Chapitre 5.5.b - Le Nouveau Cycle

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Ils ressortirent du labyrinthe que formaient les tunnels d'aération dans une coursive autre que celle par laquelle ils entrèrent deux jours plus tôt. Comme une bonne partie des sections de ce pont supérieur, elle aussi vide de vie. Les lumières encore opérationnelles se ravivaient à leur passage. Cette fausse chaleur trahissait le manque cruel de facteur humain dans le navire, il était comme déserté, abandonné au milieu du rien. Son œuvre était là, mais il avait sombré dans l'oubli. Proscris au silence et au passage du temps.

Maeva annonça que l'ascenseur n'était plus très loin quand elle reconnut une porte d'un laboratoire. Elle abandonna sa béquille, qui faisait trop de bruit, pour s'appuyer sur Patt. Ils passèrent trois couloirs, deux portes, ils tournèrent à gauche et deux fois à droite, pour tomber sur un petit espace de détente, agrémenté de fauteuils et d'un distributeur mural de boissons, lui-même renversé sur une avancée vitrée qu'il avait brisé dans sa chute. La fenêtre fendue donnait sur la salle circulaire immense où le tube de l'ascenseur central, haut de plusieurs dizaines de mètres trônait dans cet espace cylindrique. En bas, les Rouges étaient déjà sur place. Leurs voix raisonnaient jusqu'à la position en hauteur du groupe de survivants. Deux mitrailleuses couvraient les accès ouverts à deux grands corridors. Les autres grandes portes disposées en étoile avaient été verrouillées. Une dizaine de garde patrouillaient autour du tube. Des mécaniciens, bidouillaient les panneaux de maintenances. L'ascenseur ne devait pas être tout à fait opérationnel à la vue du chef qui s'agitait devant les mécaniciens têtes baissées précisait Maéva. 

Les trois compagnons étaient à l'abri des regards, en face d'eux diamétralement opposé, un étage plus bas, la salle de contrôle. Leur position leur offrait une vue plongeante. Maeva reconnaissait ce type de salle et les consoles qui y figuraient. Elle s'étonnait que les Rouges n'aient pas encore trouvé un accès. Tant mieux pour nous disait-elle à ses deux compagnons.La salle était verrouillée depuis le bouclage mais elle affirmait pouvoir l'utiliser.

A présent, ils devaient y accéder. Deux chemins s'offraient à eux. La voie du bas mais passer les Rouges était du suicide. Le contournement alors. Mais de nombreuses portes seraient verrouillées en commençant par celle de la salle qu'ils occupaient, qui permettait de poursuivre autour de la pièce de l'ascenseur. Devant cet échec prévisible, ils décidèrent de se reposer et réfléchir un moment. Si près du danger qu'ils en étaient en sécurité répétait Maéva à un Patt apeuré.

Après un moment de réflexions et plusieurs idées proposées, ils parvinrent à un compromis.

- Bon résumons, tu vas faire croire que tu nous as capturé tous les deux ; et nous livrer aux gars d'en bas qui veulent notre peau. On aura aucun moyen de replie, pas de retour en arrière possible, et, tu n'es pas sûr qu'ils sachent pour ta désertion ?

- C'est çà Patt. Affirma-t-elle en pesant ses mots.

- C'est ...

- Tu te rends compte qu'ils peuvent décider de nous tuer tout de suite, une fois dans leur main ? insista Willym, pour sonder la détermination de Maeva et sa confiance en son plan.

- Je sais... Mais je suis quasi sûr qu'ils ne savent rien pour nous. Je ne reconnais personne. Et on en quand même fait pas mal de chemin au travers du vaisseau. Vous savez les Rouges sont très indépendants dans leurs secteurs respectifs... presque des clans cloisonnés par les sections, chacun leur territoire.

- Oui mais de là à se livrer quand même... On ne pourrait pas attendre qu'ils réparent l'ascenseur et qu'ils partent.

- Ils réparent pas ce transport pour l'art de la chose. Ils vont l'exploiter et donc il restera des gardes ici, en permanence.

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