Chapitre sans titre 2

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A peine la moitié de ce long round de cinq minutes et mon souffle se fait plus court. Normal, ce fut intense depuis le tintement de la cloche marquant le début du combat.

Un bref moment de répit dans ces échanges de coups ; mes bras avaient rougi sous ses poings. Léo, dit « Killer-boy » tapait comme un sourd avec tout son poids. Mais je n'étais pas en reste ; mes low-kick et middle-kick lui avaient meurtri ses jambes et ses côtes.

Peu rapide et la garde trop haute laissaient beaucoup d'ouvertures ; trop pour un boxeur moyen. Ce qui lui a valu pas mal de défaites dans son palmarès.

J'affichais un 100% pour un seul combat et bonne élève, je ne voulais pas faire tomber ma moyenne.

J'avais esquivé pas mal de ses crochets et directs. La plupart de ceux que je n'esquivais pas, mes bras les encaissaient. Une ou deux fois, ses poings avaient trouvé mes côtes ; ce fut douloureux et cela ne m'aidait pas pour reprendre mon souffle.

Mais mon travail de sape fonctionnait : « Killer-boy » haletait comme un bœuf dont il avait la corpulence. Et il grimaçait. De pas rapide, Léo avait rétrogradé à lent. Ses déplacements et ses appuis s'en ressentaient. Ses coups perdaient en puissance.

Le colosse aux jambes d'argile avait perdu de son arrogance. Et cela me plaisait et même beaucoup.

Une inspiration et une expiration de plus et j'avance sur lui. Décidée, je ne l'attends plus. Je ressens un plaisir indicible à le frapper, je le sens à ma merci. Les élancements au niveau de mes tibias, couverts d'hématomes, ne me gênent pas ; au contraire. Je me dis si cela me fait mal, cela fait encore plus mal à l'autre. Je frappe et redouble mes low-kicks encore plus forts.

Les muscles de ses cuisses se déforment sous les impacts de mes coups de pieds. Et tels des claquements d'une batte de baseball sur la chair, leurs bruits retentissent sur le ring et dans les premiers rangs des spectateurs. Ces sons et les gémissements de mon adversaire électrisent tout mon corps.

Je martèle l'intérieur de ses genoux. « Killer-boy » atteint sa limite de ce qu'il peut supporter ; sa jambe gauche se dérobe sous lui, il perd l'équilibre. Le colosse tombe de son piédestal, pour se trouver à genou à mes pieds. Il met son bras droit au sol pour amortir sa chute ; le côté gauche de son visage n'est plus protégé.

Je replie la jambe vers l'arrière pour armer ma frappe. Puis, comme un ressort, je pivote et le percute ; genou contre pommette.

Des éclaboussures de sang se retrouvent sur mon articulation, une plaie s'ouvre sur le visage de mon adversaire qui s'écroule sur le sol.

J'ai retenu mon coup ; le combat n'est pas terminé. J'ai envie de le détruire mais lentement, en prenant mon temps.

D'un mouvement puissant, le bras gauche musculeux de l'arbitre m'écarte sans ménagement de « Killer-boy ». Je recule sagement vers le coin opposé du ring, pour le laisser compter.

Le public exulte mais mon attention est orientée vers l'homme assis au premier rang près de moi. Son visage n'exprime ni plaisir, ni émotion, d'une impassibilité de marbre.

En revanche, il m'observe. Nos regards se croisent, brièvement.

Le sang de mon adversaire ne le satisfait pas entièrement, il doit attendre le mien. Et je vais donc le contenter. Je vais assouvir les attentes du maitre du réseau SM de Montgomery la Puritaine et capitale d'Alabama. Cet homme, qui répond au nom de Jim Shelby, est celui qui a tué ma famille. 

LA BOXEUSE SMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant