Pard se sentait bien, au chaud au creux des bras de sa maman... Sa maman ? Elle se réveilla en sursaut. Elle était toujours dans sa cabane perchée. Les chats sylvestres étaient tous partis, mais il y avait bien une paire de bras qui l'enserraient et le souffle de quelqu'un dérangeait ses cheveux. Elle se leva d'un bond et poussa l'intrus qui s'éveilla lui aussi et se mit à rire. Il avait de longs cheveux fauves et de beaux yeux dorés qui la regardaient avec un amusement non dissimulés. Elle connaissait ce regard...
— Kadis ? fit-elle incertaine.
— Lui même... répondit-il de sa voix habituelle. Désolé de t'avoir effrayée !
— Mais tu es.... un métamorphe ? demanda-t-elle.
— Je suis un chat, dit-il d'un ton catégorique. Un chat capable de prendre forme humaine, mais un chat avant tout.
— Et les autres ? Ils sont comme toi ?
— Certains d'entre eux, oui, mais pas tous... Pour résumer, seuls les chats de la clairière ont ce pouvoir. Nous ignorons d'où ça vient. Nous sommes nés ainsi, voilà tout. Certains de mes frères, pourtant de la même portée que moi, ne l'ont pas.
— Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? demanda-t-elle.
— J'ai bien envie de te répondre que tu ne me l'as pas demandé, mais je vois que tu n'es pas d'humeur à rire. J'attendais de mieux te connaître. Il n'est pas prudent de confier ses secrets à n'importe qui. Et puis, je ne savais pas non plus comment tu allais accueillir la nouvelle... d'ailleurs, je l'ignore encore. Tu es fâchée ?
— Oui... bougre d'idiot ! dit-elle en boudant.
Elle s'assit et entoura ses genoux de ses mains. Après une courte hésitation Kadis vint s'asseoir derrière elle et la serra de toutes ses forces. Il était grand, son menton reposait sur la tête de la jeune fille qui se sentit toute troublée. Figée, elle écoutait les battements de ce cœur contre lequel elle était appuyée. Le jeune homme ne dit rien, mais une de ses mains vint caresser ses cheveux et peu à peu, elle se détendit.
— Je t'ai dit hier que je voulais te parler, fit-il, rompant le silence. J'avais plusieurs choses à te confier...
— Tu me caches d'autres pouvoirs ? Tu vas me dire que tu es magicien ou que tu craches du feu ?
— Non ! s'exclama-t-il en riant. Non, je voulais te demander pardon pour hier... J'étais un peu jaloux quand tu as accepté de devenir l'amie du disciple de Ti Anh sans hésiter, comme si tu n'avais pas déjà des amis... comme si tu ne m'avais pas, moi ! C'est vrai que j'ai mis du temps à devenir ton ami, mais tu es si particulière et si dangereuse que j'ai préféré être prudent avant de te donner mon cœur. Oh Pard, je ne plaisantais pas en disant que je t'aimais ! Je suis fou de toi ! J'ai lutté contre ce sentiment, mais c'est plus fort que moi. Tu ne dis rien ? Je... je comprends, pardon ! fit-il en se levant brusquement.
Il s'apprêtait à sortir, mais la main de Pard saisit la sienne. Elle levait vers lui un regard brillant de larmes. Ses joues avaient pris une teinte rose délicate et ses lèvres étaient tendues vers lui. Kardis se pencha sur cette bouche offerte et l'embrassa timidement. La jeune fille lui répondit avec une passion qui l'enflamma. Le baiser s'intensifia. Leurs mains se cherchèrent, se caressèrent, s'explorèrent. Kadis frissonna lorsque les doigts de Pard se glissèrent sous la tunique qu'il portait. D'un geste impatient, il s'en débarrassa mettant à nu un torse fin, mais musclé... résolument félin. Il entreprit ensuite de déshabiller sa compagne qui sentit ses joues s'empourprer à mesure que sa peau était dévoilée. Il ne s'arrêta que lorsqu'elle fut nue pour la contempler, la tenant à bout de bras en souriant.
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Pard
FantasyParce qu'elle est différente Pard doit partir sous peine d'être exécutée par les siens... En quête d'identité et d'une place en ce monde, elle se lance dans un voyage sans destination précise.
