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Nina
À quelques jours de l'ouverture de la saison, Ayden et moi répétons inlassablement les chorégraphies. Le trac, l'inquiétude et les doutes s'installent de plus en plus.
Physiquement je tiens le coup, contre toute attente. Mon corps supporte de mieux en mieux l'entraînement. En revanche, il est temps que la cohabitation prenne fin, parce-que mon corps supporte de moins en moins la frustration. Vivre avec Ayden, torse nu la moitié de la journée, être collée à lui pour danser et avoir de longues discussions à la belle étoile ; le tout, sans craquer, est une des choses les plus difficiles que j'ai eu à faire.
Pourtant je sais bien que c'est le plus raisonnable à faire. D'une part, parce-que nous devons à tout prix rester concentrés sur l'Everest, d'autre part, parce-que si je veux couper les ponts avec lui, lui ouvrir mes jambes, ne serait pas d'une grande aide.
La seule parade que j'ai trouvé pour ne pas craquer, c'est de le provoquer. Mais il m'épate et résiste très bien à toutes mes provocations.
Le dernier soir de notre cohabitation arrive et comme d'habitude, nous nous installons à l'extérieur.
– Tu es stressée pour demain ? Je demande à Ayden.
– Non, ça va être bien. Il n'y a pas de raison de stresser.
– Moi, je stresse.
– Ça va très bien se passer Nina, tu es prête.
– J'ai peur. J'ai peur de la réaction du public, de la réaction du club, des médias ...
Il prend une grande inspiration.
– Ce que tu as fait ces dernières semaines, c'est surhumain. Tu as réussi à retrouver ton niveau d'avant alors que tu avais de graves blessures. Si tu as réussi, c'est uniquement grâce à ta force mentale, et ça, les gens vont le ressentir. Ils vont apprendre à te connaître, et ils vont voir que tu es une battante. Ils vont comprendre que, même si tu n'es pas sur le terrain pendant le match, tu vas te battre jusqu'au bout pour que le club remporte la saison.
Je hoche la tête en fixant Ayden. Il sait utiliser les bons mots pour m'apaiser.
– Je suis sûr que le public va t'apprécier Nina. C'est déjà le cas, mais ça le sera encore plus. Ce projet est énorme et inédit. Et tu as réussi.
– Ça, on ne le sait pas encore ...
– Tu as déjà réussi Nina, crois moi.
Je lui souris, rassurée par ses paroles.
– Pourquoi tu as décidé de me suivre finalement ? Quand je t'ai dit que je voulais continuer l'Everest, tu n'étais pas partant du tout.
Il hausse les épaules tout en piquant dans son assiette.