23🌙

28 1 0
                                        

Naïm : C'est impossible.

Le dernier fragment de la créature disparut, et le silence retomba brusquement. La dague, toujours dans ma main, semblait vibrer doucement, chaude au toucher. Les runes rouges luisaient encore, comme si elles renfermaient une puissance prête à se déchaîner.

Naïm me regarda avec inquiétude, son regard se posant alternativement sur la dague et sur mon visage.

Naïm : Qu'as-tu fait... ? Cette énergie te lie au Djinn, tu le ressens, n'est-ce pas ?

Je serrai la poignée de la dague, un étrange mélange de force et de malaise m'envahissant. Une partie de moi se sentait plus forte, comme si le pouvoir du Djinn m'avait touchée. Mais une autre partie ressentait un poids écrasant, une ombre qui semblait s'insinuer dans mon esprit.

Moi : Je n'avais pas le choix. Il allait te prendre quelque chose de précieux, je ne pouvais pas risquer de te perdre.

Naïm détourna le regard, serrant les poings.

Naïm : Mais à quel prix ? Si cette dague est vraiment liée à lui, alors tu n'en a pas fini avec le Djinn.

Moi : Tu es mon frère Naïm, je ne voulais pas te perdre.

Je savais qu'il avait raison, mais je n'avais pas de regrets. Je glissai la dague à ma ceinture, sentant sa chaleur vibrer contre moi.

Au loin, une lueur perça l'horizon. Peut-être une oasis, peut-être un autre mirage.

Moi : Quoi qu'il arrive, nous devons continuer. Nous ne trouverons pas de réponses en restant ici.

Naïm acquiesça à contrecœur, et nous reprîmes notre marche, les runes rouges de la dague brillant faiblement dans la nuit, comme un avertissement silencieux que l'histoire ne faisait que commencer.

Alors que nous atteignions l'oasis, une fatigue écrasante s'abattit sur moi. Le murmure de l'eau qui clapotait doucement semblait appeler, hypnotique et apaisant. Naïm et moi posâmes nos affaires près d'un palmier, son ombre projetant des formes étranges sous la lumière des étoiles.

Naïm : Nous devons nous reposer. Juste un moment.

Moi : D'accord, mais nous ne devons pas baisser notre garde.

Alors que mes paupières s'alourdissaient, je sentis une chaleur monter de la dague à ma ceinture. Une lueur rouge vacillante s'échappa brièvement des runes gravées. Avant que je ne puisse réagir, mes pensées se dissipèrent, et un rêve étrange s'empara de moi.

Je me retrouvai seule dans un désert infini, mais celui-ci n'était pas normal. Le sable était noir, comme de la cendre, et le ciel au-dessus brillait d'une teinte écarlate. Une présence oppressante pesait sur mes épaules.

Djinn : Mortel, tu crois m'avoir vaincu ?

Sa voix, profonde et résonnante, semblait venir de partout à la fois. Devant moi, le sable se souleva, formant la silhouette imposante du Djinn. Ses yeux brillaient comme des braises, et son sourire était à la fois moqueur et sinistre.

Moi : Tu es piégé. Je t'ai enfermé dans cette lame.

Djinn : Piégé, oui... mais loin d'être impuissant. Cette dague me lie à toi, petite créature. Chaque fois que tu la brandiras, tu appelleras mon essence. Chaque fois que tu useras de ma puissance, une part de toi m'appartiendra.

Je serrai les poings, mais je pouvais sentir la vérité dans ses mots. Une ombre rampante semblait se glisser dans mon esprit, froide et pesante.

Moi : Tu ne pourras pas m'atteindre.

Le Djinn éclata de rire, un rire qui fit trembler le sable sous mes pieds.

Djinn : Tu n'as aucune idée des forces que tu as déchaînées. Mes frères et sœurs ressentiront ma captivité. Ils viendront, et toi, petit mortel, seras le point faible qui leur ouvrira la voie.

