Ghost
Battu de toutes parts par les Bad Devils, mon corps souffre le martyre à chacune de mes respirations. Suspendu par les poignets à l'aide d'une chaîne fixée au plafond, dans l'une des nombreuses pièces de sa baraque, j'ignore depuis combien d'heures je suis enfermé.
Pour le moment, ses hommes ont fini de jouer avec moi et Donia se fait un malin plaisir de venir vérifier si je suis toujours en vie. Elle me nargue, trop heureuse d'être en position de force, mais tout ce qu'elle reçoit de ma part est de l'indifférence. L'insulter ou lui cracher dessus ne servirait à rien.
Ils ont fait la plus grosse erreur de leur vie et à présent, ce n'est qu'une question de temps et de patience. Diablo ne me tuera pas, il a besoin de moi vivant pour achever Youri et c'est ce qui me maintient éveillé.
Je n'ai pas eu l'occasion d'inspecter la pièce dans laquelle je me trouve, car lorsque l'effet du sédatif s'est dissipé, j'étais déjà attaché. L'absence de lumière et les rideaux occultant m'empêchent de déterminer s'il fait encore jour, je m'abstiens donc de fermer les yeux.
Même si les allées et venues ont cessé depuis un moment, et que du repos me ferait le plus grand bien malgré ma position inconfortable. Il faut que je sois éveillé et lucide quand ils reviendront.
Je tente tant bien que mal de soulager mes bras en prenant appui sur la pointe des pieds, quand la porte s'ouvre à nouveau avant de se refermer rapidement. J'ai le temps de remarquer que le couloir est plongé dans l'obscurité ce qui me permet d'enfin savoir que la nuit est tombée. La silhouette reste en retrait, le dos collée à la porte, sans bouger.
- Tu viens admirer le spectacle ?
Il serait préférable d'éviter la provocation dans mon cas, mais je ne peux m'empêcher de cracher mon venin sur l'ennemi. La silhouette avance d'un pas et j'entends alors le cran d'arrêt d'un couteau automatique.
- Ok, donc tu te prends pour un boucher. Tu commences par quel bout ?
Je ricane face à ma propre blague, sûrement dû au manque d'eau et de nourriture. Mon esprit est pourtant assez lucide pour constater que si personne n'intervient, je suis un homme mort. Un pas de plus le rapproche de moi sans qu'un mot de sa part ne soit prononcé.
- Pourquoi hésites-tu ?
Je remarque maintenant une capuche qui cache son visage. Je passe au russe, convaincu qu'il ne comprend pas ce que je lui dis.
- Planiruyete li vy prinyat' mery ? (Tu comptes passer à l'action ?)
Je viens de terminer ma phrase lorsqu'un mouvement se fait entendre au loin. Le couteau toujours en main, il entrouvre la porte avant de la refermer immédiatement.
Il ne devrait pas se trouver dans cette pièce et les Bad Devils le recherchent.
- Novichok. (Débutant)
Ses pas le mènent droit sur moi et la pointe de sa lame se pose juste sous mon œil.
- Je suis sûr que tu peux faire mieux.
Mes provocations peuvent me coûter cher. Mais tant que je reste en vie, perdre un œil est un risque que je suis prêt à prendre. Je le fixe, un léger sourire aux lèvres, ce qui suscite enfin une réaction de sa part.
- Vsegda tak uveren v sebe. Ty ne izmenilsya. (Toujours aussi confiant. Tu n'as pas changé.)
Je fronce les sourcils et fait appel à mes souvenirs.
Cette voix, je la connais.
Il faudrait qu'il parle davantage et c'est ce qu'il fait en remarquant que je n'arrive pas à le remettre. Son accent russe prend le dessus quand il s'adresse à moi de nouveau :
VOUS LISEZ
DEMONS SQUAD
Storie d'amoreIl ne lui fait pas confiance. Elle compte la gagner à force de patience. Il lui promet qu'au moindre faux pas, il sera là. Elle se promet de n'en faire aucun. Il la hait car le sang de leur ennemi coule dans ses veines. Elle veut le percer à jour...
