Vingt-six

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 Le roi d'Ochas émit un gazouillement morbide lorsque la pointe de l'épée se planta dans sa pomme d'Adam.

Thémy ne put se retenir d'exploser de rire, totalement hystérique. D'un mouvement grossier, il trancha la gorge de l'homme, qui gisait déjà dans son sang. Il se recula enfin, les yeux rivés sur le visage éternellement peint dans la douleur et la haine de son adversaire. Une sordide béatitude l'envahit. La Marionnette en omit presque les hurlements horrifiés qui ricochaient entre les murs en verre de la salle.

S'ils n'essayaient pas de fuir, les soldats se faisaient massacrer par les Marionnettes, sous le regard attentif du général Michel Igalle. Les Marionnettes traîtresses étaient noyées dans le flot de convives affolés, alors qu'elles essayaient d'attendre le cadavre du souverain.

L'Ochas était une contrée sans roi.

La reine, elle, observa le corps sans vie de Kim d'Ochas. Son garde du corps se précipita vers elle, et s'agenouilla à ses pieds malgré le chaos ambiant. Cela faisait si longtemps que son cœur ne lui était pas un fardeau à garder ! Que son âme était légère, quand son regard se perdit dans les yeux vert-de-gris de la souveraine ! Depuis combien de temps n'avait-il pas souri aussi sincèrement ? La Marionnette baissa toutefois la tête, en signe de respect sempiternel.

— Majesté ! Que j'étais inquiet pour vous ! Vous ne savez à quel point je suis apaisé de vous voir saine et sauve ! Ce périple n'a pas été vain... je vous ramènerai chez vous au plus vite, je vous le promets. J'ai échoué à mon devoir de garde du corps, et vous m'en voyez terriblement horrifié. Je me fais honte, Majesté, vous ignorez à quel point. Je ferai tout de mon possible pour me racheter et regagner votre confiance, termina Thémy en levant de nouveau les yeux. L'impossible même, s'il le faut.

La reine garda le silence. Autour d'eux, la discorde se poursuivait. Le sang coulait sur le sol et avait déjà repeint les murs. Personne ne les interrompit – c'était bien trop périlleux, tout le monde était conscient de la portée des pouvoirs de la souveraine d'Obscurum. Soudain, elle tendit sa main vers son garde du corps : il s'empressa de la prendre entre ses doigts rougis par toutes les vies qu'il avait arrachées, avant de baiser chaque phalange, passionnément.

— Vous n'auriez pas dû risquer votre vie ici, répondit simplement la reine.

— J'aurais dépéri, au château, loin de vous, sans savoir ce qu'il vous advenait ! se défendit la Marionnette. Je devais vous arracher des mains du roi d'Ochas. C'était mon devoir de garde du corps. Peu importe si sa pauvre âme me hante et me damne de mon acte jusqu'à mon dernier souffle. Si je ne l'avait pas fait, j'aurais été l'ombre de moi-même jusqu'à ma mort. Majesté...

Ils s'observèrent en silence, dans les cris et les lamentations. L'apocalypse semblait gronder autour d'eux.

La reine soupira. Sa main se plaqua doucement sur la joue de la Marionnette.

— Je réitère mes propos. Vous n'auriez pas dû venir. Vous êtes en danger ici, Thémy.

Puis, elle se recula brusquement. Une sensation de chaleur gagna la Marionnette, où les doigts de la souveraine l'avaient touché. Elle tapa deux fois dans ses paumes, une expression sévère sur le visage. Les portes s'ouvrirent, et les convives dévalèrent l'escalier sans se faire prier, se bousculant et s'écrasant farouchement.

— Nous n'avons pas le choix, lança-t-elle sèchement. Battons-nous pour sortir d'ici.

— Ne vous épuisez pas vainement, Majesté ! s'interposa la Marionnette, en se redressant. Le général et mes confrères...

— Oh, j'ai aussi mes comptes à régler, Thémy. L'ordre est simple : tuez tout ce qui oppose la moindre résistance. L'Ochas est tombée.

La reine fit un mouvement brusque avec son bras. De la mare humaine, un individu en particulier s'en extirpa, comme attiré par une force surnaturelle. Le visage de la personne semblait fondre sur lui-même, alors qu'il se débattait furieusement au sol.

Bad Love Cursed RomanceDes histoires addictives. Découvrez maintenant