissables entre mille.

C'était les Foots.

- Mais qu'est-ce qu'il foutent? Demanda Raphaël d'un ton las. Ça fait des jours qu'on les regarde décharger des trucs lourds.

- Patience Raph, chuchota Léo.

De fait, les tortues revenaient pour comprendre leur organisation. Jusqu'ici, ils n'avaient vu que les sous-chefs, et des cargaisons de toutes sortes. Un mutant errant leur avait causé quelques soucis, ils en avaient vu de loin, mais rien de trop dangereux: c'était souvent des chats de gouttières qui avaient dû lécher du mutagène quelque part ou marcher dedans.

Quoiqu'il en soit, chaque fois qu'ils tentaient de suivre les Foots, ils les perdaient toujours au détour du stade de football. La fratrie s'impatientait.

- Ça donne quoi, Donnie?》 Souffla Léo, qui ne quittait pas les Foots des yeux.

- Je ne comprends pas...》 grogna l'intéressé. 《Mes lunettes thermiques devraient pouvoir suivre leur trace même à plusieurs mètres, mais leur empreinte corporelle s'efface dès qu'ils atteignent le stade.》

- Et en moins compliqué?》 Demanda Mikey en se grattant la tête.

- Ils disparaissent complètement des radars à partir du stade.》 Résuma Donnie, habitué à réexpliquer.

Léo plissa les yeux, concentré. Il essayait de deviner dans la pénombre la silhouette fine de Karaï: c'était en vain. Il se redressa.

- Attendons-les directement au stade.》 Décida-t-il. 《Go!》

Raphaël décolla aussi sec, suivi de près par Donatello et son radar thermique. Quant à Mikey, Léo le retint en tirant sur son sweat.

- Tu as fait ce que tu avais à faire, dans la station?》 Le testa-t-il d'un air suspicieux.

Le ninja orange plissa les yeux, contrarié. Ni sa mission, ni le manque de confiance de son frère ne lui plaisaient.

- Ouais.》 Dit-il simplement.

Il tira sur son sweat pour se libérer puis s'élança sans attendre, laissant Léonardo seul sur le toit.

Ce n'était pas toujours simple d'être leader...


Ce n'était pas très fair-play, mais Léa avait décidé de retourner interroger son fantôme.

Cela faisait quelques jours qu'entre deux visioconférences et deux pauses dessins, la lycéenne s'acharnait sur les articles de presse.
Mais c'était comme si quelqu'un avait effacé M. O'neil du serveur: aucun autre article que celui qui relatait l'attentat en trois lignes ne parlait de lui.
Lili avait alors tenté de fouiner un peu dans les affaires de son père pour trouver un quelconque dossier sur le scientifique, mais là non plus, ses recherches n'avaient pas abouties. Il avait dû se débarrasser du dossier pour les protéger, lui et sa famille.

Alors, elle avait opté pour le plan B.

Grelottant dans la nuit fraîche, Lili se faufila entre les voyageurs du métro en guettant d'éventuels smileys. La veille au soir, elle était descendue à sa station habituelle, dont le néon avait été réparé, pour donner rendez-vous au fantôme avec un petit mot sur le mur. Accompagné quand même d'un dessin pour illustrer: un policier qui réfléchissait.

Quai n°77 Bis [TMNT fiction]Des histoires addictives. Découvrez maintenant