Chaud est un conte d'été, un conte d'amour, un conte d'amitié.
Un conte de langueur, de longueur, de torpeur.
Un conte mystique, un conte de renaissance et de reconnaissance.
C'est un conte de renouveau, de guérison, c'est un conte... où il fait juste chaud.
Plus que tout, c'est un conte d'entre-deux. Les personnages évoluent dans un espace liminaire, tous différents qu'ils sont, ils se retrouvent en vacances pour passer à autre chose, pour tourner une page de leur vie et avancer. Ce pas se matérialise près de la mer. J'aurais pu choisir n'importe quel autre endroit entre deux mondes, mais j'ai fait le choix de vous emmener près de chez moi, quelque part sur le littoral vendéen.
Pour vous parler de Chaud, une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler de moi.
En commençant cette histoire, j'avais envie de travailler sur l'érotisme, parce que c'est un aspect de l'écriture où je considère que j'ai des lacunes. Tout le but c'était de « faire monter la température », d'où la division des épisodes. J'avais envisagé cette super histoire où les gens profitent des vacances pour explorer leurs corps, leurs sexualités, leurs sensualités. Comme on dit de nos jours : mdr.
L'histoire a finalement pris un autre tournant, au fur et à mesure que je déroulais les passés et les caractères de mes personnages. J'ai pris conscience qu'ils partageaient tous cette particularité : celle de vivre entre deux. Cyanne et Jérémie sont entre la maladie et la santé, Ilyès entre le fait de s'assumer complètement et les quelques personnes à qui il n'a pas fait son coming-out, Danaé entre l'amour et la haine, et Siloë entre ses sentiments et sa raison. D'une manière générale-, tous ces héros sont coincés entre le passé et le présent. Les personnages se trouvent dans ces espaces liminaux, ces zones de transition où on attend, passif, qu'il se passe quelque chose, sans savoir quoi, ni comment faire changer les choses. Peu à peu, plus la canicule avance, plus la chaleur harassante les force à (se) bouger : ils doivent chercher l'ombre, littéralement et métaphoriquement. Ils sont obligés d'avancer.
Commence alors la seconde moitié du roman avec son autre thème principal : la renaissance. Je voulais écrire à ce sujet depuis un moment déjà, sans savoir comment l'aborder. Comment est-ce qu'on revit ? Comment les expériences du quotidien nous transforment ? Pourquoi je suis si différent(e) de qui j'étais il y a deux ou trois ans ? La renaissance n'est pas, pour moi, un événement qui nous foudroie comme l'orage, ou comme le rituel de Madeleine et Rosa. C'est un processus, c'est une flopée de conversations avec les autres et avec soi-même. Les deux semaines du roman ne sont pas assez, mais ils présentent l'amorce d'un tournant.
En fait, si mon envie de base – celle de travailler sur l'érotisme – a échoué, je pense que c'est parce que mes réflexions actuelles m'ont rattrapé. Je ne parle pas souvent de moi, ni de ce que je fais. L'année dernière, pendant le confinement, j'ai arrêté mes études. C'était une décision difficile, parce que j'ai toujours placé l'estime que j'avais de moi dans ma capacité à « tout réussir », surtout sur le plan scolaire. D'arrêter (d'ailleurs, au début, je disais « abandonné », comme si c'était un échec en soi), c'était plongé dans l'inconnu, et terrifiant. Depuis, je suis dans la vie active et je profite de mon temps libre pour continuer d'écrire (non, je ne vis pas de l'écriture), mais malgré tout, j'ai encore l'impression d'être dans cette situation d'entre-deux.
La transition de la vie étudiante à la vie adulte, c'est long et fastidieux, du moins pour moi. Cet été, encore plus. C'était la première fois depuis mon adolescence que je n'avais pas de job d'été, que j'avais de vraies vacances. Sauf que... mes amis sont encore étudiants, tous mes potes travaillent pendant ces mois de juillet et d'août. D'être seule a encore plus renforcé l'impression de liminarité, car l'été en soi est un espace liminaire : le monde tourne au ralenti, les routines disparaissent, on attend septembre tout en essayant de freiner son arrivée, par crainte de ne pas être prêt(e).
Bref, vous l'aurez compris, l'écriture de Chaud a reflété mon état intérieur sans que je le veuille. Ce n'est pas un texte parfait, il y a plein de choses que j'aurais voulu développer mais les occasions ne sont pas présentées. Don et Danaé, par exemple, auraient été mignons, mais plus j'avançais dans l'histoire, plus leurs interactions me semblaient artificielles. J'ai préféré aller à l'essentiel et ne pas me prendre la tête pour cocher toutes les petites cases.
Après tout, c'est ça, l'esprit des vacances.
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Chaud
Teen FictionSur la côte de lumière, un village de pêcheurs est le théâtre des émois de la jeunesse et de l'éveil des sens. Don et Ilyès n'ont pas revu Jérémie depuis qu'il a mystérieusement arrêté de venir au lycée. Le trio se retrouve pour la première fois pen...
