Il est 16h, Lucas se pose sur le canapé avec son verre de lait, la maison est silencieuse et c'est tant mieux. Il a besoin de réfléchir, cette solitude est la bienvenue. Son père passe le week-end avec un collègue dans la somme, il s'en moque à vrai dire.
Son regard se perd dans le lointain, il repense à cette nuit passée dans les bras de Gabriel.
Ce dernier l'a rejoint dans l'appartement de Puteaux et lui a révélé son envie d'aller plus loin et Lucas n'a pas hésité. Pourquoi se prendre la tête puisqu'il le voulait tellement ?
Je vais lui donner le meilleur de moi-même avec tellement d'amour, il ne pourra plus se passer de moi.
Baissant les yeux sur ses mains, Lucas se mordille les lèvres, il est complètement perdu. Il a vécu des moments si forts, si puissants dans les bras du beau blond ! Gabriel est un dieu au lit, patient, tendre et en même temps si passionné. Lucas aurait voulu que la nuit soit éternelle, il ressent encore les coups de reins puissants de son compagnon et entend encore ses plaintes rauques si sensuelles. Il revoit son visage, transfiguré par la jouissance, alors que lui-même se perd corps et âme dans les affres du plaisir dans un long cri sans fin.
Le réveil fut brutal.
Lucas laisse échapper un petit sanglot, il a une boule au ventre, les émotions le submergent. Mais quel imbécile ! Que pensait-il? Que l'autre tombeur allait lui rendre ses sentiments ?
Tu as été si naïf mon petit, ou prétentieux ?
Tel Icare, Lucas, attiré par l'astre magnifique, a volé et espéré...L'impossible! Gabriel est une statue de glace, beau en surface mais froid à l'intérieur, incapable de ressentir l'Amour, ni pour lui-même, ni pour les autres.
Ils ont baisé, point.
Lucas lui a donné sa précieuse virginité, son cœur et son âme dans chacun de ses gestes, Gabriel a tout pris et est parti au petit matin, sans un regard.
Le séraphin a volé près du soleil et s'est brulé les ailes, sa chute est rapide et douloureuse.
Oui, maintenant il peut dire qu'il n'est plus innocent, à son plus grand regret. Une profonde amertume l'envahit, il a joué et il a perdu.
Je l'aime.
***
C'est noël dans une semaine, Florent pose le regard sur son fils, avachi sur le canapé devant la télé.
Depuis son week-end à Deauville, il ne reconnait plus son petit et ça lui fait peur. Taciturne et muet la plupart du temps, Lucas souffre et son père impuissant ne sait pas quoi faire. Les yeux rouges et la mine déconfite de son fils en disent long sur son état d'esprit. Bien sûr, le gosse refuse de lui dire la cause de cette subite dépression, mais il se doute bien que son fils vit sa première peine de cœur.
Alors pour mettre les choses au clair, il va se tourner vers Pascal, il sait que Lucas se confie beaucoup à celui-ci et espère en savoir plus. Ce soir il mange chez lui et sincèrement il veut savoir quel connard a osé nuire à son fils.
Pas touche à mon bébé.
***
Habituellement son jogging du vendredi soir lui permet de se détendre, ce soir c'est raté.
Pascal est nerveux, pour la première fois il ne sait vraiment pas comment se comporter avec Florent. Celui-ci arrive dans une heure et le prof n'a aucune envie de se fâcher avec lui, il a carrément le cul entre deux chaises. D'un coté il a Lucas, qui pleurait encore sur son épaule le matin même, et de l'autre son papa poule !
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Revivre
Roman d'amourPascal est libre, blasé et séducteur. Homosexuel déclaré et revendiqué, il sème l'amour et le chaos dans les couloirs de la fac où il enseigne et soulève les jeunes hommes comme les chasseurs tirent le lièvre. Florent est un homme aigris, il n'at...