Une vision jaillit alors devant mes yeux : des silhouettes massives de sable et de feu marchant sur le désert, détruisant tout sur leur passage. Des tempêtes violentes, des hurlements, et au centre de ce chaos, la dague, rayonnant d'une lumière écarlate, entre mes mains.

Djinn : Il n'y a qu'un chemin pour briser ce lien, mais tu n'auras pas la force de l'emprunter. Prépare-toi, mortel. Ce n'est que le début.

Son rire résonna encore, puis tout devint noir.

Je me réveillai en sursaut, le souffle court, les mains tremblantes. La dague était toujours à ma ceinture, chaude et vibrante. Naïm dormait paisiblement à côté de moi, mais je savais que ce répit était fragile.

Alors que je me relevais, l'air autour de l'oasis sembla changer. Une silhouette émergea de l'ombre des palmiers. Une femme voilée, drapée d'étoffes noires et dorées, s'avançait doucement.

Femme : Le Djinn t'a parlé, n'est-ce pas ?

Je me redressai, la main instinctivement posée sur la poignée de la dague.

Moi : Qui êtes-vous ?

Femme : Une gardienne... et une messagère. Le désert murmure, et il m'a parlé de toi.

Son regard était perçant, mais pas hostile. Pourtant, ses mots résonnèrent avec l'avertissement du Djinn. Naïm se réveilla à cet instant, alerté par ma posture tendue.

Femme : Je peux vous aider... si vous êtes prêts à entendre la vérité.

Je lançai un regard à Naïm, sentant le poids de sa présence rassurante. Puis je me tournai de nouveau vers la femme.

Moi : Dites moi ce que je dois savoir.

Femme : Le Djinn ne t'a pas menti, mais il t'a aussi trompée. Il te parle de sa puissance, mais il oublie une chose essentielle : son pouvoir dépend de ton propre contrôle.

Je fronçai les sourcils, incertain. La tension dans l'air était palpable.

Moi : Contrôler un Djinn ? Comment est-ce possible ?

Femme : Tu possèdes le pouvoir de maîtriser le Djinn. Mais pour y parvenir, il te faudra un combat singulier, une bataille intérieure où tu devras te libérer de ses chaînes. Seule la confrontation directe te permettra de sceller son destin.

Je me tenais là, en proie à un tourbillon de pensées. La dague, symbole de ce pouvoir, brillait sous la lueur de la lune.

Moi : Et si je perds ce combat ? Si je n'ai pas la force de le vaincre ?

Femme : Tu lui appartiendra.

Naïm, maintenant réveillé et alerte, s'approcha silencieusement.

Femme : La peur est la seule chose qui puisse t'empêcher de le vaincre. Il jouera avec les mailles de ton esprit.

Je sentis un frisson glacial me parcourir, et un poids lourd se posa sur mes épaules. La dague vibrait dans ma main, comme si elle était en harmonie avec cette énergie sombre. Je savais qu'affronter le Djinn serait une épreuve, et que la victoire ne serait pas sans conséquences.

Femme : Il viendra pour vous, à l'aube. Soyez prêts.

Elle tourna les talons et disparut dans l'ombre du désert.

La nuit s'étira, emplie de silence, comme si même le désert retenait son souffle. Nous n'avions pas fermé l'œil, préparant nos esprits à ce qui allait venir. Naïm, toujours silencieux, semblait avoir pris une résolution profonde. Nous savions tous les deux que l'affrontement ne serait pas facile.

Je brandis la dague, les runes rouges s'illuminant à mesure que le tourbillon de sable s'intensifiait. Le vent rugissait, et la silhouette du Djinn, massive et imposante, émergea du tourbillon, ses yeux brûlant de rage.

Djinn : Tu oses m'affronter à nouveau, mortel ?

Sa voix, grondante et menaçante, secoua le sol sous nos pieds. Mais cette fois, je n'avais pas peur.

Moi : Je ne te laisse plus la place.

Ses rires résonnaient dans ma tête, m'assaillant de doutes et de peurs.

Djinn : Je suis le vent, le feu, la tempête. Je te détruirai.

...

Jasmine: Ce que  nous murmurent le sableDes histoires addictives. Découvrez maintenant