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Suleymane :  Oui, une famille assez prospère. Un homme, en particulier, qui a fait fortune dans le commerce de la soie. Je me demandais si vous en aviez entendu parler ?

Le marchand : (ses yeux s'assombrissent, et il jette un coup d'œil furtif autour de lui avant de parler d'une voix basse, presque chuchotée) Ah... une famille, vous dites... Ils ont été assassiner

Suleymane : (surpris mais gardant son calme) Assassins, vous dites ? Qu'est-ce qui s'est exactement passé ?

Le marchand : (baissant encore la voix, se penchant légèrement vers Suleymane) Oui, c'est ce que tout le monde dit. La famille que vous mentionnez... elle a été assassinée il y a quelques années, en pleine nuit. Des bandits, des hors-la-loi, ont attaqué leur maison. Ils ont tout saccagé, tué les maîtres de la maison dans leur sommeil. Mais ce qui est étrange, ce sont les rumeurs qui ont suivi.

Suleymane : (intéressé mais prudent) Quelles rumeurs ?

Le marchand :  Tout le monde pense que c'est la servante... Jasmine, c'était son nom. On dit qu'elle a tué ses maîtres et qu'elle a fuie avec l'argent. C'est la version officielle. Mais je ne crois pas à tout ça. Non... cela ne colle pas.

Suleymane : (élevant légèrement un sourcil) Pourquoi ne croyez-vous pas à cette version ?

Le marchand : C'est trop facile. Jasmine était une jeune femme, fragile... pas du tout le genre à tuer des gens dans leur sommeil, à tout voler et s'enfuir. Non, je pense qu'il y a autre chose. Les bandits sont venus, ça c'est sûr. Mais elle, la pauvre... elle a été accusée à tort. Après l'attaque, personne ne l'a revue. Certains disent qu'elle a été tuée, mais aucun corps n'a été retrouvé. D'autres pensent qu'elle a réussi à fuir, et qu'elle se cache toujours.

Suleymane : (fronçant les sourcils) Il y a donc un mystère autour de sa disparition ?

Le marchand : (hésitant) Vous ne comprenez pas... Elle a disparu, et tout le monde l'a oubliée. Les villageois ont leurs propres théories, mais personne ne sait ce qui s'est réellement passé.

Suleymane : (d'un ton grave) Je vois. Merci pour votre honnêteté.

Le marchand : (hochant la tête, visiblement soulagé) Faites attention, voyageur. La vérité ici est plus dangereuse que vous ne le pensez. Mais peut-être que vous aurez plus de chance que nous pour découvrir ce qui s'est réellement passé.

Suleymane : (se redressant, pensif, ses yeux fixant au loin) Je vais chercher, soyez en sûr. Merci, encore une fois.

Le marchand : (avec un dernier regard insistant) Ravis de vous avoir rencontré Majesté

Suleymane : (surpris par l'appel du marchand, il se tourne légèrement vers lui) Majester ? Vous... vous savez qui je suis ?

Le marchand : (un sourire discret aux lèvres, il hoche la tête) Oh, je vois bien plus que vous ne le pensez, Majester. Votre posture, votre regard... tout vous trahit.

Suleymane : (un frisson parcourt son dos, mais il garde son calme) Alors vous savez aussi ce que je recherche. La maison de cette famille... Où se trouve-t-elle ?

Le marchand : (son sourire s'efface, et son regard se fait plus sérieux)La maison de cette famille, vous la trouverez en dehors de la ville, sur la colline qui surplombe Emirabat.

Suleymane : (d'un ton plus grave) Et la maison est toujours debout ?

Le marchand : (hésitant, ses yeux se voilant d'une lointaine inquiétude) Je crois... Je crois qu'elle l'est. Mais il y a quelque chose de particulier là-bas. L'endroit a été abandonné après le drame. Les gens qui vivent près de là évitent de s'y rendre. Il y a des rumeurs... Vous feriez bien de ne pas trop poser de questions. Le passé de cette famille reste lourd dans l'air.

