Marc commençait à fatiguer sérieusement.
Randy et lui se battaient déjà depuis un moment, mais aucun ne parvenait à faire plier l'autre. Le directeur tentait de rétablir le courant, son collègue s'empressait de l'en empêcher et chaque fois, ils se retrouvaient au milieu de la passerelle. Or, Randy bloquait la sortie. Si Marc voulait s'enfuir, il devrait le battre d'abord.
- C'est trop tard. » L'apostropha-t-il en haletant. « Les cellules sont ouvertes. Ça ne sert à rien de me garder ici. »
- Tais-toi ! »
Renold fonça une quantième fois vers le policier, qui se jeta en avant pour esquiver. Cette fois, c'était la bonne : il fonça vers le bord de la passerelle et l'avait quasiment atteint lorsqu'une vive douleur lui déchira soudain la jambe. Marc tomba et se tourna en grimaçant : Randy venait de lui lancer un shuriken dans le mollet.
Pressé de s'enfuir, il l'arracha en poussant un cri puis se redressa tant bien que mal, son supérieur sur les talons. Il parvint à lui échapper en roulant brutalement en avant, lui envoyant son pied dans la figure par la même occasion. Randy se tenait le nez quand le brigadier se redressa pour s'enfuir. Vite, il se jeta sur la porte et poussa de toutes ses forces pour l'ouvrir, puis se dépêcha de la refermer une fois passé. Comprenant qu'il allait être enfermé, Renold courut vers lui en hurlant, la main tendue en avant, mais il était trop loin. La dernière chose que Marc vit de lui fut son visage ensanglanté à cause de son nez cassé. La porte se referma lourdement et le brigadier s'empressa de la verrouiller.
- Ouvre cette porte ! » Hurla Randy en tambourinant dessus de l'autre côté. « Tu es un homme mort, tu m'entends ? Si jamais tu remets les pieds ici, tu ne ressortiras pas vivant ! »
Marc n'attendit pas la fin de son discours, il s'enfuit avant que trop d'agents ne viennent dans les parages. Heureusement pour lui, le directeur de la Ligue l'avait sous-estimé : il était venu seul dans les sous-sol, si bien que le policier n'eut pas de mal à atteindre l'ascenseur. Il se tourna vers la porte du générateur avant d'entrer dans l'appareil.
- Je ne comptais pas revenir, de toute façon. » Marmonna-t-il avec un pincement au cœur.
Puis il laissa l'ascenseur l'emporter vers les étages supérieurs. Il savait que là-haut, s'enfuir serait une autre histoire.
**
Lili courut avec les derniers mutants dans les tunnels qui menaient au repère, éreintée. Maintenant que l'adrénaline était un peu retombée, elle avait mal partout. Donnie était dans un état plus mauvais encore : elle ne savait pas ce que les agents de la Ligue lui avait fait, mais il semblait ne plus voir où il allait. April le soutenait en courant avec lui, la mâchoire crispée. Tout le monde était épuisé.
Finalement, ils bifurquèrent vers une plaque d'égout déjà ouverte depuis laquelle Casey les incitaient à sortir : il aidait les mutants les plus mal en point à se hisser sur l'échelle tandis que les autres s'enfuyaient dans la nuit. Il les dirigea vers un bâtiment abandonné, dans un coin peu fréquenté de Manhattan qui avoisinait le repère. Lili monta à son tour, aussi vite qu'elle le put avec son bras en écharpe. Elle haletait bruyamment.
- Encore un effort ! » L'encouragea Casey.
Elle se força à sourire et attrapa la main qu'il lui tendait pour sortir, puis s'écarta pour laisser passer April et Donnie. Après eux, il n'y avait presque plus personne. Ils durent se mettre à trois pour hisser Donatello hors de l'ouverture : le pauvre n'avait plus de force dans les bras et semblait peiner à coordonner ses mouvements. Léa s'inquiéta à l'idée qu'il ait des lésions cérébrales à cause de tests trop violents. Elle secoua la tête pour s'éclaircir les idées : au loin, les sirènes de police retentissaient déjà. La ligue avait dû avertir la centrale que des individus dangereux sortiraient dans le quartier.
- Allez Donnie. » L'encouragea-t-elle en se glissant à côté de lui pour l'épauler aussi. « On y est presque. »
Elle serra les dents pour tenir le choc et, clopin-clopant, ils rejoignirent les autres mutants dans le rez-de-chaussée de l'immeuble. Il était vaste, heureusement. Léa aida Donnie à s'asseoir puis s'accroupit devant lui avec April, inquiète. Elle sortit une petite lampe de sa poche qu'elle avait emmené au cas où puis la leva devant les yeux du ninja pour vérifier ses réflexes rétiniens.
- Ça va, tu m'entends bien ? » Demanda-t-elle en vérifiant un œil après l'autre.
- Ça va, je ne vois pas grand-chose sans mes lunettes. Je suis juste étourdi par leur scanner. Ils m'ont fait faire beaucoup de tests. » Expliqua Donatello en cillant. « Mon équipement a dû les intriguer. »
Il fit un sourire fatigué tout en balayant l'endroit du regard. Léa avait compris qu'il aurait aimé que ce soit April qui le soigne, mais la jeune femme ne quittait pas Casey des yeux tandis qu'il faisait le tour de l'endroit. Leatherhead, quant à lui, regardait chaque recoin pour vérifier que l'endroit était sûr. Donnie émit un petit rire nerveux.
- Vous êtes tous venus ? » Demanda-t-il alors que l'alligator s'approchait.
- Pas tous. Raphaël récupère encore de ses blessures. » Expliqua Lili.
- Je vais voir Casey. » Déclara soudain April en se relevant.
Léa observa la rouquine, surprise, puis secoua la tête. Les sentiments, c'était vraiment trop compliqué.
- Il y a une cinquantaine de nouveau mutants. » Déclara Leatherhead en s'asseyant à côté d'eux. « Comment te sens-tu, Donatello ? »
- Bien, mais je ne serais pas très efficace pour la patrouille nocturne de ce soir. » Se désola-t-il.
- T'inquiète, on peut la faire, avec Casey et April ! » Le rassura Léa en bombant le torse. « Mais laisse-moi passer un coup de fil, avant. »
Comme il hochait la tête, Lili s'éloigna vers l'entrée pour appeler sa mère. Dès qu'elle décrocha, l'adolescente s'empressa de lui indiquer leur emplacement et de préciser l'état des mutants les plus blessés, un œil sur la plaque d'égout. Gabrielle semblait distante, au téléphone.
- Je ne suis pas d'accord pour que tu te mette dans des situations aussi dangereuses.} La tança la vétérinaire, un brin de panique dans la voix. {Passe-moi ton père, j'ai deux mots à lui dire.}
- Heu...en fait, il est toujours dans le laboratoire. » S'excusa Lili, penaude.
- Quoi ? Il n'est pas sorti avec vous?}
- Non. »
Un silence s'installa durant lequel la respiration sifflante de Gabrielle occupa le combiné. Elle finit par reprendre la parole d'une voix plus ferme.
- J'arrive. »
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Quai n°77 Bis [TMNT fiction]
Fiksi PenggemarVous avez déjà été ami avec un fantôme? C'est le cas de Léa, qui peint en cachette dans la station Lexington, sur le quai n°77 bis. Du haut de ses 14 ans, rêveuse et naïve, elle aime le dessin, la musique, et surtout, elle aime sa famille... Intrigu...
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