38. Armoire

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« Mon armoire a été ma première tombe, celle où j'ai appris à respirer sans faire de bruit. »



Résumé ancien chapitre : Après son hospitalisation due à l'addiction à la drogue que Cameron lui avait fait subir, Emrys retourne en cours. Shaye, sa seule amie, commence à s'éloigner, et pire encore, Elias l'ignore complètement, malgré sa visite à l'hôpital. Kelly, elle, semble heureuse, illuminée, donnant une gifle à Emrys par pur peur de la réalité, sa jalousie. Sans oublié qu'Amaris son ancienne meilleure amie la déteste pour avoir emprisonné Dylan. Le père de Emrys divorce avec sa mère. Elle est désormais seule avec celle ci.




EMRYS





House. Middleton Hall Brentwood
Sunday, April 30th
09:17 pm



Song : Tonight you belong to me 
Patience and prudence


TW : Troubles des conduites alimentaires, addiction et violence. Âme sensible à s'abstenir.

Assise face au plan de travail, je demeurais figée. Ma mère, le visage durci et muette, s'acharnait sur l'assiette vide placée devant moi. Une cuillère, puis deux. Trois. Quatre. La purée n'était plus un aliment mais une sentence. Puis soudain, sept, entassées dans un silence qui me fit écarquiller les yeux.

Je crus, naïvement, que son courroux s'était estompé depuis un mois, que l'accalmie fragile que je respirais parfois dans cette maison durerait. Mais je me trompais. La violence, elle, ne disparaît jamais elle se cache, elle s'endort, et revient au détour d'un geste.

Elle se servit ensuite, d'une part dérisoire, mesquine presque, qu'elle posa avec une lenteur
devant elle. Puis elle fit glisser mon assiette vers moi.

La vapeur s'élevait, douce de chaleur. Elle ne me nourrissait pas, elle me condamnait. Dans ce repas, il n'y avait ni partage ni soin, seulement une punition.

Et moi, fourchette tremblante entre mes doigts, je restais immobile, incapable de toucher à ce qui ressemblait moins à un plat qu'à une injonction.

La fourchette, coincée entre mes doigts, tremblait. J'avais l'impression que chaque seconde d'hésitation l'irritait davantage, que mes respirations mêmes étaient une provocation.

Je baissai les yeux vers la purée. L'odeur, d'ordinaire anodine, m'écœurait. J'avais la gorge serrée, et dans ma poitrine, le cœur battait.

— Mange.

Un mot. Sec. Elle n'avait pas levé les yeux, mais sa voix claqua en une gifle.

Je serrai les dents. J'aurais voulu crier, jeter l'assiette, disparaître. Mais au lieu de ça, je plantai la fourchette dans la masse jaune pâle, et le bruit métallique du métal contre la porcelaine résonna.

La purée se colla contre ma langue. Chaque bouchée brûlait. Mon estomac, déjà noué, refusait. Mais je mâchais, je déglutissais, mécaniquement, parce que refuser c'était s'exposer à pire.

Et dans ma tête, une seule pensée, lancinante, revenait : Mourir. Mourir.

— Mange. Encore. Elle répète.

— Maman, depuis quand...

— Tais-toi. Sa main claque sur la table, ferme. Ses yeux se plongent dans les miens, durs comme du verre. Tous les voisins pensent qu'on meurt de faim à cause de toi, on va leur prouver que c'est faux.

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⏰ Dernière mise à jour : 3 hours ago ⏰

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