Suleymane : je dois y aller.

Le marchand : Très bien... mais prenez garde, Majesté.

La ville d'Emirabat s'estompe derrière moi alors que je me rapproche de la colline. Le vent souffle doucement, apportant avec lui une fraîcheur qui tranche avec l'air lourd de la ville. La route devient de plus en plus désertée, et bientôt, seules les pierres usées par le temps et les herbes sauvages se dressent autour de moi.

La maison des maîtres de Jasmine, celle que je cherche depuis des semaines, se trouve quelque part en haut. Quel secret recèle-t-elle ?

Après quelques minutes de marche, la silhouette de la maison se découpe enfin à l'horizon. Il y a quelque chose de presque irréel dans ce bâtiment isolé, son toit effondré, ses murs délabrés, comme une vieille carcasse laissée à l'abandon. Mais malgré son état, il y a une force qui émane de cet endroit, une sorte de puissance silencieuse. Je suis presque sûr que ce n'est pas juste la maison qui est marquée par le passé. L'air autour d'elle semble chargé de mystère, comme si les souvenirs de ceux qui y ont vécu s'accrochaient encore aux pierres.

Je prends une profonde inspiration et me dirige vers la porte. Elle est encore là, la trace de l'histoire, la porte de la maison des maîtres de Jasmine. Elle est enfoncée, mais en bonne partie intacte. Je la pousse lentement, et un grincement sourd résonne dans l'air.

L'intérieur est sombre, humide, et l'odeur de bois pourri envahit mes narines. L'espace est vaste, bien plus grand que ce que j'aurais imaginé. Tout est figé, comme un instant suspendu. Mais au milieu de ce chaos, je distingue quelque chose qui capte immédiatement mon attention.

Naïm et moi avançons prudemment, scrutant chaque recoin. Mon regard se pose sur un coffre en bois sculpté. Il est à moitié ouvert, comme si quelqu'un l'avait laissé là en hâte, abandonné à la poussière du temps.

Je m'approche, sentant un frisson m'envahir. Lorsque j'ouvre le coffre, un souffle coupé échappe de mes lèvres. À l'intérieur, plusieurs objets sont rangés avec soin, mais ce qui attire immédiatement mon attention, c'est un vieux parchemin, jauni par les années. Et, juste au-dessus, un objet frappant : une petite boite métallique orné de gravures. Je me penche pour l'examiner de plus près et mon cœur s'arrête une fraction de seconde lorsque je vois le nom gravé dessus : Ismahanem.

Je fronce les sourcils, mon esprit s'embrouille un instant. Ismahanem... Ce nom ne m'est pas inconnu. Il appartient à un roi, l'un des souverains du pays voisin, la Perse. Mais comment ce nom se retrouve-t-il ici, dans une maison oubliée, dans une ville que je viens à peine de découvrir ? Et pourquoi un coffre marqué du nom de ce roi persan dans cette région, si éloignée de son royaume ? C'est une énigme à laquelle je ne peux encore répondre.

Je me tourne vers Naïm, qui semble aussi perturbé que moi. Il ne dit rien, mais je vois dans son regard la même question brûlante : Que fait ce coffre ici ? Ce n'est pas un simple hasard. Il y a une connexion entre cette maison, Jasmine et ce mystérieux roi persan. Mais comment tout cela se relie-t-il à Jasmine et à son passé ?

Je repose lentement le coffre dans sa position initiale, l'esprit en proie à un tourbillon de questions sans réponse. Ce que nous venons de découvrir ici n'est que le début d'un chemin semé d'embûches. Mais une chose est claire : tout cela n'est pas anodin. Jasmine, cette maison, ce coffre, ce nom – tout semble converger vers quelque chose de bien plus vaste et plus dangereux que je n'aurais jamais pu imaginer.

...

Jasmine: Ce que  nous murmurent le sableDes histoires addictives. Découvrez maintenant